Depuis de nombreuses années, le CHU de Poitiers accueille dans ses locaux le comité de protection des personnes Ouest III dont le président est, depuis peu, le docteur Maxime Pichon, microbiologiste médical, et la vice-présidente, Adeline Ranger, juriste indépendante spécialisée en droit de la santé. Ils nous présentent cette structure encore trop méconnue.
Qu’est-ce qu’un comité de protection des personnes ?
Les comités de protection des personnes (CPP) sont des acteurs incontournables de la recherche clinique en France. Sous la responsabilité du ministère de la Santé, ils sont chargés de se prononcer sur tous les projets de recherche impliquant une personne humaine (RIPH) en vue du développement des connaissances biologiques ou médicales. Il peut s’agir de projets portant sur des médicaments, qui doivent également être validés par l’Agence national du médicament (ANSM), de projets portant sur des dispositifs médicaux ou même des questionnaires ou des tests diagnostic ou pronostic en médecine. Leur principale mission est de garantir la bonne conduite de la recherche, autant en termes de sécurité pour les patients participants que du point de vue éthique et juridique.
Les CPP sont constitués d’un bureau qui gère son fonctionnement et de membres répartis en deux collèges distincts. Le premier compte des professionnels ayant une qualification et une expérience approfondie en matière de recherche (médecins, biostatisticiens, épidémiologistes), des médecins spécialistes, des pharmaciens et des professionnels paramédicaux. Le deuxième collège est composé de personnes compétentes en éthique, en sciences humaines et sociale, en action sociale et en matière juridique ainsi que des représentants des usagers. « C’est justement cette diversité de personnes venant d’horizons différents qui fait la richesse même des comités », insistent le président et la vice-présidente du CPP Ouest III.
Il existe trente-neuf comités répartis sur toute la France parmi lesquels le CPP Ouest III installé au sein même du CHU de Poitiers sur le site de la Milétrie, dans le bâtiment de la Villa Santé. « Comme nous, la plupart des comités sont affiliés à un centre hospitalier mais nous restons des structures indépendantes. Cela signifie que nous ne subissons aucune pression particulière ».
Le comité de protection des personnes Ouest III
Le comité est sous la responsabilité du docteur Maxime Pichon, son président depuis avril 2024, et de Adeline Ranger, sa vice-présidente. « Nous travaillons plutôt comme des co-présidents. Nous nous partageons le travail. C’est un fonctionnement intéressant parce que nous sommes complémentaires », expliquent ceux-ci. Ils sont accompagnés dans leurs missions par Nathalie Hue et Marie Morisson, responsables administratives, mises à disposition par le CHU de Poitiers. Leurs visions sont complémentaires en effet, mais se rejoignent sur un élément majeur pour eux : « Ce qui est important pour nous, c’est de faire en sorte que les séances ne soient pas cérémoniales. Bien que nous ayons tous un statut différent, l’avis et la parole de chacun a le même poids. Nous sommes toujours bienveillants les uns envers les autres ». Le comité traite en moyenne 100 dossiers par an.
Adeline Ranger est juriste indépendante en droit de la santé. Depuis près de neuf ans, elle fait partie du comité auquel elle consacre beaucoup de temps. « J’avais entendu parler du comité de protection des personnes. Cela m’a paru intéressant et je me suis engagée. Je trouve cela passionnant parce qu’il y a de nombreuses règlementations applicables en la matière. Avec la mise en place de la réglementation européenne sur la protection des données, l’expertise juridique attendue est bien plus importante encore. Lors des évaluations, j’ai à la fois mon regard de juriste mais aussi de patiente. Certains sujets me touchent plus particulièrement », explique celle-ci. Maxime Pichon, quant à lui, a rejoint le comité en 2020, d’abord parce qu’en tant que chercheur, il y trouve de l’intérêt personnel et surtout professionnel. « En expertisant des dossiers de recherche, que nous pourrions avoir eu nous même à proposer, nous améliorons notre propre exercice. Par la suite, nous improvisons beaucoup moins parce que nous savons ce qui est attendu en recherche de ce point de vue réglementaire incontournable ». Débutant en tant que membre du collège I, il a accepté depuis lors de devenir président.
Et si vous rejoigniez le CPP Ouest III ?
Le comité de protection des personnes recherche des membres pour ses deux collèges (scientifique et non-scientifique) et en priorité des spécialistes en onco-cancérologie, de nombreux projets portant sur le cancer. Ceux qui seraient intéressés doivent déposer un dossier de candidature constitué d’une lettre de motivation et d’un CV, auprès de l’Agence régionale de santé (ARS Nouvelle-Aquitaine). « Toutes les personnes volontaires sont les bienvenues. Surtout n’hésitez pas, l’ambiance est bonne et bienveillante. Et puis vous en retirerez de l’intérêt pour vous-même, ainsi que pour votre pratique professionnelle et personnelle. Cela ne prendra pas trop de votre temps » terminent le docteur Maxime Pichon et Adeline Ranger.
Plus d’informations sur le CPP Ouest III
Et si vous souhaitez connaître les modalités de candidature, nous vous invitons à contacter le CPP par mail à cpp-ouest3@chu-poitiers.fr ou par téléphone au 05.16.60.42.27.