Le service de radiothérapie utilise, depuis octobre 2024, le système de Surface Guided Radiation Therapy (SGRT) qui permet d’effectuer des séances de radiothérapie avec plus de précision et de sécurité. Laurent Bonvalet et Marion Boulanger, physiciens médicaux au CHU de Poitiers, nous exposent tout l’intérêt de cette technique.
En 2024, le service de radiothérapie a équipé deux de ses accélérateurs de particules du système de Surface Guided Radiation Therapy (SGRT) AlignRT de la société VisionRT. Le système est composé de trois caméras fixées au-dessus de l’accélérateur de particules. Elles sont dirigées vers la table de traitement et projettent une lumière à infra-rouges qui détecte le contour externe du patient. Le surfacique offre deux grands intérêts. Il permet, en premier lieu, d’effectuer des séances de radiothérapie avec une précision de positionnement accrue grâce aux caméras contrôlant la position du patient en temps réel. Technologie non invasive et sans contact, AlignRT utilise des caméras stéréo 3D pour suivre la surface de la peau et la comparer au contour externe du scanner de simulation avec une précision submillimétrique. « Lorsque l’on traite une patiente pour un cancer du sein, par exemple, le positionnement du bras peut avoir une incidence. Sans le système, nous nous basions sur des points de tatouage pour repositionner la patiente. Les caméras du système permettent de voir très largement le patient et les différentes zones. Il offre une plus grande précision pour un repositionnement optimisé et plus rapide pour les manipulateurs ». L’autre intérêt du système est qu’il contrôle le patient pendant toute la séance. Tout mouvement du patient pendant la séance entraînera alors une coupure automatique du faisceau d’irradiation. « Le prochain lancement du service de radiothérapie sera la technique de traitements du sein G en blocage respiratoire avec la technologie SGRT. L’acquisition du surfacique s’intègre dans l’évolution même de notre pratique qui tend vers la radiothérapie stéréotaxique, qui consiste à utiliser peu de séance mais à délivrer de grosses doses à chacune de ces séances, une technique de haute précision qui impose un bon repositionnement et une surveillance particulière pendant le traitement». Laurent Bonvalet, responsable de la physique médicale, et Marion Boulanger, physicienne, ont porté le projet en étroite collaboration avec les radiothérapeutes et les manipulateurs du service de radiothérapie. Tous deux ont une expertise sur le système. Laurent Bonvalet a travaillé pendant dix ans dans un centre privé qui en faisait l’utilisation, avant de revenir au CHU il y a deux ans. Quant à Marion Boulanger, qui a intégré le CHU de Poitiers depuis un an, elle a fait son stage de fin d’étude sur ce système précisément au Centre de lutte contre le cancer (CLCC) de Nantes. Ils ont rencontré différents constructeurs. Ils se sont rendus en Pologne avec deux manipulateurs du service pour se former à l’utilisation du système. Ils sont en charge de former l’ensemble des manipulateurs du service de radiothérapie : « C’est important que les manipulateurs forment leurs collègues. Ce sont eux qui vont utiliser le système et ils n’en ont pas la même vision que nous. Mais nous restons disponibles au quotidien pour répondre à leurs questions, à leurs difficultés ou pour résoudre une panne. Nous sommes également présents lorsque sont testées de nouvelles localisations ».
Marie Pelcot est manipulatrice en électroradiologie depuis six ans et demi en radiothérapie. C’est elle-même qui a choisi d’intégrer ce service à sa sortie d’école : « J’étais très intéressée par la radiothérapie en raison du contact régulier avec les patients ». Marie Pelcot est l’une des deux manipulatrices parties en Pologne pour se former à l’utilisation du dispositif. « Je voulais faire partie de ce projet d’innovation parce que j’aime l’évolution dans notre métier. Je me suis renseignée auprès de collègues d’autres centres qui l’utilisaient. J’ai rapidement constaté qu’il s’agissait d’un outil très intéressant qui nous permet de faire évoluer et d’améliorer nos pratiques. Il nous permet d’être plus précis dans le positionnement des patients ».

