Léo Mabit, interne en imagerie du CHU de Poitiers, a présenté les résultats de ses travaux de thèse portant sur l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) en imagerie des urgences, lors du congrès européen de radiologie qui s’est récemment tenu à Vienne.
L’IA s’est progressivement implantée au sein du service d’imagerie du CHU de Poitiers depuis cinq ans, prenant une place de plus en plus significative. Dans le cadre de sa thèse de médecine, Léo Mabit, en fin de quatrième année d’internat, a choisi d’étudier l’utilisation de l’IA dans le domaine de l’imagerie des urgences et plus particulièrement pour la détection des saignements intracrâniens post-traumatiques.
Les patients ayant subi un traumatisme crânien pris en charge aux urgences, passent un scanner cérébral qui est interprété par un radiologue. Un outil d’IA déployé au CHU de Poitiers permet de détecter les complications graves des traumatismes crâniens, à savoir les saignements intracrâniens. L’étude de Léo Mabit visait donc deux objectifs : évaluer l’efficacité et la fiabilité de l’IA dans la détection de ces hémorragies intracérébrales, et déterminer son apport en tant qu’aide au diagnostic, en particulier pour les internes de garde la nuit et les week-ends, lorsqu’ils sont en autonomie et ne bénéficient pas d’une validation immédiate de leurs séniors.
Les résultats se sont avérés probants. Malgré quelques fausses alertes, l’IA détecte globalement bien les hémorragies. « Même si les cas où une hémorragie échappe aux radiologues sont rares, l’outil les détecte de manière fiable. Toutefois, son utilisation ne peut se faire en autonomie, l’interprétation des images requiert toujours l’expertise d’un spécialiste. L’IA ne remplace pas le regard humain, mais elle s’avère un filet de sécurité utile, garantissant qu’aucun saignement intracrânien ne passe inaperçu », explique Léo Mabit.
Cette étude souligne l’intérêt crucial de l’IA en radiologie. « Les radiologues qui utilisent l’IA, en particulier lors de leurs gardes, gagnent en précision. Dans ce contexte, l’IA agit davantage comme un filet de sécurité que comme une aide au diagnostic. Cette fonctionnalité est particulièrement précieuse lors des gardes, où les radiologues sont soumis à une forte pression, à une charge mentale élevée et à la fatigue. Elle contribue à sécuriser la prise en charge des patients en garantissant des diagnostics fiables, sûrs et efficaces », ajoute le Dr Guillaume Herpe, directeur de recherche de Léo Mabit.
Léo Mabit a eu l’opportunité de présenter ses travaux de recherche aux Journées francophones de radiologie à Paris, fin 2024, puis au congrès européen de radiologie à Vienne, du 26 février au 2 mars 2025, un événement réunissant des spécialistes et des industriels du monde entier.
Originaire de Limoges, Léo Mabit a été attiré par la radiologie pour son caractère transversal et la technicité pointue de la spécialité. C’est notamment pour bénéficier du plateau technique de pointe du service d’imagerie qu’il a choisi d’effectuer son internat au CHU de Poitiers. Actuellement en fin de quatrième année d’internat au sein de ce service, dirigé par le Pr Rémy Guillevin, Léo Mabit envisage de poursuivre sa formation en tant que docteur junior. Il exprime également son souhait de débuter sa carrière au CHU de Poitiers, soulignant « les excellentes conditions de travail et l’ambiance conviviale qui règnent au sein du service d’imagerie ».
