L’équipe de bionettoyage de Châtellerault : des professionnels engagés au service de l’hygiène et du bien-être

Bionettoyage Châtellerault

Dans tout établissement hospitalier, les agents des services hospitaliers jouent un rôle indispensable, souvent invisible mais essentiel à la qualité des soins et à la sécurité des patients. Sur le site de Châtellerault du CHU de Poitiers, une équipe d’entretien centralisée s’active chaque jour pour garantir l’hygiène et la propreté des locaux. Depuis 2012, date de son arrivée, cette équipe est dirigée par Mickaël Guignard, assisté de deux responsables techniques expérimentées, Marie-Noëlle Perez et Edwige Grateau. Ensemble, ils encadrent 80 agents répartis entre les secteurs de médecine, chirurgie, obstétrique et l’EHPAD Le Village.

Chaque jour, une cinquantaine d’agents est mobilisée pour l’entretien des espaces, à l’exception des blocs opératoires, qui relèvent d’une organisation spécifique.

Leur mission est double : assurer un environnement sain et sécurisé pour les patients et le personnel, tout en contribuant au bien-être des résidents et des visiteurs. Leur travail ne se limite pas à l’entretien des locaux mais s’inscrit également dans une démarche de prévention des infections nosocomiales et de respect des protocoles d’hygiène.

Les agents de Châtellerault suivent des protocoles stricts, adaptés aux différents niveaux de risque infectieux des zones à nettoyer. Chaque agent suit une formation initiale en hygiène et bionettoyage, régulièrement réactualisée pour s’adapter aux évolutions des normes et des pratiques. Les protocoles de nettoyage sont spécifiques à chaque zone (chambres de patients, salles d’attente, blocs opératoires, etc.) et doivent être appliqués avec rigueur.

Une rotation régulière des agents permet non seulement de développer la polyvalence des agents, mais aussi d’éviter les tensions et les routines qui peuvent nuire à la qualité du travail. Comme le souligne Mickaël Guignard, « avant, certaines personnes étaient en poste depuis huit, neuf, voire dix ans dans le même secteur. Cela créait des habitudes et parfois des résistances au changement. Aujourd’hui, la rotation permet d’apaiser les relations et d’améliorer la cohésion d’équipe. »

Les agents de bionettoyage de Châtellerault interviennent dès 6h du matin et jusqu’à 19h en semaine, avec des effectifs réduits le week-end (de 7h à 15h ou 8h à 16h). Cette amplitude horaire permet de couvrir les besoins de l’hôpital, tout en tenant compte des contraintes liées aux temps partiels et aux absences. « Nous devons gérer environ 36 ETP d’absentéisme par an, ce qui représente un défi quotidien pour maintenir la qualité du service », explique Mickaël Guignard.

L’équipe est également confrontée à des situations exceptionnelles, comme les épidémies de grippe ou de gale, qui nécessitent une mobilisation rapide et une adaptation des protocoles. « Lors d’une épidémie de gale à Noël, nous avons dû réorganiser les équipes en urgence pour désinfecter les locaux concernés ». Ces situations mettent en lumière l’importance de la réactivité et de la coordination entre les différents services.

Le bionettoyage est un métier physique, qui demande endurance et rigueur. Les agents effectuent des tâches répétitives (nettoyage des sols, des murs, des sanitaires) et doivent souvent travailler dans des postures contraignantes. « Après plusieurs années, les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont fréquents. Nous avons actuellement une dizaine de professionnels en mi-temps thérapeutique dans l’équipe », explique Mickaël Guignard.

Pour limiter ces risques, des formations aux gestes et postures sont proposées, mais leur fréquence a tendance à diminuer. « Avant, nous avions des formations TMS régulières. Aujourd’hui, elles sont moins systématiques, alors qu’elles sont essentielles pour préserver la santé des agents ».

Depuis le rattachement de l’équipe à la direction de la logistique du CHU de Poitiers, le matériel s’est toutefois amélioré mais les responsables de l’équipe de bionettoyage restent vigilants sur la nécessité de conserver une certaine proximité avec les équipes soignantes et l’équipe opérationnelle d’hygiène. « Par le passé, nous étions rattachés aux soins, donc intégrés aux réunions avec l’infirmière hygiéniste, qui nous formait et nous accompagnait. Aujourd’hui, nous avons l’impression d’être davantage dans un rôle de prestataire », confie Mickaël Guignard.

Pour répondre aux besoins de l’hôpital et valoriser les compétences des agents, l’équipe de Châtellerault mise sur la formation et la polyvalence. Depuis 2024, trois agents hôteliers ont été réintégrés dans l’équipe, avec pour mission de gérer la vaisselle, la distribution des repas et des courriers à l’EHPAD Le Village. « Cette intégration a permis de diversifier les tâches et d’offrir de nouvelles perspectives aux agents », explique Mickaël Guignard.

Par ailleurs, des formations sont proposées pour les agents intervenant dans des zones sensibles, comme l’IRM ou les blocs opératoires. Une formation de 30 minutes est mise en place en collaboration avec l’équipe de la radiologie pour habiliter les agents.

Le CHU de Poitiers organise régulièrement des concours pour titulariser les agents de bionettoyage. « Lors du dernier concours, deux de nos agents ont été reçus. Ils sont maintenant titulaires et très fiers de leurs parcours », se réjouit Mickaël Guignard. Ces initiatives contribuent à valoriser le métier et à offrir des perspectives d’évolution aux agents.

En conclusion, l’équipe de bionettoyage de Châtellerault est un maillon essentiel de l’écosystème hospitalier. Leur travail, souvent méconnu, est pourtant indispensable à la qualité des soins, à la prévention des infections et au bien-être des patients, malgré les défis quotidiens liés à l’absentéisme, la charge physique et l’adaptation aux protocoles.