Le futur de l’imagerie médicale se dessine à Poitiers avec l’événement BIPSA

Conférence imagerie BIPSA

Le 5 février, le CHU de Poitiers a accueilli l'événement néo-aquitain BIPSA (Bio-Imagerie Photonique et Santé en Nouvelle-Aquitaine), un rendez-vous axé sur les avancées dans le domaine du signal et de l'imagerie médicale, co-organisé par le pôle de compétitivité ALPHA-RLH (Nouvelle Aquitaine) et le LabCom I3M. Ce laboratoire, commun au CNRS, à Siemens Healthineers, à l'Université de Poitiers et au CHU de Poitiers, exploite l'unique IRM 7T à usage clinique en France, en service depuis 2018 sur le site de la Milétrie du CHU.

Plus de 120 professionnels, chercheurs, cliniciens, ingénieurs, industriels et étudiants ont participé à cette journée riche en conférences, discussions et présentations autour de l’imagerie médicale et de ses innovations. Les différents organes étudiés, tels que le cerveau, le cœur, le thorax et les organes mous, ont été au centre des débats. L’intelligence artificielle, un enjeu majeur de l’imagerie médicale, a également été abordée.

Le professeur Rémy Guillevin, chef du pôle imagerie, neuroradiologue responsable de la plateforme ultra haut champ du CHU de Poitiers, le Pr Christine Fernandez co-directrice du laboratoire I3M, le Dr Guillaume Herpe, radiologue, et Xavier Ranz, responsable santé du pôle compétitivité ALPHA-RLH, ont ouvert cette journée en remerciant l’ensemble des partenaires l’ayant rendu possible et en rappelant que cette journée était un moment de rencontre entre les différents professionnels réunis autour d’une même thématique, les avancées et perspectives des nouvelles technologies en imagerie médicale.

ISEULT : une aventure scientifique hors du commun

Alexandre Vignaud, directeur de recherche au CEA Paris-Saclay, le Commissariat à l’énergie atomique, a captivé l’audience en retraçant l’histoire fascinante d’ISEULT, l’IRM de 11,7 teslas, la plus puissante au monde, installée à Paris. Il a souligné le lien étroit entre ISEULT et Poitiers, notamment grâce à la plateforme ultra haut champ du CHU dirigée par le Pr Rémy Guillevin. L’aventure d’Iseult a débuté en 2006, avec une collaboration franco-allemande et l’ambition de développer un aimant de très grande taille. Après des années de recherche et développement, le prototype a vu le jour en 2009, suivi de la fabrication de l’aimant. Ce n’est qu’en 2017 que cet aimant a été livré à NeuroSpin, sur le site du CEA Paris-Saclay. Cependant, il restait encore beaucoup à faire avant d’obtenir les premières images. Il a fallu refroidir l’aimant pendant 16 semaines, puis l’habiller pour le transformer en IRM. Ce n’est qu’en 2019 que la montée en champ a été réalisée, et, en 2020, que les premières images ont été obtenues, révélant un défi technique majeur : l’ombrage.

Le « coup de main poitevin »

« En effet, plus on monte en ultra haut champ, plus le risque d’ombrage sur les images est élevé », a expliqué Alexandre Vignaud. Les chercheurs du CEA ont cherché des solutions pour contrer cet ombrage, mais la crise sanitaire liée à la covid a compliqué les tests. C’est là que Poitiers est entré en jeu. Le CEA a contacté le professeur Rémy Guillevin pour tester les paramétrages sur l’IRM 7T du CHU. Ces essais se sont avérés déterminants pour corriger les effets d’ombrage. « C’est grâce à l’aide du Pr Guillevin et de l’ensemble de ses équipes que nous avons pu gagner un temps inestimable qui nous a permis d’être les premiers au monde à réaliser des images sur une IRM aussi puissante », a déclaré Alexandre Vignaud, reconnaissant le « coup de main poitevin ». Le Pr Guillevin a conclu en soulignant l’importance de la collaboration dans un pays de taille moyenne comme la France pour faire progresser les pratiques médicales, toujours dans l’intérêt du patient.

Cette journée riche en échanges a mis en lumière l’importance de l’imagerie médicale et les avancées majeures rendues possibles grâce à la collaboration entre les différents professionnels.

De nombreuses interventions scientifiques et techniques sur les avancées en imagerie cardiaque, thoracique et vasculaire ont été réalisées tout au long de la journée par des intervenants des CHU de Limoges, Bordeaux et Nantes, ainsi que du centre hospitalier national d’ophtalmologie des Quinze-Vingt de Paris.

La manifestation s’est conclue par une visite de la plateforme IRM 7T, unique en France dans un CHU.

Avec l’accueil de cet événement majeur, le CHU de Poitiers montre qu’il soutient plus que jamais l’innovation en santé !