Le CHU de Poitiers annonce l'ouverture officielle de sa nouvelle mention hospitalisation à domicile-réadaptation (HAD-R), le 19 janvier 2026. Cette initiative est la concrétisation locale de la réforme de l'HAD qui a érigé celle-ci en activité de soins à part entière, une activité spécialisée qui renforce plus encore la place de l'HAD du CHU de Poitiers sur son territoire.
Avec la réforme, l’hospitalisation à domicile (HAD) peut désormais offrir des prises en charge diversifiées et complexes à domicile. « Il y a, tout d’abord, et ce depuis plusieurs années, l’HAD polyvalente qui représente le socle du service. Suite à la réforme, l’offre a été récemment étendue par l’ajout de trois nouvelles mentions spécialisées : l’HAD pédiatrique, l’HAD ante et post-partum, et l’HAD en médecine physique et de réadaptation (HAD-R), dont le lancement est programmé au CHU de Poitiers pour début 2026 », explique le Dr. Imane Saleh, cheffe du service de l’HAD et porteuse du projet de mise en œuvre de l’HAD-R. Elle est associée dans ce projet au Dr Léna Avoyan, médecin en médecine physique et de réadaptation, qui a intégré le CHU en juin 2025.
Le Dr Léna Avoyan précise l’intérêt de cette nouvelle mention : « La médecine physique et de réadaptation offre un large éventail de soins, incluant l’hospitalisation complète, l’hospitalisation de semaine, l’hospitalisation de jour et les consultations externes. Il y manquait une voie permettant aux patients hospitalisés de bénéficier d’une rééducation intensive directement à domicile. Elle favorise la réadaptation dans le milieu réel et familier du patient, ce qui est essentiel à son autonomie, tout en libérant des lits dans les services hospitaliers ».
L’HAD-R s’adresse à des patients nécessitant une réadaptation technique complexe qui peuvent rester à domicile, dans un environnement sécurisé et assistés par un aidant. « L’HAD-R prodiguera des soins complexes qui ne nécessitent pas tous les moyens du plateau technique », précise le Dr Avoyan. Cela concerne, par exemple, les patients avec des pathologies neurologiques, les patients amputés, ceux souffrant d’une impotence fonctionnelle aiguë, ou ceux en réadaptation intensive suite à des injections de toxine ou après une chirurgie du handicap nécessitant une rééducation rapide ».
La prise en charge en HAD-Réadaptation est strictement encadrée pour garantir son efficacité et sa conformité. Concernant la durée, elle variera en fonction des objectifs établis avec le patient, allant de 2 à 3 semaines et jusqu’à 6 semaines, et celle-ci sera selon l’atteinte des objectifs fixés. La rééducation doit obligatoirement inclure un minimum de cinq séances par semaine, dispensées au domicile du patient par au moins trois professionnels de santé différents. Pour le suivi, chaque hospitalisation fait l’objet d’objectifs précis et d’un contrat établi entre le patient et le service d’HAD. L’évolution est régulièrement suivie dans le cadre d’une synthèse hebdomadaire pluridisciplinaire qui permet de vérifier l’atteinte des objectifs et d’affiner la prise en charge. Enfin, la validation du médecin traitant est un prérequis indispensable.
L’HAD-R se donne comme objectif initial de prendre en charge quinze patients par jour, avec une montée en charge progressive par la suite.
Un axe majeur du fonctionnement de l’HAD-R reposera sur l’établissement de collaborations étroites avec les acteurs libéraux et les associations pour assurer la continuité de la réadaptation au-delà de l’HAD-R.
En déplaçant une expertise hospitalière complexe à domicile, le service d’HAD apporte une réponse concrète aux enjeux de gestion des lits et de qualité de vie des patients. Cette voie de réadaptation hautement encadrée, validée par le médecin traitant, fait de l’HAD un véritable pilier de la continuité des soins sur le territoire.