Lors du congrès de l’ASCO 2025 qui a eu lieu à Chicago début juin, le Dr Violaine Randrian, MCU-PH en hépato-gastro-entérologie, a présenté ses recherches, menées en collaboration avec le Dr Benoît Rousseau et le Dr Zsofia Stadler au cours de sa mobilité internationale au Memorial Sloan Kettering Cancer Center à New York, dans le laboratoire du Dr Luis Diaz qui a mis au point les premières indications d’immunothérapie dans le cancer colorectal.
L’étude a été menée sur 134 patients atteints de cancers avancés, tous séquencés génétiquement et liés au syndrome de Lynch. Il s’agit d’une maladie génétique qui augmente considérablement le risque de développer certains types de cancers, notamment colorectaux et endométriaux. L’immunothérapie, en stimulant les propres défenses immunitaires du corps, est devenue une approche de traitement essentielle pour ces cancers avec de multiples mutations.
Les résultats sont éloquents : un taux de réponse objective globale de 58 %, incluant 35 % de réponses complètes, a été observé. La caractérisation précise par biologie moléculaire (statut MSI) était le facteur qui prédisait le mieux la réponse au traitement, y compris mieux que la mutation responsable du syndrome de Lynch ou l’immunohistochimie (statut MMR). En cas de discordance entre les différentes techniques, la réponse à l’immunothérapie était plus faible.
Ces découvertes encouragent à la caractérisation systématique des tumeurs par les différentes techniques à disposition pour tous les patients atteints de cancers avancés liés au syndrome de Lynch. Au CHU de Poitiers, (ce n’est pas le cas partout dans le monde) ces informations sont disponibles pour ces patients grâce à la détermination du Pr David Tougeron, gastroentérologue, conjugué à l’implication du laboratoire d’anatomopathologie et du laboratoire de cancérologie biologique. Elles permettent aux équipes médicales de mieux prédire l’efficacité de l’immunothérapie et d’adapter les stratégies de traitement.
La mobilité internationale du Dr Violaine Randrian été rendue possible grâce au soutien financier de plusieurs organismes, dont l’Université et le CHU de Poitiers.