Portugais d’origine, Antonio Romano Coelho est arrivé en France en 2004. En quelques années, il a appris le français et s’est construit une carrière hospitalière remarquable sur le site de Montmorillon, où il est aujourd’hui cadre de santé. Retour sur un parcours atypique.
Alors qu’il était engagé dans une carrière militaire depuis sept ans, Antonio Romano Coelho a quitté son pays d’origine, le Portugal, pour suivre sa femme en France. Il s’est installé plus précisément à Pau, ville natale de son épouse. Il n’avait alors que quelques notions de français, appris à l’école. Il a travaillé pendant presque deux ans dans la restauration, tout d’abord comme commis de cuisine, puis comme chef de partie cuisine. Motivé par son épouse, Antonio Romano Coelho a décidé de revenir vers le secteur de la santé avec lequel il avait déjà un lien particulier puisqu’à l’armée, il était formateur en premiers secours et avait été chef d’une équipe d’évacuation au service des Nations-Unies à Timor Oriental. Il a passé le concours d’entrée à l’institut de formation du CHU de Poitiers, sa femme, enseignante, ayant été affectée dans un lycée de Montmorillon. Diplômé en 2009, Antonio Romano Coelho a intégré le site de Montmorillon qui n’avait pas encore fusionné avec le CHU de Poitiers. « J’ai commencé en tant qu’infirmier remplaçant sur tous les services, puis j’ai rejoint l’unité de soins continus, urgences et SMUR. J’ai choisi l’hôpital de Montmorillon parce que c’est une petite structure familiale qui me plaisait et me correspondait ». En 2014, Antonio Romano Coelho s’est vu proposer un poste de faisant fonction de cadre de santé à l’EHPAD les Magnolias. « J’ai accepté d’abord à l’essai parce que je ne savais pas si c’était quelque chose qui me correspondait. Je me suis senti assez rapidement bien dans ce rôle ». Il a alors passé le concours d’entrée à l’école des cadres d’où il est sorti diplômé en 2016. Et depuis huit ans, il se plait énormément dans ses fonctions d’encadrant : « ce qui me plaît dans le fait d’être cadre de santé c’est de pouvoir voir les soins autrement, de rassembler différents professionnels autour d’un projet bénéfique à l’activité du service, de faire avancer le quotidien, de parvenir à faire changer les mentalités parfois. Je pense que j’y arrive aujourd’hui, avec mes convictions, mon savoir-être et mon savoir-faire, ma personnalité. J’aime aussi faire remonter mes idées et pouvoir être écouté. Je suis content de tout ce que j’ai réussi à faire depuis huit ans. De plus, ce travail me permet, pour l’instant, de concilier ma vie professionnelle et ma vie personnelle de façon optimale ». Qu’envisage-t ‘il pour la suite de sa carrière ? Même s’il n’exclut pas l’idée de devenir cadre supérieur de santé et de travailler sur un autre site, il n’y a pas trop réfléchi pour l’instant car il a encore des projets à mener sur son poste actuel. Il s’est notamment engagé, depuis septembre 2024, en tant qu’accompagnateur interne dans le management par les valeurs. Un autre défi qui lui prend énormément de temps. Il reste très attaché au site de Montmorillon : « la taille de l’établissement me permet d’avoir une vision globale du pôle, de l’organisation des différents services, une connaissance des soignants et des intervenants extérieurs. Cela facilite la communication et permet de se faire entendre ».
Antonio Romano Coelho, qui a grandi et vécu dans un autre pays européen, a constaté des différences dans le système de santé et notamment dans la prise en charge des personnes âgées. Au Portugal, celles-ci restent beaucoup plus longtemps à domicile. « Nous avons encore la chance en France, il faut le dire, de bénéficier d’un accès facilité aux soins et d’un système de santé où tout est remboursé ».