Au mois de janvier, le service de cardiologie a procédé pour la première fois à la pose d’un défibrillateur extravasculaire, un nouveau dispositif dont les bénéfices pour les patients sont multiples. Le Pr Rodrigue Garcia nous explique.
Lorsque des traitements médicamenteux ne permettent pas de contrôler efficacement un trouble du rythme cardiaque, le patient peut se voir proposer l’implantation d’un défibrillateur. Il s’agit d’un petit boitier qui enregistre en permanence l’activité électrique cardiaque et qui détecte automatiquement des emballements sévères du rythme. En cas de fibrillation ou tachycardie ventriculaire, le dispositif, relié au cœur par des électrodes, transmet des impulsions électriques dites de défibrillation. Le choc électrique permet de régulariser l’activité cardiaque et par conséquence de prévenir les aggravations.
Les défibrillateurs classiques sont composés d’un boitier relié à une ou plusieurs sondes vissées à l’intérieur du cœur. Ils sont implantés sous la peau sous anesthésie avec une incision de 4 à 5 cm et placés près de la clavicule. « Les sondes cheminent dans les vaisseaux sanguins. Après quelques années d’implantation, les sondes peuvent entrainer des infections ou même de se fracturer », explique le Pr Rodrigue Garcia. Le 6 janvier 2025, les docteurs Bruno Degand, François Le Gal et Rodrigue Garcia, rythmologues, ont implanté pour la première fois un défibrillateur nouvelle génération : un défibrillateur extravasculaire. Similaire en taille et en forme aux défibrillateurs transveineux, le dispositif a pour particularité d’être implanté en dehors du cœur et des veines. L’intervention sous anesthésie générale a consisté à positionner le défibrillateur sous l’aisselle du patient et la sonde sous le sternum. « Techniquement, la pose est aussi simple que la pose d’un défibrillateur intraveineux mais le défibrillateur extravasculaire évite d’avoir du matériel dans les vaisseaux ce qui permet d’éviter les infections et les fractures », précise le Pr Garcia.
Les défibrillateurs extravasculaires sont disponibles en France depuis moins d’un an. Le CHU de Poitiers fait partie des premiers établissements à l’utiliser. A ce jour, quatre équipements ont été implantés au CHU de Poitiers.