Lorsqu'un implant contraceptif migre ou devient impalpable, son retrait chirurgical classique peut s'avérer lourd et stressant. Depuis près de cinq ans, Le Dr Pier-Olivier Duboé, radiologue interventionnel du CHU de Poitiers, propose une alternative : l'extraction sous guidage échographique. Il nous en explique tout l’intérêt.
L’implant contraceptif est une méthode de contraception efficace et fréquemment utilisée, offrant une durée d’action maximale de trois ans. Cependant, un retrait anticipé devient nécessaire dans plusieurs cas précis : un projet de grossesse, l’apparition d’effets secondaires ou l’impossibilité de localiser le bâtonnet à la palpation. Lorsqu’un implant n’est plus palpable, il ne peut plus être surveillé cliniquement, les médecins préfèrent donc l’enlever. Le risque, bien que rare, est de le voir se déplacer. Même s’il a été parfaitement inséré, l’implant peut glisser et s’enfoncer petit à petit dans les tissus profonds.
Au CHU de Poitiers, le retrait des implants non palpables, habituellement réalisé par les gynécologues repose sur une chirurgie réalisée sous anesthésie générale. Ils sollicitent l’aide des radiologues pour repérer l’implant. Grâce à l’imagerie, ceux-ci localisent l’implant et l’indiquent par une petite croix au feutre sur la peau, mais une fois au bloc, les chirurgiens sont parfois obligés d’ouvrir plus largement pour le trouver. Un travail à l’aveugle complexe pour les équipes et plus impactant pour les patientes, qui gardent des cicatrices.
L’alternative interventionnelle se révèle moins invasive, plus facile et rapide. Tout se déroule en salle d’échographie, sous simple anesthésie locale. Le Dr Duboé localise précisément le bâtonnet de 4 centimètres à l’écran, désinfecte la zone et réalise une micro-incision par laquelle il introduit une pince de Hartmann, plus communément appelée « pince alligator » en raison de son extrémité fine qui s’ouvre comme la mâchoire du reptile pour attraper fermement l’implant. La procédure dure près de cinq minutes mais peut prendre jusqu’à 40 minutes lorsque l’implant a migré dans le muscle. Aucun point de suture n’est nécessaire.
Le Dr Pier-Olivier Duboé procède à 15 à 20 retraits d’implants impalpables par an. « La procédure est vraiment efficace. Il n’y a eu que trois cas où je ne suis pas parvenu à retirer l’implant en radiologie interventionnelle ».
Malgré une activité déjà importante, le Dr Pier-Olivier Duboé s’est mobilisé pour pouvoir proposer cette nouvelle procédure. Il a fait le choix de positionner des créneaux une fois par semaine entre midi et 14h.
« La technique m’a immédiatement semblé d’une grande pertinence et le bénéfice pour les femmes, évident », confie le radiologue. « Si l’on peut leur éviter le traumatisme d’une lourde cicatrice ou d’une anesthésie générale grâce à un geste qui, pour nous, relève de nos compétences quotidiennes, le service rendu est immense. C’est cette accessibilité, ce caractère ambulatoire et surtout le côté très mini-invasif qui m’ont donné envie de relever le défi. »
