Les perturbateurs endocriniens représentent des menaces pour la santé publique, en particulier pour les femmes enceintes et leurs enfants à naître. Face à ce défi, le Pr Nicolas Venisse, biologiste au CHU de Poitiers, et son équipe ont développé des stratégies de prévention ciblées pour réduire l’exposition à ces substances : le programme PREVED. Leur travail, reconnu au-delà des frontières, inspire désormais une collaboration internationale avec l’Université de Belgrade, en Serbie.
Praticien dans le service de toxicologie et pharmacocinétique du CHU de Poitiers, le Pr Nicolas Venisse est à la tête de l’équipe de recherche « Interaction homme-environnement-santé », rattachée à l’unité EBI – Écologie, biologie, interactions – et au CIC Inserm 1402. L’un de ses principaux axes de recherche porte sur la santé environnementale et notamment sur les perturbateurs endocriniens. Ces composés chimiques omniprésents dans notre environnement perturbent le métabolisme et augmentent les risques pour la santé, notamment pendant la grossesse. En collaboration avec le Pr Marion Albouy, cheffe du service de santé publique, l’équipe poitevine a mis au point des approches de prévention innovantes basées sur l’étude PREVED publiée en 2021, pour limiter l’exposition des femmes enceintes à ces substances. Ce travail a attiré l’attention de plusieurs chercheurs internationaux parmi lesquels, Aleksandra Buha Djordjevic, chercheuse à l’Université de Belgrade. Une collaboration s’est donc développée avec la Serbie avec l’objectif de dupliquer le protocole de prévention à Belgrade, en l’adaptant aux spécificités locales : habitudes de vie, niveaux d’exposition et contexte socioculturel différent.
Ce projet a été rendu possible grâce à un financement Hubert Curien, obtenu en 2024 via un appel à projets organisé par Campus France. Après des échanges à distance, la collaboration a franchi une étape avec la venue à Poitiers d’Aleksandra Buha Djordjevic. Pendant trois jours, celle-ci a découvert l’environnement de travail de l’équipe poitevine, notamment la Vie la Santé, un lieu dédié à la prévention. Elle a assisté à un atelier sur les perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques, destiné aux femmes enceintes. « Elle a particulièrement apprécié notre approche inclusive, basée sur des discussions interactives autour d’une table, contrastant avec le format plus traditionnel type cours magistral utilisé en Serbie », précise le Pr Nicolas Venisse.
La visite a également permis d’échanger sur les adaptations scientifiques nécessaires pour transposer le protocole ainsi que sur la traduction des documents du français vers l’anglais, langue commune pour éviter toute incompréhension et harmoniser les termes scientifiques. Les prochaines étapes incluent la finalisation des autorisations administratives en Serbie, puis un déplacement de l’équipe poitevine à Belgrade pour affiner le protocole et lancer les premiers ateliers. Pour le Pr Nicolas Venisse, cette collaboration est « une belle opportunité de partager notre expertise et d’enrichir nos connaissances grâce à un contexte différent ».


