Nouveau plateau d’imagerie des urgences : optimisation des parcours de soins et réduction des délais de diagnostic

Imagerie urgences

Le CHU de Poitiers a inauguré, ce jeudi 11 décembre 2025, son nouveau plateau d’imagerie des urgences. Ce projet structurant fait de lui le 10e CHU de France possédant une IRM dédiée aux urgences. En présence du préfet de la Vienne, Serge Boulanger, de représentants institutionnels et d’entreprises, d’élus et de professionnels de santé, l’inauguration a été conduite par Anne Costa, directrice générale du CHU, Léonore Moncond’huy, présidente du conseil de surveillance et maire de Poitiers, le professeur Pierre Corbi, président de la commission médicale d’établissement, le professeur Rémy Guillevin, chef du pôle imagerie, le docteur Guillaume Herpe, responsable de l’unité d’imagerie des urgences, et le professeur Olivier Mimoz, chef de service des urgences SAMU-SMUR.

Un projet inscrit dans la stratégie de modernisation du CHU

Le CHU de Poitiers assume une mission de proximité pour les habitants de la Vienne et une mission de recours pour les pathologies complexes au niveau régional. Dans ce cadre, l’inauguration du plateau d’imagerie des urgences répond à un double enjeu : améliorer la qualité de la prise en charge des patients en situation critique et optimiser l’organisation des parcours de soins au sein de l’établissement. Il s’inscrit comme une réponse concrète aux enjeux de santé publique, notamment face à l’augmentation constante des passages aux urgences – plus de 76 000 en 2024 sur le site de Poitiers.

Ce nouveau plateau, opérationnel depuis le 15 septembre 2025, s’inscrit dans une réflexion globale sur la modernisation des infrastructures hospitalières. Cette installation, couplée à un scanner de dernière génération, deux salles de radiologie et un échographe, offre désormais une capacité d’imagerie complète et immédiate pour les patients admis aux urgences. « Le bon examen, pour le bon patient, au bon endroit » : cette philosophie, portée par le docteur Guillaume Herpe, résume l’ambition de ce projet, qui vise à optimiser les parcours de soins et à réduire les délais de prise en charge, notamment pour les pathologies critiques.

Des équipements conçus pour répondre aux exigences de l’urgence

Le plateau d’imagerie des urgences est équipé d’une IRM (MAGNETOM ALTEA BIOMATRIX 1,5T de Siemens) et d’un scanner (AQUILION SERVE SP de Canon), deux appareils de dernière génération intégrant des technologies d’intelligence artificielle. Ces équipements, dont l’investissement s’élève à plus de 3,2 millions d’euros (2,25 millions d’euros pour l’IRM et 934 000 euros pour le scanner), permettent d’accélérer les examens, d’améliorer la précision des diagnostics et de standardiser les comptes-rendus. « Ces équipements sont la pointe de ce que se fait en France. », précise le professeur Rémy Guillevin. « Ils sont l’aboutissement de cinq ans de travail et sont un rouage essentiel pour la prise en charge optimale des patients aux urgences et des patients hospitalisés ».

L’intelligence artificielle intervient à plusieurs niveaux du processus. Elle permet notamment d’assurer un « filet de sécurité » pour les radiologues et de normaliser les résultats, garantissant ainsi une qualité et une sécurité optimales. « Chaque minute compte, surtout pour les AVC : deux millions de neurones sont détruits chaque minute pendant un AVC ischémique. Désormais, l’IRM est directement accessible aux urgences, ce qui permet de gagner un temps précieux », souligne le docteur Herpe.

Le plateau fonctionne en continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il permet d’examiner près de 80 patients chaque semaine. À l’échelle de l’hôpital, ce sont seize IRM et scanners qui sont répartis sur les quatre sites du CHU.

Un chantier technique exigeant une coordination rigoureuse

L’installation de ce plateau a nécessité des adaptations structurelles majeures, le bâtiment existant n’ayant pas été conçu pour accueillir une IRM. Plusieurs défis techniques ont dû être relevés.

Le poids de l’aimant de l’IRM, qui atteint quatre tonnes, et celui de la cage de Faraday en cuivre, pesant trois tonnes et demie, ont imposé un renforcement des fondations pour garantir la stabilité de l’ensemble. Un blindage magnétique a également été installé pour éviter toute interférence avec les autres équipements médicaux. Par ailleurs, une partie de la façade sud a été découpée pour permettre le grutage de l’aimant, une opération réalisée avec une précision millimétrique.

Le système de refroidissement de l’IRM repose sur six cents litres d’hélium liquide, maintenu à une température de -269 degrés Celsius. Une cheminée de quench de douze mètres de haut a été installée pour évacuer l’hélium en cas de surchauffe et assurer ainsi la sécurité des patients et du personnel.

Les travaux, débutés en mars 2025, ont mobilisé une dizaine d’entreprises spécialisées. Ils ont été menés en coordination avec les services de radiologie, d’urgences et de SAMU/SMUR, afin de garantir la continuité des soins. « Ce chantier a représenté un défi logistique et technique, a souligné Geneviève Gaschard, directrice des ressources biomédicales et directrice référente du pôle imagerie. La réussite de ce projet est le résultat d’une collaboration étroite entre tous les acteurs impliqués. »

Une organisation repensée pour une meilleure efficacité

Avant même l’installation de ce nouveau plateau d’imagerie des urgences, le pôle imagerie a mis en place « le hub », une plateforme de régulation des examens d’imagerie d’urgence. Ce système permet de prioriser les demandes en fonction de leur degré d’urgence, et de programmer le bon examen au patient, en fonction du diagnostic recherché. Cette centralisation des soins sur un même lieu offre des circuits courts pour les patients les plus fragiles, un accès immédiat depuis les urgences, et des conditions de travail optimisées pour les équipes soignantes. L’objectif est de réduire de 30 % le temps d’attente pour les examens d’urgence. « Avec ce nouveau plateau d’imagerie, le CHU de Poitiers offre désormais une prise en charge complète au sein de son service des urgences avec la présence médicale, la biologie et l’imagerie réunies dans un même bâtiment. », indique le professeur Olivier Mimoz.  « Nous montrons une nouvelle fois que Poitiers reste un modèle à suivre en ce qui concerne la médecine d’urgence ».

Un projet au service de la population de la Vienne

Pour Anne Costa, ce plateau d’imagerie est un élément clé de l’offre de soins du CHU. « Il s’agit du lieu du premier contact, de la première hospitalisation et de la première consultation pour de nombreux patients. Ce projet bénéficie à l’ensemble des habitants de la Vienne en leur offrant une prise en charge plus rapide et plus efficace. »

Léonore Moncond’huy, présidente du conseil de surveillance, salue « une avancée majeure dans un hôpital qui est à la fois de proximité et de recours », soulignant que « l’accès rapide à l’imagerie peut sauver des vies ».

Ce projet est le fruit d’une collaboration étroite entre les équipes médicales, paramédicales, médico-techniques, techniques et administratives. Il illustre l’esprit de coopération qui anime le CHU de Poitiers.