Myopie : l’étude française qui confirme l’efficacité des verres de contrôle

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Le service d'ophtalmologie du CHU de Poitiers est fier de présenter les résultats d'une étude pionnière sur l'efficacité des verres de contrôle de la myopie. Ces travaux, dirigés par le professeur Nicolas Leveziel au sein de l’équipe CNRS I3M, ont été publiés dans le BMJ Open Ophthalmology.

L’étude a comparé l’efficacité de deux types de lunettes – à segments de défocus multiples (DIMS) et des verres hautement asphériques (HAL) – réduisant la progression de la myopie chez les enfants myopes en France. Elle s’est basée sur des données anonymées recueillies entre 2020 et 2023 auprès de 1500 opticiens KRYS GROUPE, participants exclusifs à la cohorte.

La myopie est une préoccupation de santé publique croissante, tant en Asie que dans les pays occidentaux. Si l’efficacité des verres DIMS et HAL a été démontrée dans des essais cliniques en Asie, il restait une incertitude quant à leur performance en situation réelle, en particulier sur la population européenne.

Cette étude, menée en France sur une large cohorte de 22 090 enfants myopes, à permis de combler cette lacune.

L’étude a en effet comparé un groupe de 2542 enfants porteurs de verres de contrôle de la myopie (MCS) à deux groupes de contrôle de 2542 enfants chacun, portant des verres standards (SVL). Une méthodologie rigoureuse a permis de s’assurer de la comparabilité des groupes, notamment en termes d’âge, de sexe et de degré de myopie initial.

Les résultats montrent une réduction significative de la progression de la myopie chez les enfants équipés de ces verres frénateurs.

Un aspect novateur de cette étude dite de vraie vie est le recueil de données concernant de jeunes enfants, y compris ceux âgés de 4 à 6 ans. Jusqu’à présent, cette tranche d’âge était peu étudiée dans les essais cliniques. Les résultats confirment que les verres DIMS et HAL sont efficaces pour ralentir la myopie chez ces jeunes patients.

L’étude a également comparé les deux types de verres de contrôle. Bien que les verres HAL aient montré une progression de la myopie légèrement inférieure à celle des DIMS, cette différence n’a pas de signification clinique pertinente. Les deux technologies offrent donc un bénéfice similaire en pratique quotidienne.

Cette étude rétrospective, malgré ses limitations (manque de données sur le mode de vie ou l’origine ethnique), démontre clairement l’efficacité des verres de contrôle de la myopie en conditions réelles. Elle conforte la politique de santé française qui recommande de prescrire ces verres frénateurs aux enfants dont la myopie progresse rapidement. Les résultats suggèrent un potentiel d’action précoce pour réduire la myopie progressive chez les très jeunes enfants.

Le CHU de Poitiers se positionne ainsi comme un acteur majeur dans la recherche sur la myopie, avec un impact direct sur la pratique clinique et la prise en charge des patients.

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