153 ! C’est le nombre de nouveaux inscrits sur la liste des donneurs à l’issue de la journée de promotion du don de moelle osseuse, qui a eu lieu le jeudi 10 avril à la faculté santé de l’Université de Poitiers.
Une belle mobilisation lors de cette 11e édition
Pour cette 11e édition, une quinzaine d’étudiants bénévoles, pilotés par les vice-présidents santé publique du comité régional des étudiants en médecine (CREM) et de l’association des étudiants en pharmacie de Poitiers (AEPP), se sont mobilisés aux côtés de l’Etablissement français du sang (EFS) et de l’association France ADOT, sous l’impulsion du Dr Christine Giraud, hématologue, et du Dr Sarah Thévenot, maître de conférences et praticien hospitalier en hygiène, pour informer les étudiants sur le don de moelle osseuse, mais aussi sur le don de sang, de plasma, ou encore de lait maternel.
Une course a également été organisée au cours de l’après-midi, au départ de la faculté de santé et jusqu’à la mairie de Poitiers, ce qui représente un parcours de 8 km. Ce sont près de 70 coureurs qui ont participé, dont le Pr Marc Paccalin, doyen de la faculté de santé, et le Pr Sarrouilhe, directeur de la composante pharmacie.
S’inscrire sur le registre pour donner un maximum de chances aux malades
L’inscription sur le registre national des donneurs volontaires était possible sur place tout au long de la journée, mais il est possible de s’inscrire en ligne tout au long de l’année.
Après les formalités administratives, les donneurs potentiels sont passés par un stand dédié à la prise des constantes par les étudiants en médecine afin de détecter une éventuelle hypertension, contre-indication majeure pour faire un don de moelle osseuse. « Même si elle reste conséquente, la liste des contre-indications a été réduite », nous ont expliqué les étudiants. L’objectif étant d’inscrire davantage de personnes sur le registre et de leur faire passer des tests plus approfondis si une compatibilité est trouvée avec un receveur. Après la prise de la tension, un test salivaire est réalisé, afin de collecter l’ADN du donneur potentiel pour le comparer à celui des patients en attente de greffe.


L’inscription est possible jusqu’à l’âge de 35 ans, mais les donneurs peuvent ensuite être sollicités jusqu’à l’âge de 61 ans moins un jour, que ce soit pour la moelle osseuse ou pour les cellules souches du sang circulant. A ce moment-là, des analyses sont réalisées sur le donneur pour vérifier qu’il n’y ait pas de contre-indication. Puis, on procède au don, dans une grande majorité des cas par aphérèse, un type de prise de sang qui dure environ 4 heures et permet de séparer les cellules, comme lors d’un don de plaquettes ou de plasma. En fonction des indications pour le receveur, il est possible que le don soit réalisé grâce à des ponctions dans les os du bassin, sous anesthésie générale. « Il y a eu énormément de progrès réalisés sur ce type d’intervention, qui ont permis de réduire énormément les risques de complications et la douleur », expliquent les étudiants. Ces dons permettent de traiter les pathologies graves du sang, comme par exemple la leucémie.
« En France, il y a environ 400 000 inscrits sur le registre, contre près de 9 millions en Allemagne », soulignent les étudiants. La route est encore longue pour atteindre de tels chiffres, mais le nombre d’inscrits lors de la journée de promotion du don ne cesse de croitre chaque année. « A l’origine, une étudiante en pharmacie avait travaillé, dans le cadre de sa thèse d’exercice, sur les connaissances qu’avaient les étudiants de l’Université de Poitiers sur le don de moelle », explique le Dr Sarah Thévenot. Les résultats ont démontré qu’il y avait un réel besoin d’informations, même au sein des filières de santé. « Nous nous sommes rendus compte du besoin de sensibilisation autour du don de moelle », explique le Dr Sarah Thévenot. La journée de promotion du don de moelle était née !
Le témoignage bouleversant de Célia, étudiante en médecine
Cette année, parmi les étudiants bénévoles se trouvait Célia Bushell, une étudiante en médecine à la faculté de Poitiers, qui a bénéficié d’une greffe de moelle osseuse en janvier 2024 à la suite d’une leucémie. Elle a reçu son diagnostic juste avant de passer le concours de l’internat. Elle a alors suivi un traitement, puis une greffe de moelle osseuse a été envisagée. « Les membres de ma famille ont été testés pour voir s’ils pouvaient être donneurs. Seul mon frère était compatible, à 50% », explique-t-elle. Malheureusement, étant asthmatique, il n’a pas pu aller au bout du processus. Ce furent alors de longues semaines d’attente pour Célia, avant la découverte d’un donneur compatible. « Il m’a sauvé la vie », souligne-t-elle. A partir de là, tout s’est enchainé très vite et la greffe a été réalisée, à la suite de laquelle Célia devait être hospitalisée six semaines, en convalescence. Or, la dernière semaine, tout bascule, elle fait un syndrome du greffon contre l’hôte qui l’entraine en réanimation. « On m’a annoncé que j’allais mourir », évoque-t-elle. Finalement, grâce aux traitements, elle réussit à remonter la pente, mais déclenche un syndrome de Cushing, qui l’handicape à 80%. « Aujourd’hui, ma vie est redevenue presque normale, évoque-t-elle, mais je reviens de loin ». Malgré des pertes de mémoire liées aux traitements, Célia a repris ses études de médecine et va passer son concours d’internat au mois d’octobre.
Comme le don de moelle osseuse est anonyme, elle ne sait presque rien de la personne qui lui a sauvé la vie. « Je sais juste que c’est une femme », ajoute-t-elle. S’il est impossible de connaître l’identité du donneur, il est en revanche possible de lui adresser une lettre. « Bien sûr, cette lettre doit elle aussi être anonyme, explique Célia, mais cela me tient à cœur de remercier cette personne ».
Célia a écrit un livre, intitulé Guerrière, pour partager son témoignage face à la maladie et à la greffe. Elle y a d’ailleurs consacré un chapitre sur le don de moelle osseuse et l’inscription sur le registre : « j’y ai intégré un QR code qui mène directement au formulaire d’inscription, cela facilite le processus pour ceux qui seraient intéressés », précise-t-elle.
Au cours de la journée, elle est intervenue dans plusieurs amphithéâtres de la faculté afin de partager son témoignage, aux côtés d’un autre bénéficiaire d’une greffe, en 2017 pour sa part, membre de l’association France ADOT.
La journée s’est clôturée par une tombola, en présence d’Anne Costa, directrice générale du CHU de Poitiers, du Pr Marc Paccalin et du Pr Sarrouilhe. Un buffet a ensuite été offert par le CHU de Poitiers aux bénévoles et aux participants, animé par la fanfare du CREM. Un beau moment de convivialité, pour la bonne cause !

