Le service sanitaire des étudiants en santé : une initiative de prévention et de promotion de la santé

journée hygiène des mains

Depuis 2018, le service sanitaire des étudiants en santé s’inscrit comme une étape clé dans la formation des futurs professionnels de santé. Ce dispositif, obligatoire pour les étudiants en santé (médecine, pharmacie, maïeutique, infirmiers, ergothérapeute, masseur-kinésithérapeute, et orthophonie), vise à renforcer leurs compétences en matière de prévention primaire et de promotion de la santé, tout en favorisant l’interdisciplinarité et l’interprofessionnalité.

A la faculté Santé de Poitiers, le service sanitaire concerne les étudiants en 3ᵉ année de médecine, 5ᵉ année de pharmacie, 3ᵉ année d’orthophonie et 2ᵉ année de maïeutique. L’objectif est de les préparer à travailler en équipe pluridisciplinaire, une réalité incontournable de leur future pratique professionnelle.

Les étudiants sont répartis en groupes de trois à cinq personnes, issus de filières différentes, afin de favoriser les échanges et la collaboration. Chaque groupe se voit attribuer une thématique de santé publique (santé sexuelle, nutrition, santé mentale, activité physique adaptée, hygiène des mains, égalité/diversité, santé environnementale, etc.) et un terrain d’action (collèges, lycées, universités, établissements de santé, EHPAD, maisons de santé pluriprofessionnelles, etc.).

Avant de se rendre sur le terrain, les étudiants bénéficient d’une formation théorique sur leur thématique, ainsi que de deux journées de formation pratique pour les préparer à leur intervention. Ces sessions leur permettent de construire une action adaptée aux besoins du public cible, en collaboration avec les acteurs locaux.

Les interventions, peuvent prendre la forme d’interventions brèves via des ateliers, des stands ou de séances de deux heures en groupe fermé. Elles sont planifiées en fonction des contraintes pédagogiques et des besoins du terrain, avec une attention particulière portée aux populations vulnérables (personnes éloignées des soins, élèves en difficulté scolaire, habitants des zones rurales, etc.).

L’évaluation des étudiants est formative. Elle repose principalement sur leur posture professionnelle et leur capacité à s’adapter au public. Bien que le service sanitaire ne soit pas noté de manière traditionnelle, il fait l’objet d’un suivi tout au long de l’année de la part des référents pédagogiques, avec une attention portée à l’évolution de leur projet.

À l’issue de leur intervention, les étudiants doivent remettre un rapport écrit incluant une évaluation de leur action, partagés avec les référents pédagogiques et les professionnels du terrain.

Pour l’année 2025-2026, 288 étudiants participent au service sanitaire à Poitiers. Ce dispositif bénéficie du soutien du rectorat et de l’université, ainsi que de l’implication du CHU de Poitiers et du centre hospitalier Henri-Laborit, qui mettent à disposition des enseignants et des terrains d’accueil.

L’équipe pédagogique, composée d’une trentaine de professionnels médecins et pharmaciens, accompagne les étudiants dans la construction de leurs actions.  Le professeur Marion Albouy et le docteur Xavier Fouassin, médecins de santé publique, en sont les responsables locaux. Marion Albouy pilote aussi le comité national en lien avec les deux ministères (santé et enseignement supérieur et de la recherche).

Au-delà de la sensibilisation des publics, le service sanitaire permet aux étudiants de dépasser leurs stéréotypes sur les habitudes de vie et d’adopter une approche positive de la santé. Il les prépare à intégrer la prévention primaire dans leur future pratique, dans un contexte où les soins primaires donnent de plus en plus de place à la prévention.

En conclusion, le service sanitaire des étudiants en santé est un levier essentiel pour former des professionnels engagés, compétents et ouverts à la collaboration, capables de répondre aux enjeux de santé publique de demain.