Le CHU de Poitiers à la pointe de l’innovation pour la rééducation

Exosquelette atalante

Le CHU de Poitiers a inauguré, le mardi 27 mai, trois nouveaux équipements de haute technologie au sein de son service de médecine physique et de réadaptation. C’est en présence de patients, de professionnels de santé hospitaliers et libéraux, de partenaires et de représentants, qu’Anne Costa, directrice générale du CHU de Poitiers, le professeur Pierre Corbi, président de la commission médicale d’établissement, le docteur Anne Jossart, cheffe de service de médecine physique et de réadaptation, le docteur Romain David, médecin universitaire du service, Léonore Moncond’huy, présidente du conseil de surveillance, et David Julliard, délégué adjoint à la déléguée interministérielle à la sécurité routière, ont procédé à la visite du plateau technique du service. Cette inauguration marque une avancée décisive dans l'amélioration de la prise en charge des patients en rééducation, témoignant de l'engagement du CHU de Poitiers à rester à la pointe de l'innovation.

Le service de médecine physique et de réadaptation du CHU de Poitiers est le seul service de niveau 3 en Poitou-Charentes, reconnu pour son expertise unique en neuro-orthopédie. Et reconnu dans la Vienne pour la réadaptation des amputations, l’urodynamique et l’isocinétisme, dans les mentions « système nerveux » et « locomoteur ». Face à une demande croissante et dans un souci d’excellence, le CHU a engagé un vaste projet de développement de la médecine physique et de réadaptation, un axe majeur de son projet d’établissement 2024-2028.

Des équipements de pointe pour une rééducation augmentée

Trois équipements de pointe ont été inaugurés ce jour-là, représentant un investissement total de 797 000 euros, dont 525 000 euros financés par le CHU de Poitiers et 272 000 euros via un appel à projet interministériel destiné notamment à améliorer la prise en charge des personnes accidentées de la route.

Parmi ces innovations, le CHU a accueilli le Lokomat® Pro Sensation de la société Hocoma, un exosquelette robotisé des membres inférieurs qui révolutionne la thérapie locomotrice. Il permet aux patients souffrant de déficits de la marche (issus d’AVC, de lésions de la moelle épinière, de paralysie cérébrale, etc.) de bénéficier de séances de rééducation intensives, plus longues et reproductibles, dans un cadre physiologique. Grâce à ses capteurs sensitifs et son interface immersive, il offre un suivi précis des progrès et une motivation accrue du patient, tout en soulageant la charge physique des thérapeutes.

 

Le service s’est également doté de l’exosquelette robotisé Atalante X de Wandercraft, un équipement « made in France » qui révolutionne la rééducation de la marche. Cet exosquelette auto-stabilisé permet une verticalisation dynamique et une prise en charge précoce des patients présentant des troubles sévères, offrant des séances de rééducation intensives, sécurisées et personnalisées.

 

Enfin, le simulateur de conduite « Rehab Evolution », fabriqué par la société Develter, a été inauguré. Premier du genre dédié à la rééducation, il permet d’évaluer et de rééduquer les capacités nécessaires à la reprise de la conduite (fonctions sensori-motrices, visuelles, cognitives) après un accident ou une pathologie neurologique. Il est un atout majeur pour l’autonomie et la réinsertion des patients. Son acquisition a été rendue possible grâce à un appel à projet interministériel de la sécurité routière.

 

Au-delà de ces trois équipements majeurs, le CHU de Poitiers a également investi dans des technologies complémentaires pour une rééducation globale, incluant des dispositifs de rééducation par réalité virtuelle, un système IvS3 de dernière génération pour la thérapie miroir, un kit domotique complet, un kit commande oculaire, des orthèses électroniques de releveur du pied, ainsi qu’un dispositif d’analyse quantifié et visuelle de la marche, le KinTrack, et des rails au plafond pour faciliter les transferts, la mobilisation et la rééducation.

 

Une restructuration ambitieuse pour une prise en charge optimisée

L’inauguration de ces équipements s’inscrit pleinement dans un projet de restructuration plus large du service de MPR. Cette réorganisation vise à moderniser les infrastructures du service, en adaptant les locaux aux normes handicap et aux besoins croissants d’activité. Le CHU de Poitiers renforce ainsi la médecine physique et de réadaptation interventionnelle (incluant la chirurgie du handicap et la gestion de la spasticité), développe une médecine physique et de réadaptation résolument « High-tech » grâce à l’intégration des nouveaux équipements, et crée un plateau d’évaluation et d’expertise multimodale de pointe.

Parallèlement, le service s’attache à structurer la médecine physique et de réadaptation pédiatrique pour répondre à un besoin régional fort. L’obtention récente des mentions de soins médicaux et de réadaptation (SMR) pédiatrique : « enfants et adolescents » et « jeunes enfants, enfants et adolescents » est un premier pas vers la création d’une hospitalisation de jour (HDJ) pédiatrique dédiée.

« Ces investissements représentent un effort financier conséquent. Mais ici, il ne s’agit pas simplement de modernisation. Il s’agit d’un véritable pari sur l’avenir. Un pari sur la capacité du CHU de Poitiers à rester à la pointe des pratiques thérapeutiques, à attirer des professionnels passionnés, à former les nouvelles générations et à proposer aux patients une prise en charge parmi les plus performantes en France », a souligné Anne Costa, directrice générale du CHU de Poitiers.

Le Dr Anne Jossart, cheffe de service de médecine physique et de réadaptation, a également rappelé que ces innovations technologiques incarnent une ambition forte, « celle de placer les personnes en situation de handicap au cœur de la politique de soins. La conduite et la marche sont des éléments essentiels et un levier d’inclusion très important ». Le Dr Romain David, maître de conférences des universités-praticien hospitalier, s’est réjoui de la « modernisation technologique du service et de la dynamique de recherche interdisciplinaire ».

Léonore Moncond’huy, présidente du conseil de surveillance et maire de Poitiers, a salué « l’accompagnement avec passion de l’ensemble des personnes du service », soulignant que « la technologie ici n’est qu’un outil pour accompagner le patient dans un retour à l’autonomie » et que « la santé n’est pas qu’une affaire de soin mais également d’autonomie, de dignité et d’espoir ». David Julliard, délégué adjoint à la déléguée interministérielle à la sécurité routière, a quant à lui rappelé le soutien financier de la sécurité routière pour l’acquisition du simulateur de conduite et divers dispositifs du service, grâce au fait qu’une partie des recettes des radars sont fléchés vers l’accueil des accidentés de la route dans le milieu hospitalier. Il a souligné que « malheureusement, ne pas avoir de voiture est souvent synonyme de mort sociale. Ici, je suis fier de constater que les patients réapprennent ».

Cette démarche globale a pour objectif d’optimiser les parcours patients et d’offrir une prise en charge personnalisée du diagnostic à la réinsertion, grâce à une approche pluridisciplinaire et l’accès à des plateaux techniques spécialisés. Le CHU de Poitiers confirme ainsi son rôle de référent régional en médecine physique et de réadaptation et son engagement pour une médecine de réadaptation résolument tournée vers l’avenir.