Le CHU de Poitiers et la direction des services départementaux de l’Education nationale de la Vienne ont lancé une étude pour évaluer la prévalence de la myopie chez les élèves du CP à la 3ᵉ dans plusieurs établissements scolaires du département. Cette initiative, soutenue par le rectorat de l’académie de Poitiers, marque une avancée significative en matière de santé publique et de dépistage précoce des troubles visuels chez les jeunes.
Portée par le professeur Nicolas Leveziel, chef du service d’ophtalmologie du CHU de Poitiers, et son équipe, cette étude s’inscrit dans un contexte où les données épidémiologiques sur la myopie en Europe restent rares, alors que cette pathologie touche jusqu’à 95 % des adolescents dans certains pays asiatiques. En France, la myopie, définie par une correction optique de -0,50 ou plus, représente un enjeu majeur de santé publique, notamment en raison des complications potentielles survenant à l’âge adulte, telles que le décollement de rétine, les néovaisseaux myopiques, le glaucome, potentielles sources de malvoyance ou de cécité.
Ce projet de recherche bénéficie du soutien financier de l’Association de lutte contre la maculopathie myopique (AMAM) et des laboratoires HOYA, COOPERVISION et ESSILOR.
L’étude se déroule en deux phases. La première, débutée en février 2026 et portant sur 255 enfants, a permis d’inclure sur des créneaux dédiés du mercredi après-midi et samedi matin, 76 élèves issus de sept écoles primaires et collèges, sélectionnés pour représenter la diversité des milieux (urbains, ruraux…). La deuxième phase, de consolidation, visera à élargir l’échantillon à plus de 1 000 élèves, offrant ainsi une vision plus complète de la situation dans le département. Les consultations sont organisées au CHU de Poitiers sur plusieurs de ses sites, Poitiers, Châtellerault et Montmorillon. Cette étude qui vise à évaluer la fréquence de la myopie chez l’enfant, est bien entendu ouverte à tous, même aux enfants ayant déjà suivi chez leur ophtalmologiste.
Un des aspects novateurs de ce projet réside dans son organisation logistique. Laurence Gaulé, infirmière conseillère technique départementale, et le docteur Eléonore Dandrieu-Barbe, médecin conseiller technique départemental, ont joué un rôle clé dans la coordination entre le CHU, les établissements scolaires et les familles. Les infirmières scolaires, actrices essentielles de cette étude, ont assuré la distribution des documents d’information et la sensibilisation des élèves et de leurs parents. Leur implication a permis de faciliter l’accès à des consultations ophtalmologiques spécialisées, souvent difficiles à obtenir en temps normal.
L’étude repose sur des mesures précises de la réfraction, réalisées à l’hôpital avec une cycloplégie (goutte dans l’œil qui dilate la pupille), une méthode recommandée pour garantir des résultats fiables. Les enfants bénéficient ainsi d’un dépistage visuel rigoureux, complété par une évaluation de leur acuité visuelle et de leurs antécédents médicaux. Les données recueillies permettront non seulement de dresser un état des lieux de la prévalence de la myopie dans la région, mais aussi d’identifier les enfants nécessitant une prise en charge adaptée, comme la prescription de lunettes ou l’orientation vers des solutions de freination de la myopie.
Ce projet s’appuie également sur l’expertise des orthoptistes, optométristes et des ophtalmologistes du CHU, qui participent activement aux consultations. Parmi eux, les docteurs Yannis Jean-Baptiste pour le site de Montmorillon, Julie Tarnaud sur le site de Châtellerault, Aloïs Osoha, Mathieu Le Louarn, ainsi que le professeur Nicolas Leveziel, garantissent un suivi médical de qualité. Madame Emilie Bedue, attachée de recherche clinique, joue un rôle important d’organisatrice et de recueil des informations dans le cadre de cette étude. L’étude se poursuit en juillet 2026, avec une reprise prévue à la rentrée scolaire 2026. Les résultats obtenus contribueront à enrichir les connaissances épidémiologiques sur la myopie en France et à améliorer la prise en charge des jeunes patients. Cette collaboration entre le CHU de Poitiers et l’Education nationale illustre l’engagement commun en faveur de la santé des élèves et de la prévention des troubles visuels.