Le poste de chef de clinique des universités-assistant des hôpitaux est l’une des voies possibles pour les futurs praticiens hospitaliers après leur internat. Focus sur ce statut avec le Dr Alexis Dumas, médecin en médecine physique et de réadaptation (MPR), qui incarne parfaitement le rôle clé que jouent ces professionnels dans le système hospitalo-universitaire.
Chef de clinique-assistant : un maillon essentiel à l’hôpital
Le chef de clinique est un médecin hospitalier en début de carrière, nommé pour une durée limitée de 2 à 4 ans, qui exerce une triple mission : soins, enseignement et recherche. Ce poste, accessible après l’internat, permet d’acquérir de l’expérience avant de postuler à un poste de praticien hospitalier, de s’installer en libéral ou de poursuivre une carrière hospitalo-universitaire. Le chef de clinique-assistant est recruté conjointement par l’établissement hospitalier et l’université, sur proposition du chef de service.
Au CHU de Poitiers, les chefs de clinique participent activement à la formation des internes et des étudiants, tout en assurant une activité clinique et en contribuant à des projets de recherche. Leur présence est cruciale pour maintenir la qualité des soins et l’innovation médicale. En deuxième année de clinicat, le Dr Alexis Dumas partage son temps entre des missions d’enseignement universitaire et l’activité clinique. Il consacre une partie de son temps à l’enseignement et à la recherche. Il donne des cours de MPR, non seulement aux étudiants en médecine à la faculté, mais aussi aux futurs kinésithérapeutes. Il assiste également le Dr Romain David, médecin MPR et maître de conférences des universités, dans ses différents projets de recherche et dans le suivi des thèses. Il assure des consultations en médecine physique et de réadaptation pédiatrique et s’occupe du suivi des patients adultes atteints de maladies neuromusculaires.
Le Dr Dumas apprécie son travail en milieu hospitalier : « À l’hôpital, on travaille parmi beaucoup d’autres professionnels. Nous ne sommes jamais seuls. La force d’un établissement hospitalier réside justement dans sa capacité à offrir une prise en charge globale et pluridisciplinaire. Chaque professionnel y apporte sa contribution : le médecin mais aussi l’infirmière, qui observe le patient dans son environnement quotidien, le kinésithérapeute avec son approche rééducative, l’ergothérapeute, l’orthophoniste, et bien d’autres. Chacun contribue à sa manière. Mon rôle en tant que médecin MPR est d’apporter l’expertise médicale, bien évidemment, mais également de condenser l’avis de tout le monde pour offrir la meilleure prise en charge aux patients ».
Expertise du Dr Alexis Dumas : un atout pour le CHU de Poitiers
Originaire de Poitiers, le Dr Alexis Dumas a effectué l’intégralité de son parcours médical à l’université et au CHU de Poitiers, où il effectue sa deuxième année de clinicat. « J’ai toujours vécu à Poitiers. Je suis né au CHU de Poitiers et je m’y suis formé en tant que médecin en médecine physique et de réadaptation. Je connais l’établissement, son fonctionnement et ses différents services. » Il a choisi de se former à la médecine physique et de réadaptation en raison du caractère complet de la discipline. « C’est une spécialité qui prend en charge globalement les patients. On essaie d’améliorer leurs difficultés au quotidien », explique-t-il.
Il a choisi de se spécialiser dans deux domaines rares et complexes, des expertises utiles au profit des patients du territoire de la Vienne. Le premier est la prise en charge des maladies neuromusculaires, un domaine pour lequel il est le principal interlocuteur du service. L’autre domaine est la médecine physique et de réadaptation pédiatrique, dont il est l’un des rares représentants en Poitou-Charente avec sa collègue le Dr Valentine Gilquin. Cette discipline, à la frontière du handicap et de la pédiatrie, est particulièrement exigeante, car elle nécessite une approche globale et multidisciplinaire, adaptée aux spécificités des jeunes patients. « Tout comme la MPR adulte, c’est un domaine complet et très varié. Cependant, chez les enfants, les objectifs sont un peu différents et la manière de faire peut-être un peu différente aussi. C’est une surspécialité où l’on traite beaucoup de jeunes enfants en situation de handicap, deux domaines qui peuvent être complexes. » Pour renforcer son expertise dans cette surspécialité, il a choisi d’effectuer des stages lors de son internant dans des établissements de rééducation pédiatrique, notamment dans les centres de Saint-Trojan-les-Bains et d’Angers.
L’expertise du Dr Alexis Dumas est essentielle pour le projet, porté par le Dr Valentine Gilquin, de développement de l’offre de soins en MPR pédiatrique au CHU de Poitiers. Bien que reconnu pour son expertise en médecine physique et de réadaptation adulte, le service œuvre à la création d’un hôpital de jour de rééducation pédiatrique. Le CHU de Poitiers propose déjà des consultations spécialisées en MPR pédiatrique et un hôpital de jour interventionnel pour des actes techniques, comme les injections de toxine botulique ou les bilans urodynamiques. Cependant, les enfants nécessitant une rééducation ou une hospitalisation doivent actuellement être orientés vers d’autres établissements. Bien que des partenariats existent avec ces centres de réadaptation, ces solutions ne couvrent pas toujours les besoins spécifiques de certains enfants, notamment pour des prises en charge plus courtes ou plus ciblées. L’ouverture d’un hôpital de jour de rééducation permettrait d’offrir une prise en charge multidisciplinaire et spécialisée, à proximité de leur domicile.
Le Dr Alexis Dumas, par son statut de chef de clinique et ses surspécialisations, incarne l’engagement des jeunes médecins pour faire évoluer l’offre de soins. Son travail au CHU de Poitiers montre comment un chef de clinique peut améliorer la prise en charge des patients.