L’article 78 de la loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » (HPST), adoptée le 21 juillet 2009, définit la télémédecine comme une pratique médicale à distance s’appuyant sur les technologies de l’information et de la communication. Dès 2016, le CHU de Poitiers a saisi cette opportunité en lançant la plateforme Nomadeec au sein du SAMU 86-Centre 15, marquant ainsi le début d’une transformation numérique de son offre de soins.
Sous l’impulsion d’Isabelle Aveline, directrice de la direction des coopérations, et du Dr Xavier Piguel, endocrinologue et référent médical, la télémédecine s’est imposée pour l’établissement comme un levier majeur pour améliorer l’accès aux spécialistes, tant pour les patients que pour les professionnels de santé de la région. Le CHU de Poitiers propose cinq modalités de télémédecine : la téléconsultation, la téléexpertise, la télésurveillance, la téléassistance et la régulation médicale. Ces outils permettent d’établir un diagnostic, d’assurer un suivi préventif ou post-thérapeutique pour les patients à risque, de requérir un avis spécialisé, de préparer une décision thérapeutique, de prescrire des produits ou des actes, ou encore d’effectuer une surveillance médicale à distance.
Parmi elles, la téléexpertise a connu ces dernières années un véritable essor, avec le développement du nombre de spécialités proposant leur expertise, passées de 698 demandes d’avis médicaux en 2023 à 6 031 en 2024, puis à 11 500 en 2025. « Ce service de proximité permet d’éviter les errances diagnostiques et l’inertie entre deux rendez-vous de consultation », explique Isabelle Aveline.
En plus de ces offres de télémédecine, le CHU de Poitiers a mis en place des télé-staffs pour permettre aux acteurs de santé du territoire de participer à des réunions de concertation pluridisciplinaire et de soumettre des dossiers complexes à expertise.
La télémédecine répond à des enjeux majeurs pour les patients, les professionnels de santé hospitaliers et libéraux, et pour le CHU de Poitiers lui-même. Pour les patients, elle facilite l’accès aux soins à distance, évitant ainsi les déplacements inutiles, notamment pour les maladies rares, les résidents en EHPAD, les détenus ou le suivi post-opératoire et des pathologies chroniques. La téléexpertise permet quant à elle d’optimiser l’accès aux avis spécialisés et de réduire les délais pour les consultations en présentiel.
Pour le CHU de Poitiers, l’enjeu est de développer l’accès aux soins sur l’ensemble des sites distants et sur l’ex région Poitou-Charentes, en combinant téléexpertises, téléconsultations, télésurveillance et télé-staffs. Ces outils favorisent une meilleure collaboration entre soignants, une transmission des connaissances et une coordination optimisée des soins.
Les intérêts de la télémédecine sont multiples : elle améliore l’efficience du système de santé, réalise des économies et renforce le lien entre la médecine de ville, notamment par le biais des téléexpertises et des télé-staffs. Pour les patients, elle améliore la qualité de vie en optimisant la prise en charge des maladies chroniques. Pour les professionnels, elle innove dans l’organisation des soins et soutient la coopération entre acteurs de santé.