Nicolas Besnault a été l'un des deux premiers infirmiers en pratique avancée du CHU de Poitiers. Il nous partage son parcours et ses missions au sein du service de cardiologie de l’établissement.
Evoluer vers le métier d’infirmier en pratique avancée
Diplômé en 2015, Nicolas Besnault débute sa carrière d’infirmier aux urgences générales du CHU de Poitiers jusqu’en 2021. En 2019, il décide d’évoluer en tant qu’infirmier en pratique avancée (IPA). « À cette étape de ma carrière, je cherchais à occuper une place centrale dans la prise en charge du patient. Mon objectif était de combiner une expertise dans une spécialité avec l’opportunité d’être une personne de référence aussi bien pour les patients que pour l’équipe médicale et paramédicale. La proximité avec les patients est l’une de mes priorités ». C’est au cours de sa formation d’IPA à l’Université de Nice, qu’il découvre la spécialité de la cardiologie. « La rythmologie est une spécialité passionnante qui demande de nombreuses connaissances et de la rigueur. Elle correspond parfaitement à ce que je cherchais ».
Durant sa formation, l’équipe médicale et d’encadrement créent le centre de la fibrillation atriale. C’est le premier dispositif en France dédié aux patients bénéficiant d’une ablation de fibrillation atriale intégrant un infirmier en pratique avancée au cœur du suivi de ces patients. Il rejoint alors le projet.
Activités de l’IPA : une expertise pour un suivi global du patient
Nicolas Besnault suit les patients atteints de fibrillation atriale à chaque étape du parcours de soins : avant, pendant et après la procédure d’ablation.
Rayonnant sur l’ensemble du Poitou-Charentes, le centre de la fibrillation atriale reçoit plus de six cents demandes d’ablation par an via les cardiologues de ville ou hospitaliers. Dès la validation médicale par les rythmologues, Nicolas Besnault contacte les patients pour un entretien téléphonique approfondi. Il recueille des informations nécessaires pour la consultation : antécédents, histoire de la maladie, symptômes, facteurs de risque. Il a la possibilité de prescrire des examens complémentaires comme des bilans sanguins. « Ce premier contact est primordial. Il rassure énormément le patient, qui se sent écouté et privilégié. Il permet également de désamorcer la crainte que peuvent avoir certains patients sur l’ablation. C’est un gain de temps le jour de la consultation ».
Ensuite, Nicolas Besnault rencontre le patient avec le rythmologue en consultation pré-ablation. Ce temps permet de revenir sur ces informations, répondre aux questions et expliquer le déroulement de la procédure. Durant la consultation, il sensibilise les patients aux facteurs de risque de récidive de fibrillation atriale comme l’obésité, la sédentarité, l’hypertension, le diabète, l’apnée du sommeil, le tabac, l’alcool, etc. Ces facteurs de risque influent directement sur la qualité de vie du patient et la réussite de l’ablation (entre 70 et 80 % de succès si les facteurs de risque sont maîtrisés). Nicolas Besnault sollicite dès que nécessaire son réseau composé de professionnels hospitaliers et non hospitaliers : diététiciens, la Vie la Santé, pneumologues, éducateurs sportifs, etc. « L’objectif est de construire un parcours de soins personnalisé, adapté aux objectifs du patient et à ses motivations pour réduire ses facteurs de risque ».
Nicolas Besnault participe également à l’organisation de l’ablation grâce à une étroite collaboration avec les secrétaires. Il s’assure que tous les examens requis ont été effectués et coordonne les différentes étapes du parcours. Dès que toutes les conditions sont réunies, il sollicite la validation du médecin pour la date proposée. Pendant l’hospitalisation pour l’ablation de fibrillation atriale, il rend visite au patient et échange avec lui autour des consignes de sortie.
Trois mois plus tard, Nicolas Besnault revoit le patient en consultation ou téléconsultation en autonomie. Ce dernier rendez-vous a plusieurs objectifs : faire le point sur les suites de l’ablation, évaluer la possibilité d’arrêter certains traitements (anticoagulants, antiarythmiques, bêta-bloquants) et revenir une nouvelle fois sur les facteurs de risque.
« Avant ma présence, cette consultation n’était pas systématiquement réalisée. Depuis que je suis là, tous les patients bénéficient d’une consultation de suivi. C’est renforcer le suivi pour le patient et c’est un gain de temps pour le médecin ».
Une collaboration étroite avec les médecins
De par sa fonction d’infirmier en pratique avancée, Nicolas Besnault possède une autonomie grâce aux consultations post ablation qu’il réalise en autonomie et à la confiance des rythmologues. Il a la possibilité de réduire ou d’arrêter certains traitements lors des consultations. Malgré tout, il met un point d’honneur à maintenir une collaboration étroite avec les médecins rythmologues : les docteurs Bruno Degand et François Le Gal et le professeur Rodrigue Garcia. Il les tient informés des parcours de tous les patients. Il insiste sur l’importance d’une excellente communication et d’une relation de confiance avec les médecins, qu’il juge primordiales.
Le centre de la fibrillation atriale : une activité croissante
L’activité du centre de la fibrillation atriale est importante : plus de 450 ablations de fibrillation atriale en 2024. Depuis trois ans, Nicolas Besnault constate que son activité est croissante d’année en année : « J’ai réalisé plus de 900 consultations en 2024 contre 350 lors de ma première année d’exercice ». Nicolas Besnault est ravi de cette évolution. Il apprécie son poste par la place centrale qu’il occupe auprès des patients et la confiance que lui confèrent les médecins. Il constate que cette nouvelle profession d’infirmier en pratique avancée a très rapidement été adoptée par les patients. Ils ont vite saisi l’intérêt d’avoir un infirmier référent expert dans la pathologie, capable d’assurer un relais et une complémentarité avec le médecin dans diverses situations. « Mon suivi permet de fluidifier le parcours de soins du patient. Etant joignable par téléphone, les patients apprécient cette proximité permettant de démêler certaines situations complexes et d’éviter toute hospitalisation non prévue. »
Pour Nicolas Besnault, le développement de la pratique avancée est une des solutions essentielles aux défis actuels de la santé publique.