Au cœur de la santé cardiovasculaire

Centre cardio-vasculaire

Une collaboration étroite entre les services de cardiologie, de chirurgie cardiaque et de médecine vasculaire permet d’offrir une prise en charge globale et innovante, alliant prévention, diagnostic et traitements de pointe pour protéger la santé cardiovasculaire de tous.

Des chiffres qui alertent

S’il ne faut retenir qu’un message : les maladies cardiovasculaires sont fréquentes et graves mais en grande partie évitable par des mesures de prévention simples.

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde. La mortalité par maladies cardio-neuro-vasculaires est le 2e cause de mortalité en France, avec plus d’un décès sur cinq, et la 1ère cause de mortalité chez les femmes. Les cardiopathies ischémiques tels que les infarctus du myocarde et les sténoses coronaires sont la première cause des maladies cardiovasculaires et concernent trois millions de Français avec un impact très important sur la survenue d’insuffisance cardiaque. Un décès sur vingt est lié à une cardiopathie ischémique en France. Environ 50 000 arrêts cardiaques extra hospitaliers par an surviennent en France et 80 % sont liés à une cardiopathie ischémique.

En 2022, en France, 240 000 adultes ont été hospitalisés pour une cardiopathie ischémique avec une mortalité globale à un an approchant les 10 %. L’âge moyen était de 69 ans, 29 % d’entre eux étaient des femme, 56 % ont été traités par angioplastie coronaire avec pose de stent contre 4,5 % par des pontages coronaires. Le taux de décès au cours de l’hospitalisation est de 3,6 %, un tiers des survivants sera réhospitalisé dans l’année et la mortalité globale à un an est de 9,3 %.

Importance de la prévention

Les maladies cardiovasculaires sont en grande partie liées au développement de l’athérome artériel et sont évitables avec une prévention adaptée. Le développement est souvent silencieux jusqu’à une complication – mort subite, infarctus du myocarde – qui peut être révélatrice de la maladie sous-jacente.

Seul 1 Français sur 10 est dans une situation optimale pour sa prévention cardiovasculaire : pas d’intoxication tabagique, pas d’obésité, pas de sédentarité, tension artérielle contrôlée, pas de diabète et niveau de cholestérolémie adapté. Un Français sur quatre fume quotidiennement en 2022.

La méconnaissance ou l’absence de lutte individuelle ou collective contre des facteurs de risque bien connus des maladies cardiovasculaires est délétère à l’échelon personnel et populationnel. Par exemple, les recommandations d’activité physique devraient être connues de toutes et de tous : 150 minutes par semaine d’activité physique modérée pour les adultes et 300 minutes par semaine d’activité physique modérée pour les enfants et adolescents. Actuellement 47 % des femmes et 29 % des hommes n’atteignent pas les recommandations d’activité physique.

L’insuffisance cardiaque est liée principalement aux cardiopathies ischémiques et aux cardiopathies valvulaires. En 2022, en France, 140 000 patients adultes ont été hospitalisés pour une insuffisance cardiaque, dont 4 % en réanimation. L’âge moyen est de 80 ans. Un patient sur 10 décède au cours de l’hospitalisation et 34 % à 1 an.

La prévention des maladies cardiovasculaires est efficace, mais elle doit être l’affaire de tous : individuelle, avec la connaissance des facteurs de risque et l’adhésion à un programme de prévention adapté à chaque personne ; collective, avec des décisions politiques concernant la lutte contre le tabagisme, les drogues et l’apport de sel dans l’alimentation industrielle ; médicale, avec la participation de tout le corps médical et paramédical.

L’implication du médecin généraliste inclut le dépistage des facteurs de risque cardiovasculaires, la mise en route d’un programme de prévention adapté au patient et l’orientation vers un cardiologue si nécessaire. Les médecins gynécologues participent à la reconnaissance des risques particuliers de la femme. Les endocrinologues et les spécialistes de la diététique interviennent pour les individus en surpoids, diabétiques ou dyslipidémiques. Les pneumologues et les médecins formés à la désintoxication tabagique jouent également un rôle clé, tout comme les néphrologues, étant donné le risque cardiovasculaire lié à l’insuffisance rénale chronique.

Un service au cœur de la santé cardiovasculaire

Au CHU de Poitiers, le service de cardiologie travaille de concert avec ces différents intervenants pour améliorer la santé cardiovasculaire des patients. Une collaboration étroite avec les services de chirurgie cardiaque et de médecine vasculaire est également indispensable. Dans le service de cardiologie la prise en charge des patients est assurée depuis la prévention jusqu’au traitement de pathologies cardiovasculaires les plus lourdes. Ceci est possible grâce à une unité de prévention des maladies cardiovasculaires et de prise en charge de l’insuffisance cardiaque, des consultations multiples adossées à un plateau technique très développé d’explorations cardiovasculaires invasives ou non invasives, deux ailes d’hospitalisations et un hôpital de jour. Le scanner cœur, sans injection de produit de contraste, permet d’évaluer l’athérome coronaire par la mesure du score cacique coronaire et donc d’affiner le calcul du risque cardiovasculaire d’un patient. Après injection de produit de contraste, le coroscanner révèle les plaques d’athérome sur les artères coronaires et la nécessité d’une éventuelle coronarographie complémentaire associée ou non à une revascularisation par stent ou par pontage coronaire. Les pathologies cardiaques valvulaires de plus en plus fréquentes avec le vieillissement de la population sont traitées si nécessaire par des techniques de cardiologie interventionnelle – TAVI par voir fémorale pour le rétrécissement aortique, Clip mitral pour l’insuffisance mitrale – par chirurgie cardiaque ou par des méthodes combinées – comme le TAVI par voie chirurgicale carotidienne par exemple. Le développement d’une Heart Team associant cardiologue, chirurgien cardiaque et anesthésiste réanimateur permet d’offrir le traitement le plus adapté possible au patient.

La rythmologie est également une composante importante du service de cardiologie avec notamment le développement de traitements spécifiques des arythmies. Avec le vieillissement de la population la survenue d’arythmie complète par fibrillation atriale est de plus en plus fréquente. Cette pathologie, en plus de provoquer des palpitations, représente surtout un facteur majeur d’accidents vasculaires cérébraux. Des méthodes de fulguration des circuits électriques aberrants sont utilisées couramment. Il est possible également de mettre en place des prothèses d’occlusion de l’auricule gauche par voie percutanée. L’auricule gauche est un cul-de-sac développé au sein de l’oreillette gauche, site préférentiel de formation des caillots, dont la migration peut entrainer une accident vasculaire cérébral.

La télé-cardiologie offre également une surveillance à distance des pacemakers, des défibrillateurs automatiques, des Holters ECG implantés et des insuffisants cardiaques.

La prévention des maladies cardiovasculaires est un combat quotidien qui doit être partagé par tous pour être efficace. La prise en charge des maladies cardiaques et vasculaires est assurée par les services de cardiologie, chirurgie cardiaque et médecine vasculaire regroupés au sein du centre cardio- vasculaire du CHU de Poitiers.