VIH : des traitements efficaces

Ruban rouge sida

Le 1er décembre était la journée mondiale de lutte contre le VIH. C’est l’occasion de rappeler qu’aujourd’hui, on peut être porteur du virus et mener une vie presque normale. Ce que rappelle le Pr Gwenaël le Moal, spécialiste de la maladie et chef du service de maladies infectieuses et tropicales du CHU de Poitiers.

Le service de maladies infectieuses et tropicales du CHU de Poitiers suit près de 650 patients infectés par le VIH. Un chiffre non négligeable. Diagnostiqués par un médecin généraliste ou un autre spécialiste, les patients sont reçus le plus rapidement possible, idéalement dans les 24h qui suivent l’annonce du diagnostic, par les spécialistes du CHU. La première rencontre consiste à leur expliquer l’évolution naturelle du virus. Il s’agit également de leur présenter les thérapeutiques existantes qui sont mises en place dès la première ou deuxième consultation. Lorsque le virus est sous contrôle, les patients sont vus deux fois par an pour un suivi. « Au sein de notre service, nous avons une expertise certaine sur le VIH. Nous avons aussi la chance de disposer d’un plateau technique qui nous permet d’avoir toutes les compétences de la virologie et de la pharmacocinétique pour optimiser la prise en charge », précise le Pr Gwenaël Le Moal. « Il est essentiel de préciser qu’aujourd’hui on ne meurt plus du sida. Un patient contaminé bien traité peut avoir une vie presque normale si ce n’est la contrainte de la prise de traitements », ajoute le Pr le Moal. Le traitement du VIH repose sur l’association de plusieurs médicaments antirétroviraux qui arrêtent la multiplication du virus et en diminuent la quantité empêchant ainsi sa transmissibilité. Ces traitements ont été peu à peu simplifiés et prennent la forme d’une prise quotidienne d’une pilule ou d’injection tous les deux mois. Ces traitements dits « long acting », c’est-à-dire des traitements plus faciles à prendre et efficaces sur le long terme, sont en cours de développement afin d’améliorer encore la qualité de vie des patients et diminuer la charge mentale liée à la prise qui peut mener parfois à son abandon. « Un patient contaminé bien traité a un charge virale indétectable et donc un virus intransmissible. Nous disposons donc aujourd’hui de tous les outils pour faire disparaitre cette maladie. Pour cela, il faut que les gens soient dépistés et traités. Malheureusement, beaucoup trop de personnes sont porteuses du virus et le transmettent sans même le savoir. Il faut se faire dépister s’il y a le moindre doute. Il subsistera malheureusement un problème contre lequel on ne peut pas trop lutter : la discrimination et la stigmatisation auxquelles sont confrontés encore les patients porteurs du VIH », conclut le Pr Le Moal.