L’unité de télésurveillance en rythmologie du CHU de Poitiers assure le suivi des patients porteurs de dispositifs cardiaques implantables. Angélique Blanchon et Célia Braguier, infirmières référentes, présentent les missions et l’intérêt de cette unité.
Une expertise au service des patients
Angélique et Célia forment l’équipe en charge de l’unité de télésurveillance au CHU de Poitiers. Infirmière depuis vingt ans, Angélique a exercé au CHU de Bordeaux et au centre hospitalier d’Angoulême, toujours en cardiologie. Elle a rejoint le CHU de Poitiers en septembre 2021 pour développer l’unité de télésurveillance en rythmologie. Célia a, quant à elle, travaillé dans différents services du CHU de Poitiers – cardiologie, pneumologie et chirurgie – avant d’intégrer récemment l’unité. Toutes les deux ont de solides connaissances en cardiologie.
Angélique et Célia apprécient leur poste, notamment en raison des liens privilégiés qu’il favorise avec les patients, qu’elles suivent sur de longues périodes. Elles aiment l’autonomie que leur confèrent leurs missions tout en appréciant la collaboration très étroite avec les médecins. Elles sont également ravies de faire partie de la révolution qu’est la télémédecine.
La télésurveillance en rythmologie et ses avantages
La télésurveillance est un outil précieux qui permet de surveiller à distance les patients porteurs de dispositifs cardiaques tels que les pacemakers, les défibrillateurs et les moniteurs cardiaques implantables. Le suivi se fait par le biais d’un transmetteur connecté aux dispositifs. Installé au domicile du patient, celui-ci collecte une fois par 24 heures les données du dispositif, transmises ensuite tous les jours de manière sécurisée à l’unité de télésurveillance. L’équipe analyse ces données et, en cas d’anomalies, des mesures sont mises en place en collaboration avec les médecins.
La télésurveillance offre de multiples avantages, tant pour les patients que pour les équipes médicales. Elle permet une détection précoce des dysfonctionnements du dispositif ou des troubles du rythme cardiaque, favorisant ainsi une prise en charge médicale rapide. Elle améliore significativement la qualité de vie des patients, en particulier ceux âgés ou à mobilité réduite, en réduisant le nombre de consultations en présentiel et d’hospitalisations grâce à une surveillance continue à distance. « Avant, le patient porteur d’un défibrillateur était vu en consultation tous les six mois par le cardiologue, maintenant c’est seulement une fois par an. » Cette surveillance contribue à une meilleure sécurité pour les patients et leurs proches. Elle dégage du temps médical qui peut être redéployé vers les salles interventionnelles par exemple.
Des missions variées et indispensables
Les missions d’Angélique et Célia débutent sitôt après l’implantation des dispositifs cardiaques. « Durant l’hospitalisation de 24 à 48 heures, nous rencontrons les patients pour leur présenter la télésurveillance, leur en expliquer le principe et leur remettre le transmetteur prêt à l’emploi, qui est à brancher à côté de lit de façon permanente.
Nous soulignons que la majorité des patients adhèrent à ce suivi, rassurés par cette approche.
Nous insistons sur le fait qu’il s’agit d’un système de surveillance et non d’urgence. Les données ne sont transmises qu’une seule fois par jour. Nous restons toutefois disponibles par téléphone ou par mail, du lundi au vendredi, de 9h à 17h. En dehors de ces plages horaires, les patients sont invités à contacter les urgences cardiologiques. »
Angélique et Célia assurent ensuite la surveillance à distance des patients, chaque jour ouvré. Lorsqu’une anomalie est vue, les infirmières l’analysent. « L’objectif est de détecter le plus tôt possible un problème pour une prise en charge précoce et la plus en amont possible avant que ne survienne un gros problème. Il y a souvent des prémices que le patient peut ne pas ressentir ». Elles vérifient et trient chaque alerte et s’assurent que le transmetteur soit fonctionnel en continu. Ce sont entre 800 et 900 alertes qui arrivent chaque semaine. Seules 8 à 9 d’entre elles sont transférées aux cardiologues. « Si nous constatons une anomalie, nous transférons l’alerte au cardiologue référent. En fonction de sa réponse, nous pouvons être amenées à appeler le patient pour savoir si tout va bien, vérifier son traitement, celui-ci pouvant être modifié au besoin par le cardiologue, et ou revoir le patient rapidement en consultation.
L’expertise infirmière en action
Grâce à un protocole de coopération mis en place depuis janvier 2024 avec le professeur Rodrigue Garcia et le docteur Bruno Degand, et avec la collaboration de la cadre de santé Valérie Chambon, Angélique effectue des consultations de contrôle des prothèses cardiaques. Elle a pour cela suivi une formation spécifique et elle a suivi quatre-vingts patients en collaboration avec un rythmologue. En un an, elle a assuré près de 600 consultations. « Je peux joindre un médecin à tout moment s’il y a un problème qui doit être traité immédiatement. Cette nouvelle mission est une reconnaissance pour mon métier d’infirmière et, en fait, une continuité de ce que nous faisons déjà au quotidien : la surveillance des prothèses ».
Télésurveillance en rythmologie : une activité croissante
L’activité de l’unité de télésurveillance en rythmologie est très importante avec une file active de plus de 3 500 patients. Ce chiffre ne cesse d’augmenter et va de pair avec les implantations. Chaque mois, environ 80 patients entrent dans le dispositif de télésurveillance. Compte tenu du vieillissement de la population, nous pouvons penser que cette activité va s’accroitre. A noter que la télésurveillance est, depuis avril, 2024 remboursée par l’Assurance maladie.