Sous l'impulsion des professeurs Jean-Pierre Frat, Arnaud Thille et Rémi Coudroy, le CHU de Poitiers est devenu une référence mondiale dans le domaine des détresses respiratoires aiguës. Cette excellence se traduit par des publications régulières dans les revues scientifiques prestigieuses. Les résultats d’une étude coordonnée par le Pr Jean-Pierre Frat viennent justement d’être publiés, encore une fois, dans la revue New England Journal of Medicine.
Le cœur de l’expertise du service de réanimation repose sur l’oxygénothérapie à haut débit (OHD), une technique qui a transformé la prise en charge des patients en détresse respiratoire. Ce dispositif délivre un flux important d’oxygène tout en améliorant significativement le confort du patient. Les travaux de recherche clinique successifs des professeurs Jean-Pierre Frat, Arnaud Thille et Rémi Coudroy ont confirmé l’OHD comme le traitement de choix. Les résultats démontrent que cette méthode diminue de façon probante le recours à l’intubation, épargnant ainsi aux patients les contraintes d’une procédure invasive. Ce bénéfice clinique s’accompagne d’une optimisation des ressources hospitalières, avec une réduction moyenne d’un jour de la durée des séjours en réanimation et du temps passé sous ventilation assistée. Au plan individuel, cette approche améliore le confort respiratoire et, par conséquent, le bien-être du patient.
Dès 2015, l’étude pionnière FLORALI, coordonnée par le Pr Jean-Pierre Frat, avait démontré que ce dispositif permettait de réduire la mortalité chez les patients les plus gravement atteints, tout en étant plus confortable. Ces résultats, publiés en 2015 dans le New England Journal of Medicine, revue scientifique de renommée mondiale, ont eu un retentissement considérable dans le domaine de la réanimation intensive.
Avec l’étude SOHO, le Pr Jean-Pierre Frat a poursuivi ses recherches en se concentrant sur les patients souffrant d’insuffisance respiratoire aiguë hypoxémique, dont près de 90 % des cas sont liés à une pneumonie. Avec une cohorte de 1 110 patients, il s’agit de la recherche la plus vaste jamais menée sur le sujet. L’objectif était de comparer l’efficacité de l’oxygénothérapie à haut débit par rapport à l’oxygénation standard, afin de confirmer l’impact bénéfique de cette technique sur la mortalité.
« Les progrès constants de la médecine, comme l’usage généralisé des corticoïdes et une ventilation mécanique plus protectrice, ne nous ont pas permis de démontrer une baisse supplémentaire de la mortalité. Les résultats de SOHO n’en demeurent pas moins cruciaux pour les patients et les hôpitaux », explique le Pr Frat. Les données corroborent en effet les résultats des précédentes études : réduction du recours à l’intubation, raccourcissement de la durée d’hospitalisation, diminution du temps passé sous ventilation artificielle et nette amélioration du sentiment d’essoufflement.
Les résultats de l’étude SOHO ont été publiés en mars 2026 dans le prestigieux New England Journal of Medicine sous le titre « High-Flow or Standard Oxygen in Acute Hypoxemic Respiratory Failure ». C’est la deuxième fois que les travaux du Pr Jean-Pierre Frat font l’objet d’une publication dans cette revue, une rareté scientifique qui mérite d’être soulignée. Cette consécration vient confirmer l’expertise mondiale des chercheurs du service de médecine intensive-réanimation du CHU de Poitiers. L’éditorial de la revue souligne d’ailleurs l’implication majeure des équipes poitevines dans ce domaine. « Poitiers est une ville moyenne, mais nous avons prouvé que nous sommes capables de mener des études massives et de les porter jusqu’aux plus grandes revues mondiales », conclut le Pr Frat.
| Lors de la crise liée à la pandémie de covid-19 en 2020, l’étude SOHO a été déclinée en étude SOHO-COVID pour s’adapter à la situation sanitaire. Conduite dans trente centres français, l’étude a inclus 700 patients pour comparer l’oxygénothérapie à haut débit (OHD) aux méthodes classiques. Si la mortalité est restée comparable, l’OHD s’est distinguée par sa capacité à éviter de nombreuses intubations, le taux chutant de 53 % à 45 %. Ce succès a définitivement imposé cette technique comme un recours thérapeutique majeur en période pandémique. |
Lire l’éditorial de la revue New England Journal of Medicine