Dans le cadre de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes, ce lundi 25 novembre, le ministre de la Justice, Didier Migaud, s'est rendu à la maison de Freyja, la maison des femmes du CHU de Poitiers, entièrement dédiée à l'accueil et à la prise en charge des femmes victimes de violences.
Après avoir été accueilli par Anne Costa, directrice Générale du CHU de Poitiers, et Xavier Etchevery, directeur du centre hospitalier Henri-Laborit, le ministre, accompagné des autorités judiciaires, a eu un temps d’échanges avec le docteur Alexia Delbreil, médecin légiste, responsable de la maison de Freyja, et Mélanie Voyer, psychiatre responsable du centre régional de psycho-traumatologie Nord Nouvelle-Aquitaine.
La maison de Freyja, ouverte depuis janvier 2023, offre un accompagnement global aux femmes victimes de violences, alliant soins médicaux, soutien psychologique et assistance sociale. Grâce à une approche pluridisciplinaire, elle a déjà permis d’aider plus de 500 femmes. Le docteur Alexia Delbreil et le docteur Mélanie Voyer ont présenté au ministre les spécificités de leur travail et les défis auxquels elles sont confrontées. En effet, la prise en charge des violences faites aux femmes nécessite une expertise particulière, tant sur le plan médical que psychologique. L’un des principaux enjeux soulevés lors de cette visite concerne la reconnaissance des faits de violence et de leur impact, tant physique que psychologique. Elles ont souligné la difficulté à évaluer et à caractériser les séquelles psychiques, notamment lorsque les violences sont anciennes ou chroniques. Cette difficulté a des répercussions importantes sur la prise en charge médicale et psychologique, mais aussi sur le plan judiciaire. Face à ce constat, Les docteurs Delbreil et Voyer ont proposé au ministre de la Justice de créer un groupe de travail réunissant des professionnels de santé, des juristes et des représentants d’associations. L’objectif serait de réfléchir à une harmonisation des méthodes d’évaluation de l’impact psychologique des violences faites aux femmes, afin d’assurer une meilleure prise en charge des victimes et une réponse judiciaire plus équitable sur l’ensemble du territoire français.
La visite du ministre de la Justice à la maison de Freyja témoigne de l’importance accordée par les pouvoirs publics à la lutte contre les violences faites aux femmes. L’exemple de Poitiers montre qu’il est possible de mettre en place des dispositifs efficaces pour accompagner les victimes et les aider à se reconstruire. La proposition de créer un groupe de travail est une initiative prometteuse qui pourrait contribuer à améliorer la prise en charge des violences faites aux femmes à l’échelle nationale.



