Mardi 15 septembre 2026, le CHU de Poitiers, l’université de Poitiers et l’Inserm ont officiellement scellé leur engagement commun en signant, localement, une déclaration commune d’intention. En effet, cette signature s’inscrit dans la continuité de la déclaration nationale publiée en novembre 2025 entre les universités, les CHU et l’Inserm pour une politique de site ambitieuse, lisible et partagée au service de la recherche en santé. Elle intervient dans un contexte où la position relative de la France dans la recherche scientifique mondiale est en recul, notamment dans le domaine de la santé, dont l’une des causes internes et structurelles est le sous-financement de la recherche scientifique française dans le domaine de la santé.
L’objectif de cette signature est de créer un pôle de recherche hospitalo-universitaire intégré, visible et différenciant, articulant étroitement recherche, formation, soins et innovation dans les domaines de la santé. Cette dynamique s’appuie sur une complémentarité stratégique entre les partenaires, afin de renforcer la cohérence des moyens, la lisibilité des priorités scientifiques et le rayonnement national et européen du site de Poitiers, dans une logique de service à la population et de contribution aux politiques publiques de santé. Face à ce constat, les trois partenaires ont souligné l’urgence de concentrer les forces pour gagner en compétitivité, tant au niveau national qu’international.
Pour Didier Samuel, président-directeur général de l’Inserm, il est important de remédicaliser la recherche biomédicale : « Il y a un lien direct entre la qualité de la recherche que nous menons et la médecine que nous produisons. » Il a également insisté sur la nécessité de renforcer l’attractivité de Poitiers et de construire une stratégie scientifique collective.
Virginie Laval, présidente de l’université de Poitiers, a rappelé que la recherche en santé constitue un pilier de la stratégie de son établissement, retranscrit dans l’objectif de développement durable n°3 (santé et bien-être), où il est précisé que « l’accent sera mis sur la recherche en santé, dans les composantes métaboliques, thérapeutiques et cérébrales ». Poitiers devient ainsi la troisième ville française à signer cette déclaration, une fierté pour le site, qui voit là le moyen de renforcer et de structurer des liens déjà existants, notamment à travers l’alliance universitaire Aliénor d’Aquitaine, dont le CHU de Poitiers est l’un des membres fondateurs.
De son côté, Anne Costa, directrice générale du CHU de Poitiers, a mis en avant les thématiques d’excellence que constitue déjà la recherche en santé à Poitiers, portée notamment par des médecins-chercheurs du CHU. Ces travaux couvrent l’étude de la physiopathologie cellulaire et moléculaire des organes et tissus (ischémie-reperfusion, inflammation, transplantation), optimisation des stratégies anti-infectieuses et lutte contre les résistances (infectiologie et résistance aux antimicrobiens), investigation du fonctionnement cérébral normal et pathologique (neurosciences intégratives), anticipation et contrôle de la progression métastatique cérébrale (cancérologie), ainsi qu’optimisation des stratégies de ventilation et d’oxygénation en soins critiques.
Cette convention dessine des engagements concrets pour les trois partenaires, ceux du CHU incluant la mobilisation des équipes hospitalo-universitaires, de la direction de la recherche et de l’innovation, ainsi que du centre d’investigation clinique, et la poursuite des investissements pour offrir aux chercheurs des équipements performants, renforçant ainsi l’attractivité du site. Anne Costa a également souligné sa volonté de voir le CHU de Poitiers devenir co-tutelle des unités mixtes de recherche, pour une gouvernance partagée et une mutualisation des moyens humains et financiers.
La signature de cette convention marque une volonté collective de simplifier la vie des chercheurs et de faire rayonner la recherche en santé à Poitiers, en s’appuyant sur une approche interdisciplinaire.