Depuis juin 2022, le service de gynécologie du CHU de Poitiers a lancé un programme de simulation dédié à la formation des internes en cœlioscopie. Initié par le Pr Anne-Cécile Pizzoferrato et le Dr Grigore Popa, ce projet a pour objectif de renforcer les compétences théoriques et pratiques des futurs gynécologues, en mettant à leur disposition des outils modernes et une pédagogie adaptée aux exigences cliniques, au sein même du service de gynécologie.
Une formation structurée et accessible
Le programme se compose de six sessions mensuelles, renouvelées chaque semestre, abordant des thématiques essentielles : les bases de la cœlioscopie, l’anatomie du point de vue de la cœlioscopie, l’installation du patient, l’électrochirurgie, les techniques de suture, l’hystéroscopie, ainsi que l’évolution des connaissances professionnelles. Chaque session combine des cours théoriques et des ateliers pratiques, permettant aux internes de développer leur dextérité et leur confiance en vue des interventions d’urgence.
« Notre ambition est de garantir que chaque interne, indépendamment de son orientation future, maîtrise les gestes fondamentaux en cœlioscopie pour assurer des gardes en toute sécurité », explique le Dr Grigore Popa. Ces compétences sont en effet cruciales pour gérer des situations critiques, comme les grossesses extra-utérines ou les kystes hémorragiques que peuvent rencontrer les internes au sein de leur garde.
Des outils de simulation performants et innovants
Le projet repose sur quatre boîtes de simulation, dont deux sont accessibles en permanence aux internes. Ces équipements, financés à hauteur de 16 000 € par l’association du service, permettent de s’entraîner sur des exercices variés, allant de la manipulation des instruments à la gestion de scénarios cliniques complexes. Une plateforme en ligne, accessible via un mot de passe, complète ce dispositif en proposant des vidéos et des exercices interactifs.
« La simulation doit être un pilier de la formation des internes. L’objectif est clair : éviter qu’un geste ne soit réalisé pour la première fois sur un patient », souligne le Pr Pizzoferrato. Ce principe guide l’ensemble du programme, qui inclut également des séances sur l’électrochirurgie, un domaine où la maîtrise des instruments et des réglages est essentielle pour prévenir les complications.

Une approche collaborative et évolutive
La formation est conçue pour être interactive et conviviale, favorisant les échanges entre enseignants et apprenants. Les internes et docteurs juniors sont activement impliqués dans l’organisation des séances, ce qui renforce leur engagement et permet d’adapter les contenus pédagogiques à leurs besoins.
Des questionnaires de satisfaction, remplis avant et après chaque session, évaluent la progression des participants et leur perception de la formation. « Les internes sont motivés par le défi de progresser ensemble et d’améliorer leurs compétences », observe le Dr Popa. Les retours, systématiquement positifs, confirment l’efficacité de cette approche.
Vers une amélioration continue
Le programme évolue constamment, intégrant de nouvelles thématiques comme l’hystéroscopie, en réponse aux demandes des internes. À terme, l’équipe souhaite développer des publications scientifiques pour évaluer l’impact de la simulation sur les pratiques cliniques et optimiser la formation.
« Ce projet reflète notre engagement à offrir une formation de qualité, centrée sur la sécurité des patients et l’excellence des soins », conclut le Pr Pizzoferrato.
