L’infirmier(e) “donne habituellement des soins infirmiers sur prescription, ou en application du rôle propre qui lui est dévolu” (ARt R 4311-1 CSP).
Les soins infirmiers qu’ils soient préventifs, éducatifs, curatifs ou palliatifs, intègrent des qualités techniques et relationnelles.
Ils sont réalisés en tenant compte de l’évolution des sciences et des techniques.
Ils ont pour objet, dans le respect des droits de l’homme et des droits du patient, de :
– protéger, maintenir, restaurer et promouvoir la santé physique et mentale des personnes,
– concourir à la mise en place des méthodes et au recueil des informations,
– contribuer à la mise en oeuvre des traitements,
– participer à la surveillance clinique et à l’application de prescriptions médicales,
– participer à l’évaluation du degré de dépendance des personnes,
– participer à la prévention, à l’évaluation et au soulagement de la douleur.
L’exercice de la profession requiert des capacités d’analyse, d’organisation et de rigueur dans la réalisation des soins.
L’infirmier(e) doit posséder une connaissance actualisée de ses responsabilités, en lien avec son domaine de compétences et les règles professionnelles, ainsi qu’un sens éthique développé.
Son rôle est également important dans l’encadrement et la formation d’étudiants, d’élèves ou de personnels soignants.
L’infirmier(e) peut exercer son activité professionnelle dans de nombreux lieux :
– en secteur extra hospitalier : ils peuvent être salariés dans des établissements extra hospitaliers, des entreprises ou des associations à caractère humanitaire – exemples: infirmier(e) scolaire, infirmier(e) en centre de soins, infirmier(e) en entreprise, infirmier(e) militaire… OU exercer en libéral en cabinet ou à domicile, après un exercice de 24 mois en structure de soins. L’infirmier(e) libéral a un rôle important à jouer dans l’alternative à l’hospitalisation, le maintien à domicile, la prévention, le dépistage et l’éducation à la Santé.
– en secteur hospitalier soit public, soit privé.
La profession infirmière est représentée par l’ordre national des infirmiers. Pour en savoir plus :
La formation d’infirmier(e) conduit à un diplôme d’état et vise l’acquisition de compétences pour répondre aux besoins de santé des personnes.
Les études se déroulent selon un principe d’alternance de cours théoriques (2 100 heures) et de stages cliniques (2 100 heures), sur 6 semestres, au cours desquels l’étudiant infirmier développe les dix compétences décrites dans le référentiel des compétences infirmières – référentiel de compétences.
Cette formation est règlementée par l’arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d’état d’Infirmier(e) et donne lieu à la délivrance du grade licence dans le système licence master doctorat (LMD).
L’enseignement théorique s’articule autour de 6 domaines :
– sciences humaines sociales et droit
– sciences biologiques et médicales
– sciences et techniques infirmières, fondements et méthodes
– sciences et techniques infirmières, interventions
– intégration des savoirs et posture professionnelle infirmière
– méthodes de travail-anglais.
L’enseignement clinique s’articule autour de 4 types de stages :
– courte durée
– santé mentale – psychiatrie
– longue durée – Soins de suite et réadaptation
– lieux de vie
L’Ifsi a obtenu la charte Erasmus + 2014-2020 et offre dans ce cadre la possibilité aux étudiants infirmiers de réaliser des stages dans différents pays européens. L’Ifsi intègre le consortium de la région Poitou-Charentes Erasmus Stage en 2015.
Les finalités de la formation, les principes pédagogiques, la durée de la formation, les attributions des crédits européens, la formation théorique et la formation clinique en stage sont détaillés dans un référentiel – Annexe III Référentiel de formation.
Le projet pédagogique de l’Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) de Poitiers s’est construit autour des acteurs de la formation :
– les étudiants qui s’ouvrent progressivement aux réalités du monde professionnel, dans un processus d’apprentissage dynamisé par l’équipe de l’institut,
– les professionnels soignants qui aident les étudiants à appréhender les situations de soins dans les différents contextes et à développer des compétences professionnelles,
– les formateurs qui organisent la formation et accompagnent les étudiants pour les amener à développer une démarche réflexive.
Il prend également en compte le contexte :
– la réforme des études, le partenariat avec l’université, conduisant conjointement à l’obtention du diplôme d’état et du grade de licence, l’ouverture européenne par l’entrée dans le système licence master doctorat (LMD),
– les besoins des populations auxquels les professionnels et les structures de santé en mutation doivent répondre.
Tous ces éléments motivent l’équipe, la guident dans sa réflexion, dans sa mise en évidence de valeurs fondatrices, et dans la production des stratégies de formation. Ceci constitue le cœur du projet.
La formation est un temps pour réfléchir, questionner, douter, se confronter, évoluer, apprendre, s’impliquer, devenir autonome, s’étonner et clarifier ses aspirations.
L’équipe de formateurs, consciente de la richesse humaine de l’expérience et de l’engagement nécessaire à ce métier, guide et facilite l’émergence des projets professionnels, met en oeuvre des moyens rigoureux et créatifs, permettant à l’étudiant d’évoluer vers un professionnalisme.
Le projet veut s’adapter au contexte de la santé publique, dans une dynamique permettant d’aborder l’avenir et de générer des acteurs capables d’y répondre et de l’influencer.
De nombreuses méthodes pédagogiques sont proposées aux étudiants (cours magistraux à distance ou en présentiel, travaux dirigés en petits groupes, projets conduits en groupe d’étudiants, recherches documentaires etc.).
Un espace numérique de travail (ENT) permet à chacun de travailler à son rythme et de développer son autonomie.
Les stages cliniques à l’Ifsi de Poitiers
Les 60 semaines de stages sont réparties de la façon suivante :
Semestre 1
5 semaines consécutives
Semestres 2 à 5
10 semaines consécutives
Semestre 6
un stage de 8 semaines et un stage de 7 semaines
Les terrains de stage sont proposés par l’IFSI (les étudiants n’ont pas à trouver leur stage). Cependant, en fin de cursus et sous réserve d’acceptation, certains stages sont ouverts à la prospection d’autres lieux que ceux proposés.
Les stages sont répartis sur l’ensemble des structures du département de la Vienne. Les structures sanitaires ou médico-sociales concernées sont privées ou publiques. les plus importantes sont :
– le Centre hospitalier universitaire régional de Poitiers (CHU)
– le Centre hospitalier de secteur psychiatrique Henri Laborit de Poitiers (CHHL)
– la Polyclinique de Poitiers
– le Centre hospitalier Camille Guérin de Chatellerault
– le Centre hospitalier de Montmorillon
– le Centre hospitalier de Loudun.
CONDITIONS D’ACCÈS
Nombre de places à l’Ifsi de Poitiers : 178 étudiants/an
– être âgé de 17 ans au moins au 31 décembre de l’année des épreuves de sélection,
– être titulaire de l’un des diplômes ou titre suivants :
– baccalauréat français ou être titulaire d’un titre ou diplôme étranger permettant d’accéder directement à des études universitaires dans le pays où d’obtention.
– examen spécial d’entrée à l’université (ESEU) : pour en savoir plus
– examen de validation des acquis (VAE) : pour en savoir plus
– diplôme d’état d’aide soignant, d’auxiliaire de puériculture ou d’aide médico-psychologique et justifier de 3 ans d’exercice professionnel ou activité professionnelle d’une durée de 5 ans pour les autres secteurs
– diplôme étranger d’infirmier en soins généraux, hors communauté européenne
– diplôme homologué au minimum au niveau IV : pour en savoir plus
– ou être étudiant en première année commune des études de santé (PACES) sous conditions de l’arrêté du 21 /12/2012. pour en savoir plus
Modalités du concours
Coût (révisable tous les ans) : – pour les épreuves d’admissibilité: 101 euros (tarifs 2013)
– pour l’épreuve d’admission: 44.50 euros (tarifs 2013)
Inscription L’inscription se fait sur dossier dûment renseigné, à déposer au secrétariat de l’Ifsi avant la date limite définie par la DRJSCS.
Tous les renseignements concernant le prochain concours, ainsi que le dossier, sont à télécharger ici : dossier inscription et règlement intérieur. Le dossier peut aussi être retiré au secrétariat de l’Ifsi.
Résultat final Au vu des notes obtenues aux épreuves de sélection, le jury établit 2 listes de classement (les titulaires d’un baccalauréat ou assimilé et les titulaires d’un diplôme d’infirmier étranger non reconnu en France).
Pour les aides soignants ou auxiliaires de puériculture ayant passé l’examen d’admission, une liste est établie par ordre de mérite.
Modalités en formation
Les indemnités de stage : – 23 € la semaine de stage pour la 1re année de scolarité,
– 30 € la semaine de stage pour la 2e année de scolarité,
– 40 € la semaine de stage pour la 3e année de scolarité.
Les frais de formation : – droits d’inscription : 183 euros par an
– frais tenues professionnelles : 31 euros par tenue, quatre tenues pour l’ensemble de la formation (prestation nettoyage incluse)
– sécurité sociale étudiante : 211 euros par an.
Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi)
CHU de Poitiers
Institut régional de formation des professionnels de santé (IRFPS)
2 rue de la milétrie – CS 90577
86 021 POITIERS Cedex
Equipe pédagogique :
Directrice : Claire MALKA
Equipe pédagogique composée de 29 formateurs, 1 intendante, 4 secrétaires
HISTORIQUE
L’origine des infirmières, en tant que groupe social, est apparentée à celle des ordres religieux.
Après les grandes épidémies, la fonction soignante est repérée et organisée dans la société avec l’apparition du mot « enfermier » en 1398, lui-même dérivé du mot “enfermerie”. L’appellation est devenue courante vers le XVIe siècle. Cependant, on se rend compte que l’acte de charité ne suffit plus, le soin requiert des compétences et des formes d’organisations.
En 1633, Saint Vincent de Paul, créé la compagnie des filles de la charité et fait des recommandations qui font références aux besoins de la personne.
Il incitait les sœurs à avoir une fonction de conseil et d’éducation : première forme de formation.
En 1789, c’est la naissance de l’hôpital laïc, les pratiques soignantes évoluent. Cependant, l’hygiène et l’état des hommes de la fin du XIXe siècle sont très médiocres. La laïcité, elle, a du mal à progresser. Les médecins réclament des réformes hospitalières et en particulier des infirmières instruites et dévouées.
Florence Nightingale est convaincue que pour savoir soigner, il faut avoir appris. Cette dernière étudie pendant huit ans les besoins des malades et les qualités nécessaires pour savoir les soigner. Elle écrit deux livres à partir de ses observations. Pour elle, améliorer les soins passe par un combat pour améliorer la formation, l’état de l’hôpital et l’hygiène. De ce fait, à la fin du XIXe siècle, elle organise la formation des infirmières à Londres, l’école se trouve dans l’hôpital. La formation dure un an, les élèves complètent leur apprentissage sur le terrain.
Sur ce modèle anglo-saxon, à l’initiative du Docteur Bourneville, médecin militaire, les écoles d’infirmières publiques et laïques sont créées en 1882. Les études durent deux ans avec des cours et des stages.
Une circulaire de 1899 oblige la création d’une école d’infirmières au moins dans chacune des villes où siège une faculté de médecine. La même année est créée à Lyon, l’école professionnelle infirmière.
Cela se poursuit au XXe siècle avec l’influence de Léonie Chaptal. En 1905 elle fonde son école. Elle croit fortement à une identité professionnelle, et à l’autonomie envers le corps médical. Sa philosophie s’appuie sur le fait que l’action infirmière ne porte pas sur les pathologies, mais sur la personne souffrante.
La maladie est la science du médecin, et la connaissance du patient, celle de l’infirmière.
En 1922, un décret uniformise le programme de formation dans les différentes écoles et crée le premier diplôme français.
En 1930, en milieu psychiatrique le terme de gardien est remplacé par celui d’infirmier en psychiatrie.
À ce moment-là, la profession est reconnue par l’état. En 1937, est promulguée une loi d’exclusivité obligeant d’avoir le diplôme d’état pour l’exercice de la profession : Art L.474 du Code de la santé publique : « Nul ne peut exercer la profession d’infirmière s’il n’est muni d’un diplôme, certificat ou autre titre mentionné à l’article L.474-1 ».
En 1969, l’infirmier psychiatrique devient infirmier de secteur psychiatrique.
À partir des années 1970-1980, une évolution supplémentaire se ressent dans les textes de l’exercice professionnel avec la reconnaissance officielle du rôle propre infirmier. Les soins infirmiers apparaissent comme une discipline à part entière et peuvent alors s’enrichir d’une pratique et d’un savoir spécifique.
Cette loi du 31 mai 1978 est toujours en vigueur de nos jours. S’ajoute à celle-ci, le décret du 29 juillet 2004 du code de la Santé publique, concernant l’exercice de la profession et les actes professionnels.
Avec l’arrêté du 23 mars 1992 : le diplôme d’état polyvalent est créé, c’est la fin de la formation spécifique des infirmiers de secteur psychiatrique.
La circulaire du 16 janvier 2006 (en référence au plan psychiatrie et santé mentale) relative à la mise en oeuvre du tutorat pour les nouveaux infirmiers exerçant en psychiatrie, entre en vigueur.
Au début du XXe siècle avec un double rôle psychologique et technique, l’infirmière voulait orienter les soins et participer davantage à son devenir professionnel dans une société dont les besoins de santé s’accroissaient.
La profession se donne maintenant les moyens pour continuer à réfléchir au sens des soins infirmiers, affirmer sa raison d’être, consolider son savoir et démontrer sa capacité d’adaptation à l’évolution des besoins de santé.
La dernière réforme des études infirmières (juillet 2009) basée sur la notion de compétences à acquérir, fait entrer les études dans le système européen licence master doctorat (LMD).