L'endométriose, une maladie touchant plus de deux millions de femmes en âge de procréer, est souvent caractérisée par une errance diagnostique de plusieurs années, impactant considérablement la qualité de vie des patientes. Afin d'améliorer la précocité du diagnostic, un axe majeur de la stratégie nationale de lutte contre l'endométriose, l'étude Endobest est en cours.
Avec la participation du CHU de Poitiers, cette étude évalue l’apport d’Endotest, un test biologique salivaire innovant pour le diagnostic de l’endométriose. Ce test, basé sur la détection de fragments d’ARN messagers, représente une avancée technologique significative.
Contrairement à un test d’orientation, Endotest est destiné aux patientes présentant une suspicion d’endométriose avec des douleurs intenses et une imagerie (échographie, IRM) non conclusive. « L’objectif principal de l’étude est de déterminer si ce test facilite le diagnostic et permet d’éviter des chirurgies inutiles », comme l’explique le Pr Xavier Fritel.
L’étude Endobest, qui prévoit d’inclure 2 500 femmes à travers la France, bénéficie d’une prise en charge via le forfait innovation de l’assurance maladie. Ce dispositif soutient financièrement les technologies innovantes en phase de développement clinique.
Bien que l’impact réel du test sur la prise en charge des patientes reste à évaluer, l’espoir est grand de pouvoir poser un diagnostic plus rapidement et ainsi, peut-être, soulager plus tôt les souffrances de ces femmes. Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, avait annoncé le remboursement de ces tests dès 2025, une promesse tenue avec le lancement de cette étude.
Comme le souligne Yannick Neuder, ministre de la Santé et de l’Accès aux soins « l’Endotest illustre la capacité de la recherche française à innover pour améliorer la santé des femmes, en s’appuyant sur des technologies de pointe comme le séquençage de nouvelle génération et l’intelligence artificielle ». L’arrêté officialisant la prise en charge de l’Endotest au titre du forfait innovation et listant les centres participants, dont le CHU de Poitiers, a été publié au Journal officiel le 11 février 2025.
Les résultats de cette étude sont très attendus et pourraient potentiellement changer la vie de nombreuses femmes en offrant une voie vers un diagnostic plus précoce et moins invasif de l’endométriose.