Des urgences cardiologiques pour des urgences vitales

USIC

Dans la lignée de ce qui existait auparavant au pavillon Beauchant, sur le site de la Milétrie du CHU de Poitiers, et depuis son transfert en 2017 dans le centre cardio-vasculaire, le service de cardiologie a gardé une unité d’urgences cardiologiques. Cette unité est adossée à l’unité de soins intensifs de cardiologie (USIC). Elle offre une prise en charge spécialisée et rapide aux patients souffrant de problèmes cardiovasculaires aigus. Les pathologies cardiovasculaires peuvent en effet se compliquer très brutalement et nécessiter une action curative très rapide. Les urgences cardiologiques ont ainsi été développées pour raccourcir au maximum le délai de prise en charge des infarctus du myocarde. Cette offre de soins est bien sûr complémentaire de celle des urgences générales.

Présentation

L’unité des urgences cardiologiques a été développée pour répondre à un besoin précis : permettre aux patients présentant une problématique cardiovasculaire d’être pris en charge immédiatement par un cardiologue, présent sur place 7/7 jours et 24/24 heures. L’idée était simple : accueillir directement les patients dans un service dédié, où l’expertise et les moyens techniques permettent une réponse adaptée et rapide. Les patients sont amenés directement par le SAMU ou les pompiers ou adressés par leur médecin ou viennent spontanément aux urgences cardiologiques.

Le fonctionnement de cette unité repose sur l’équipe médico-soignante ayant également en charge l’unité de soins intensifs de cardiologie. Ces deux unités sont donc juxtaposées dans le centre cardiovasculaire, pour faciliter le parcours du patient et regrouper les compétences.

L’unité des urgences cardiologiques compte quatre box dont deux doubles et deux lits d’hospitalisation de courte durée pour les patients qui doivent rester sous surveillance pendant 24 heures. Le personnel médical commun aux urgences cardiologiques et à l’USIC comprend deux praticiens hospitaliers, le Dr Sébastien Levesque, responsable de l’unité, et le Dr Arthur Ramonatxo, un chef de clinique, actuellement le Dr Victor Lacoste, un docteur junior, actuellement le Dr Sami Assaf, ainsi que 4 à 5 internes en fonction du semestre. L’unité accueille, en effet, à chaque semestre un interne de DES de médecine d’urgence et régulièrement un interne d’anesthésie réanimation ou de médecine intensive réanimation. Marion Loiseau, cadre de santé, coordonne les 25 infirmiers et 19 aides-soignants qui assurent un suivi continu, de jour comme de nuit, sur les deux unités.

Activité

La prise en charge, rapide et rôdée, associe protocoles de soins et évaluation personnalisée de chaque patient qui se présente aux urgences. Dès leur arrivée, ceux-ci sont accueillis par une infirmière et installés dans un box. Les examens sont réalisés rapidement : un électrocardiogramme, une échographie et une prise de sang la plupart du temps. Les patients bénéficient aussi d’une surveillance ECG continue grâce à une télémétrie, ce qui permet un suivi constant et une réactivité immédiate en cas de besoin.

Le nombre de passage dans ces urgences y est en constante augmentation, 3 900 passages en 2023, plus de 4 050 en 2024 et 5 005 passages en 2025. Après leur prise en charge initiale, leur orientation est déterminée en fonction de leur état. Environ un tiers des patients, après des examens rassurants peuvent rentrer chez eux, avec ou non la mise en place d’un suivi cardiologique. Ceux nécessitant une prise en charge prolongée, soit un autre tiers, sont hospitalisés en cardiologie conventionnelle. Enfin, le dernier tiers, présentant des cas plus graves, est transféré vers l’unité de soins intensifs de cardiologie pour une surveillance renforcée. L’admission directe en salle de coronarographie est également possible.

Afin de fluidifier, d’optimiser la prise en charge des patients les plus graves, l’équipe médico-soignante travaille sur la création d’une filière courte, sur le même modèle que ce qui existe déjà aux urgences adultes ou pédiatriques, mais adapté aux différentes problématiques cardiovasculaires. « Une partie des patients qui arrivent n’ont pas besoin d’une surveillance ECG constante et rapprochée. L’idée de cette filière courte est donc de fluidifier et de raccourcir la prise en charge de certains passages aux urgences de cardiologie. L’objectif est de pouvoir assurer les soins de manière sûre et efficace tout en continuant d’absorber le flux grandissant de patient consultant dans le service » explique le Dr Arthur Ramonatxo.