Brancardiers : un métier essentiel

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Les patients hospitalisés doivent parfois être emmenés de leur chambre à un autre secteur, le bloc opératoire ou bien l’imagerie par exemple. Le transfert est assuré par des brancardiers. Ils ont un rôle essentiel dans le parcours du patient et pourtant on ne sait pas grand-chose d’eux.

Brancardiers : un métier au cœur de la prise en charge des patients

Au CHU de Poitiers, si certains services ont leurs propres brancardiers, l’établissement dispose depuis 2010 d’un service de brancardage mutualisé. Celui-ci est composé de trente-quatre brancardiers, autant d’hommes que de femmes. « Leur mission principale est de transporter, d’accompagner et d’aider les patients au sein de l’hôpital en toute sécurité. De façon plus générale, ils facilitent le parcours de soin en limitant les retards dans la prise en charge », explique Rémy Campin, responsable du service de brancardage depuis 2022. Jusqu’en 2020, les brancardiers et les ambulanciers internes ne formaient qu’un seul et même service. Aujourd’hui, le brancardage est un service à part entière. Dès sa prise de poste, Rémy Campin a travaillé sur l’organisation du service afin d’optimiser les transferts et restreindre les déplacements inutiles des brancardiers. Ceux-ci sont répartis par secteurs et les transports à vide, évités. « La réorganisation du service a permis de sécuriser le parcours patient et de limiter les retards ».

La mise en place du parcours patient « digne, debout, détendu », lancé le 1er mars 2024 au CHU de Poitiers, a eu également des répercussions sur la façon de travailler des brancardiers. Jusqu’alors les patients qui devaient se faire opérer, même s’ils étaient en capacité de marcher, étaient transférés de la chambre au bloc, allongés sur un lit, déplacé par deux brancardiers. « Ce projet, qui à la base est un projet des blocs, a fortement impacté le service. Il prévoit que les patients qui le peuvent, se déplacent debout jusqu’au bloc accompagné, par un brancardier. Après l’intervention, un seul brancardier ramène le patient dans sa chambre, sur un fauteuil ou une méridienne. Les brancardiers travaillent désormais seuls », dit Rémy Campin.

Brancardage : un métier au plus près du patient

Les demandes (sous prescriptions médicales) de brancardage, effectuées par le service via le logiciel PTAH, sont traitées par deux régulatrices qui gèrent également les demandes d’ambulances internes. La régulation est assurée de 7h à 18h. De 7h à 10h, puis de 15h à 18h, une seule régulatrice prend en charge l’ensemble des demandes. A partir de 18h, les demandes sont réglées automatiquement. Pour limiter les retards de transfert de patients, l’un des trois régulateurs a rejoint récemment le groupe de brancardiers. « Les régulatrices ont un rôle central de recueil d’information. Elles reçoivent énormément d’appels. C’est un travail très nerveux », précise Rémy Campin. Elles ont de quoi faire puisqu’elles reçoivent en moyenne 375 demandes par jour. Magali Noizat est l’une d’entre elles. Après avoir travaillé pendant 22 ans en tant qu’ambulancière au CHU de Poitiers, elle a postulé sur un poste de régulatrice qu’elle occupe maintenant depuis deux ans. « Au vu du nombre d’appels que nous recevons par jour, nous devons être bien organisées et rester bien concentrées pour rentrer ou donner les bonnes informations. J’aime beaucoup ce métier. Je ne m’ennuie jamais. Il y a beaucoup d’échanges avec différents interlocuteurs. Et puis j’aime rendre service aux gens comme je le faisais déjà lorsque j’étais ambulancière. C’est agréable de faire en sorte que tout fonctionne bien pour le bien-être du patient ».

Et chaque jour, 28 à 30 brancardiers, sur une équipe de 34, sont présents sur le site pour effectuer pour effectuer ce nombre impressionnant de transferts, en augmentation constante étant donné la hausse d’activité des services demandeurs (bloc, imagerie, plateaux techniques, etc). Les premiers brancardiers arrivent à 7h et les derniers repartent à 20h. Ils ne travaillent pas les week-ends et les jours fériés. Les missions leur sont adressées sur un smartphone dédié et c’est parti pour 8h de marche quotidienne à travers les couloirs de l’établissement. Le métier de brancardier n’est pas des plus faciles puisque ceux-ci font entre 7 à 10 km par jour. Certains jours, cela peut même monter jusqu’à 12 km. C’est un métier difficile non seulement physiquement mais également mentalement. Les brancardiers se retrouvent en première ligne, entre deux services, celui de départ et celui d’arrivée, et auprès du patient. Ce sont sur eux que retombent les colères si un problème surgit. « Le brancardier fonctionne en autonomie. C’est lui qui juge s’il peut se permettre d’attendre si un service est en retard sans prendre le risque de faire attendre le patient suivant. C’est une organisation en temps réel où chaque seconde compte », souligne Rémy Campin.

Ce qui fait la richesse et la force de ces professionnels, c’est leurs capacités d’observation et d’adaptation qui leur permettent d’être attentifs aux besoins des patients dont ils assurent le transfert. « Les brancardiers ont un contact avec le patient assez particulier, sur un temps plus ou moins long, dans des circonstances qui ne sont pas toujours faciles, comme une opération. Si le patient est tendu, ils entament une conversation pour le détendre. Ils savent aussi se taire, si le patient ne souhaite pas parler. Ils forment une équipe très soudée. Si l’un d’entre eux a moins d’activité à un moment donnée sur son secteur, il vient en renfort sur les autres », conclut Rémy Campin. C’est justement ce contact avec le patient que recherche Maud Bonnifet, agent du pool logistique. « Je prends énormément de plaisir dans mon travail au plus près des patients. Etant donné le laps de temps relativement court du transfert, nous essayons de créer un climat de confiance assez rapidement. Nous nous adaptons à leur humeur et restons à leur écoute s’ils en ont besoin. Nous les rassurons s’il le faut. Même s’il est très physique, c’est un travail très enrichissant. Chaque jour est différent. On ne s’ennuie jamais ».