Historique

L’origine des infirmières, en tant que groupe social, est apparentée à celle des ordres religieux.

Après les grandes épidémies, la fonction soignante est repérée et organisée dans la société avec l’apparition du mot « enfermier » en 1398, lui-même dérivé du mot « enfermerie ». L’appellation est devenue courante vers le XVIe siècle. Cependant, on se rend compte que l’acte de charité ne suffit plus, le soin requiert des compétences et des formes d’organisations.

En 1633, Saint Vincent de Paul, créé la compagnie des filles de la charité et fait des recommandations qui font références aux besoins de la personne.
Il incitait les sœurs à avoir une fonction de conseil et d’éducation : première forme de formation.

En 1789, c’est la naissance de l’hôpital laïc, les pratiques soignantes évoluent. Cependant, l’hygiène et l’état des hommes de la fin du XIXe siècle sont très médiocres. La laïcité, elle, a du mal à progresser. Les médecins réclament des réformes hospitalières et en particulier des infirmières instruites et dévouées.

Florence Nightingale est convaincue que pour savoir soigner, il faut avoir appris. Cette dernière étudie pendant huit ans les besoins des malades et les qualités nécessaires pour savoir les soigner. Elle écrit deux livres à partir de ses observations. Pour elle, améliorer les soins passe par un combat pour améliorer la formation, l’état de l’hôpital et l’hygiène. De ce fait, à la fin du XIXe siècle, elle organise la formation des infirmières à Londres, l’école se trouve dans l’hôpital. La formation dure un an, les élèves complètent leur apprentissage sur le terrain.

Sur ce modèle anglo-saxon, à l’initiative du Docteur Bourneville, médecin militaire, les écoles d’infirmières publiques et laïques sont créées en 1882. Les études durent deux ans avec des cours et des stages.

Une circulaire de 1899 oblige la création d’une école d’infirmières au moins dans chacune des villes où siège une faculté de médecine. La même année est créée à Lyon, l’école professionnelle infirmière.

Cela se poursuit au XXe siècle avec l’influence de Léonie Chaptal. En 1905 elle fonde son école. Elle croit fortement à une identité professionnelle, et à l’autonomie envers le corps médical. Sa philosophie s’appuie sur le fait que l’action infirmière ne porte pas sur les pathologies, mais sur la personne souffrante.

La maladie est la science du médecin, et la connaissance du patient, celle de l’infirmière.

En 1922, un décret uniformise le programme de formation dans les différentes écoles et crée le premier diplôme français.

En 1930, en milieu psychiatrique le terme de gardien est remplacé par celui d’infirmier en psychiatrie.Aide-soignante

À ce moment-là, la profession est reconnue par l’état. En 1937, est promulguée une loi d’exclusivité obligeant d’avoir le diplôme d’état pour l’exercice de la profession : Art L.474 du Code de la santé publique : « Nul ne peut exercer la profession d’infirmière s’il n’est muni d’un diplôme, certificat ou autre titre mentionné à l’article L.474-1 ».

En 1969, l’infirmier psychiatrique devient infirmier de secteur psychiatrique.

À partir des années 1970-1980, une évolution supplémentaire se ressent dans les textes de l’exercice professionnel avec la reconnaissance officielle du rôle propre infirmier. Les soins infirmiers apparaissent comme une discipline à part entière et peuvent alors s’enrichir d’une pratique et d’un savoir spécifique.

Cette loi du 31 mai 1978 est toujours en vigueur de nos jours. S’ajoute à celle-ci, le décret du 29 juillet 2004 du code de la Santé publique, concernant l’exercice de la profession et les actes professionnels.

Avec l’arrêté du 23 mars 1992 : le diplôme d’état polyvalent est créé, c’est la fin de la formation spécifique des infirmiers de secteur psychiatrique.

La circulaire du 16 janvier 2006 (en référence au plan psychiatrie et santé mentale) relative à la mise en oeuvre du tutorat pour les nouveaux infirmiers exerçant en psychiatrie, entre en vigueur.

Infirmière d'aujourd'hui.Au début du XXe siècle avec un double rôle psychologique et technique, l’infirmière voulait orienter les soins et participer davantage à son devenir professionnel dans une société dont les besoins de santé s’accroissaient.

La profession se donne maintenant les moyens pour continuer à réfléchir au sens des soins infirmiers, affirmer sa raison d’être, consolider son savoir et démontrer sa capacité d’adaptation à l’évolution des besoins de santé.

La dernière réforme des études infirmières (juillet 2009) basée sur la notion de compétences à acquérir, fait entrer les études dans le système européen licence master doctorat (LMD).