{"id":7624,"date":"2015-06-03T15:01:14","date_gmt":"2015-06-03T13:01:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/?p=7624"},"modified":"2015-09-16T14:17:12","modified_gmt":"2015-09-16T12:17:12","slug":"la-douleur-un-combat-quotidien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/en\/la-douleur-un-combat-quotidien\/","title":{"rendered":"La douleur, un combat quotidien"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0La douleur ne doit pas \u00eatre une fatalit\u00e9\u00a0\u00bb, tel \u00e9tait le mot d\u2019ordre de Bernard Kouchner alors secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat \u00e0 la Sant\u00e9 lors du lancement en 1998 du premier plan antidouleur. Depuis un long chemin a \u00e9t\u00e9 parcouru via les r\u00e9formes successives du code de sant\u00e9 publique et du code de d\u00e9ontologie m\u00e9dicale, la loi du 4\u00a0mars 2002, relative au droit des malades et \u00e0 la qualit\u00e9 du syst\u00e8me de sant\u00e9, et les trois plans de lutte contre la douleur. Aujourd\u2019hui, la prise en charge de la douleur est partie int\u00e9grante des soins. Le praticien doit s\u2019efforcer de mettre en oeuvre tous les moyens dont il dispose pour soulager au mieux les patients. Et le code de sant\u00e9 publique est clair sur ce point\u00a0: \u00ab\u00a0Toute personne a le droit de recevoir des soins visant \u00e0 soulager sa douleur. Celle-ci doit \u00eatre en toute circonstance pr\u00e9venue, \u00e9valu\u00e9e, prise en compte et trait\u00e9e.\u00a0\u00bb (article L1110-5) \u00ab\u00a0Toutefois, nous n\u2019avons pas attendu une loi pour prendre en charge la douleur des patients, souligne le Dr Herv\u00e9 Lanquetot, copr\u00e9sident du comit\u00e9 de lutte contre la douleur (CLUD), mais il est toujours int\u00e9ressant que soit mis en exergue la priorit\u00e9 des patients.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le CHU de Poitiers a tr\u00e8s t\u00f4t pris conscience de l\u2019importance de cette prise en compte de la douleur. En 1998, il a \u00e9t\u00e9 un des premiers centres en France \u00e0 avoir cr\u00e9\u00e9 un centre d\u2019\u00e9tude et de traitement de la douleur. Chaque ann\u00e9e, ce centre accueille pr\u00e8s de 6\u00a0000\u00a0patients de toute la r\u00e9gion et de ses environs.<\/p>\n<p><strong>La douleur, les m\u00e9canismes g\u00e9n\u00e9rateurs<\/strong><br \/>\nEn mati\u00e8re m\u00e9dicale et scientifique, la douleur se d\u00e9finit de la fa\u00e7on suivante\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est une exp\u00e9rience sensorielle et \u00e9motionnelle d\u00e9sagr\u00e9able, associ\u00e9e \u00e0 un dommage tissulaire pr\u00e9sent ou potentiel, ou d\u00e9crite en termes d\u2019un tel dommage\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise le docteur Bakari Diallo, responsable du centre d\u2019\u00e9tude et de traitement de la douleur.<\/p>\n<p>De cette d\u00e9finition d\u00e9coulent les diff\u00e9rents m\u00e9canismes g\u00e9n\u00e9rateurs de la douleur. La douleur peut \u00eatre nociceptive, c\u2019est un signal d\u2019alarme en r\u00e9ponse \u00e0 une agression contre l\u2019organisme comme par exemple une br\u00fblure. Un message est envoy\u00e9 au cerveau pour l\u2019alerter de cette agression. Elle peut \u00eatre neuropathique\u00a0: il s\u2019agit d\u2019une douleur cons\u00e9cutive \u00e0 une l\u00e9sion nerveuse. Cette l\u00e9sion provoque un dysfonctionnement du syst\u00e8me nerveux p\u00e9riph\u00e9rique ou central. Et elle peut \u00eatre aussi psychog\u00e8ne, il s\u2019agit alors de douleurs psychologiques.<\/p>\n<p>Elle se caract\u00e9rise \u00e9galement par deux \u00e9tats\u00a0: aigu\u00eb ou chronique. Dans le premier cas, elle est vive, imm\u00e9diate et souvent br\u00e8ve et est d\u2019origine traumatique ou postop\u00e9ratoire ou peut \u00eatre provoqu\u00e9e par certains soins. Dans le second cas, c\u2019est une douleur qui s\u2019av\u00e8re rebelle aux traitements usuels pendant plus de trois \u00e0 six mois. En fonction, la prise en charge ne sera pas la m\u00eame.<\/p>\n<p>Les services peuvent s\u2019appuyer pour combattre la douleur sur un arsenal th\u00e9rapeutique large\u00a0: antalgiques mod\u00e9r\u00e9s \u00e0 s\u00e9v\u00e8res, ce qui va du parac\u00e9tamol et anti-inflammatoires (pallier 1) \u00e0 la morphine ou aux d\u00e9riv\u00e9s morphiniques (pallier\u00a03) en passant par les antalgiques opiac\u00e9s faibles (pallier\u00a02). Les administrations peuvent \u00eatre diverses\u00a0: orales, intraveineuses, contr\u00f4l\u00e9es par le patient (PCA). Dans des cas sp\u00e9cifiques, des techniques d\u2019anesth\u00e9sies comme les p\u00e9ridurales antalgiques ou les infiltrations rhumatologiques peuvent \u00eatre appliqu\u00e9es. Dans d\u2019autres situations, les praticiens ont recours \u00e0 des gestes plus invasifs de neurochirurgie men\u00e9s au sein de l\u2019unit\u00e9 rachis. A cela s\u2019ajoutent des techniques de m\u00e9decine alternative comme l\u2019hypnose, l\u2019hom\u00e9opathie, l\u2019acupuncture ou encore la sophrologie.<\/p>\n<p><strong>Le CLUD, une aide strat\u00e9gique \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de la prise en charge de la douleur<\/strong><br \/>\nS\u2019il existe des standards reconnus de traitements (protocoles, recommandations, outils d\u2019\u00e9valuations&#8230;), il n\u2019y a pas de syst\u00e8me unique de prise en charge de la douleur applicable \u00e0 l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9tablissement. Le traitement de la douleur incombe \u00e0 chaque service. Toutefois, ils sont accompagn\u00e9s dans leur d\u00e9marche par le comit\u00e9 de lutte contre la douleur. Son r\u00f4le\u00a0: mettre en place une strat\u00e9gie coh\u00e9rente et adapt\u00e9e d\u2019aide \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de la prise en charge de la douleur aigu\u00eb ou chronique.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il s\u2019agit d\u2019un centre de r\u00e9flexion et de propositions, pr\u00e9cise Herv\u00e9 Lanquetot, co-pr\u00e9sident du CLUD. Son objectif est de recueillir l\u2019ensemble des probl\u00e9matiques de terrain et d\u2019essayer d\u2019y r\u00e9pondre par la mise en place de nouveaux protocoles.\u00a0\u00bb Pour ce faire, il s\u2019appuie sur un r\u00e9seau de repr\u00e9sentants du corps m\u00e9dical et param\u00e9dical par p\u00f4le. Chaque membre a suivi au minimum la formation institutionnelle douleur de trois jours ou est d\u00e9tenteur du DU douleur. Le CLUD du CHU de Poitiers a deux particularit\u00e9s. La premi\u00e8re\u00a0: la pr\u00e9sidence est bic\u00e9phale avec une repr\u00e9sentation \u00e0 la fois m\u00e9dicale et param\u00e9dicale. C\u2019est Catherine Boisseau, cadre de sant\u00e9 en soins palliatifs, qui assure pour la partie param\u00e9dicale la co-pr\u00e9sidence. \u00ab\u00a0Cette double vision est importante car nos probl\u00e9matiques peuvent \u00eatre parfois diff\u00e9rentes\u00a0\u00bb, souligne celle-ci. La deuxi\u00e8me particularit\u00e9, les deux pr\u00e9sidents ont souhait\u00e9 cr\u00e9er en plus de l\u2019instance pl\u00e9ni\u00e8re, qui se r\u00e9unit quatre fois par an, un bureau \u00e9largi, avec l\u00e0 encore des repr\u00e9sentants m\u00e9dicaux et param\u00e9dicaux. C\u2019est une structure interm\u00e9diaire, plus souple, qui facilite, par des r\u00e9unions r\u00e9currentes, un travail plus efficace.<\/p>\n<p>Et ses actions sont concr\u00e8tes. \u00ab\u00a0Pour mettre en place un plan d\u2019actions efficace, il nous semblait important d\u2019\u00e9valuer le niveau de connaissance et de pratiques de chaque service concernant la prise en charge de la douleur de fa\u00e7on \u00e0 objectiver les manques, poursuit Catherine Boisseau. Nous avons donc effectu\u00e9 une enqu\u00eate en 2014.\u00a0\u00bb Plusieurs crit\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 pris en compte\u00a0: les \u00e9chelles d\u2019\u00e9valuation, les traitements, les m\u00e9dicaments&#8230; \u00ab\u00a0Nous nous sommes rendu compte qu\u2019il y avait de vrais manques par rapport \u00e0 l\u2019utilisation de la morphine et du MEOPA (m\u00e9lange gazeux d\u2019oxyg\u00e8ne et de protoxyde d\u2019azote )\u00a0\u00bb, note Herv\u00e9 Lanquetot.<\/p>\n<p>Concernant la morphine, ce retard constat\u00e9, qui est aussi national, est li\u00e9 \u00e0 une m\u00e9connaissance de son utilisation et une crainte de ses effets secondaires \u00ab\u00a0alors qu\u2019il est le m\u00e9dicament de base du traitement de la douleur aigu\u00eb. Il n\u2019y avait pas, hormis des unit\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9es comme la salle de r\u00e9veil, de protocole de titration de la morphine.\u00a0\u00bb Le CLUD s\u2019est donc attach\u00e9, en lien avec la pharmacie, \u00e0 mettre en place un protocole pour faciliter son utilisation. \u00ab\u00a0Nous avons encore un gros travail de p\u00e9dagogie et de formation \u00e0 mener pour qu\u2019il soit plus largement utilis\u00e9 par les m\u00e9decins et les soignants. Notre souhait serait que chaque nouvelle recrue de l\u2019h\u00f4pital puisse \u00eatre form\u00e9e \u00e0 son utilisation.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour le MEOPA, m\u00eame constat\u00a0: un manque de connaissance et un protocole de dispensation tr\u00e8s compliqu\u00e9 et d\u00e9courageant. \u00ab\u00a0Alors que ce proc\u00e9d\u00e9, qui est \u00e0 la fois analg\u00e9sique et anxiolytique, s\u2019inscrit dans une utilisation extensive notamment pour une meilleure prise en charge des soins douloureux ou pour la mobilisation des patients douloureux. Les soins sont alors facilit\u00e9s pour l\u2019\u00e9quipe m\u00e9dicale et il y a une diminution de la m\u00e9morisation de l\u2019\u00e9v\u00e9nement douloureux pour le patient.\u00a0\u00bb L\u00e0 encore le protocole a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement revu. Les services ont aujourd\u2019hui de plus en plus recours \u00e0 ce proc\u00e9d\u00e9 suite \u00e0 un plan de formation initi\u00e9 par le CLUD. \u00ab\u00a0La dynamique est lanc\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>A l\u2019heure actuelle, 26 protocoles sont en cours d\u2019application. Outre ces derniers, on peut citer notamment le protocole d\u2019auto-analg\u00e9sie contr\u00f4l\u00e9 par p\u00e9ridurale, le protocole de cath\u00e9ter p\u00e9ri-nerveux \u00e0 domicile pour des douleurs d\u2019art\u00e9rites ou encore le protocole d\u2019analg\u00e9sie intrath\u00e9cale chez les patients canc\u00e9reux (voir explications dans la suite du dossier). \u00ab\u00a0Charge \u00e0 nous de les d\u00e9velopper aupr\u00e8s des services. Notre r\u00f4le est aussi de v\u00e9rifier que les protocoles sont bien mis en oeuvre\u00a0\u00bb, poursuit Herv\u00e9 Lanquetot.<\/p>\n<p><strong>Les services face \u00e0 la douleur aigu\u00eb<\/strong><br \/>\nSymptomatique d\u2019une l\u00e9sion ou d\u2019une maladie, la douleur aigu\u00eb joue le r\u00f4le de signal d\u2019alarme. Pass\u00e9e cette alerte, il est n\u00e9cessaire et c\u2019est le devoir de l\u2019h\u00f4pital d\u2019y apporter une r\u00e9ponse rapide.<\/p>\n<p>Au service d\u2019urgences, qui est souvent aux avant-postes de la prise en charge de la douleur, son traitement constitue une priorit\u00e9. \u00ab\u00a0Elle est tr\u00e8s souvent un motif d\u2019admission, souligne Jean-Yves Lardeur, chef des urgences adultes. D\u00e8s l\u2019accueil, elle est prise en compte par les infirmi\u00e8res. Tout d\u2019abord par une \u00e9valuation. Ici, \u00e9tant donn\u00e9 le d\u00e9bit d\u2019arriv\u00e9e des patients, nous n\u2019utilisons pas la r\u00e9glette visuelle (EVA), nous avons opt\u00e9 pour l\u2019\u00e9chelle verbale num\u00e9rique. Il sera demand\u00e9 \u00e0 la personne de quantifier, comme pour la r\u00e9glette EVA, sa douleur sur une \u00e9chelle de 1 \u00e0 10.\u00a0\u00bb 1 \u00e9tant \u00ab\u00a0pas de douleur\u00a0\u00bb et 10 \u00ab\u00a0une douleur insupportable\u00a0\u00bb. Pour les patients d\u00e9ments ou ayant du mal \u00e0 s\u2019exprimer, le service s\u2019appuie sur l\u2019\u00e9chelle comportementale Algoplus qui prend en compte certains crit\u00e8res\u00a0: les signes du visage, les cris, la fr\u00e9quence cardiaque&#8230; \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9valuation permet de trier les patients entre ceux qui doivent \u00eatre pris en urgence et ceux qui peuvent attendre. Mais quelle que soit la cat\u00e9gorisation, tous re\u00e7oivent d\u00e8s l\u2019accueil, selon des protocoles, une r\u00e9ponse \u00e0 leur douleur. Ce qui va du parac\u00e9tamol ou de la morphine \u00e0 prendre per os jusqu\u2019\u00e0 la perfusion ou l\u2019injection de morphine.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour l\u2019urgentiste, cette prise en compte imm\u00e9diate de la douleur, au-del\u00e0 du confort du malade, est essentielle pour la suite des soins. \u00ab\u00a0Le patient va moins nous solliciter et sera plus coop\u00e9ratif.\u00a0\u00bb Ensuite, il y a des pathologies qui vont n\u00e9cessiter des actes douloureux, l\u00e0 aussi le but est de limiter au maximum la douleur. \u00ab\u00a0On peut \u00eatre amen\u00e9 \u00e0 utiliser le MEOPA ou \u00e0 r\u00e9aliser une anesth\u00e9sie de courte dur\u00e9e quand il s\u2019agit par exemple de r\u00e9duire une luxation ou encore dans des cas tr\u00e8s particuliers demander aux anesth\u00e9sistes de faire des blocs nerveux.\u00a0\u00bb Et le service d\u2019urgence s\u2019efforce, par des prescriptions, de faire que la prise en charge de la douleur soit continue dans le service et \u00e0 la sortie des urgences.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/douleur_pedia.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"zoom filet alignright wp-image-7632\" src=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/douleur_pedia.jpg\" alt=\"urgences p\u00e9diatriques\" width=\"350\" height=\"263\" srcset=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/douleur_pedia.jpg 1200w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/douleur_pedia-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/douleur_pedia-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/douleur_pedia-130x98.jpg 130w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/douleur_pedia-550x413.jpg 550w\" sizes=\"(max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Au service des urgences p\u00e9diatriques, la prise en charge de la douleur prend une dimension encore plus grande\u00a0: \u00ab\u00a0Il est inacceptable de laisser souffrir un enfant, plaide le Dr Am\u00e9lie Boureau- Voultoury, chef des urgences p\u00e9diatriques. Le but est ici de chercher \u00e0 apaiser autant la douleur que l\u2019anxi\u00e9t\u00e9. Car celle-ci ne fait qu\u2019accro\u00eetre la sensation douloureuse.\u00a0\u00bb Comme aux urgences adultes, la douleur est prise en charge d\u00e8s l\u2019accueil apr\u00e8s \u00e9valuation. Le personnel dispose d\u2019un panel d\u2019\u00e9chelles en fonction de l\u2019\u00e2ge des malades. L\u2019EVA pour les plus grands et l\u2019Evendol pour les nourrissons. Ce dernier porte sur des indicateurs comportementaux, ou l\u2019\u00e9chelle des visages (visages souriants \u00e0 grima\u00e7ants). A partir de l\u00e0, les infirmi\u00e8res sont \u00e0 m\u00eame d\u2019apporter un premier traitement. \u00ab\u00a0Si besoin, elles peuvent administrer des m\u00e9dicaments de palier 2 apr\u00e8s accord m\u00e9dical. Le but est vraiment de traiter rapidement la douleur pour pouvoir approcher et communiquer avec l\u2019enfant. Il aura ainsi un autre v\u00e9cu de son passage dans nos murs.\u00a0\u00bb En pr\u00e9vision des soins, elles peuvent mettre en place des patchs anesth\u00e9siants cutan\u00e9s (ELMA). \u00ab\u00a0Ce qui facilite la pose de voies veineuses. Les enfants d\u00e9testent et craignent les piq\u00fbres. L\u2019objectif est que le jeune patient accepte plus facilement le soin.\u00a0\u00bb C\u2019est dans cette m\u00eame logique que le personnel des urgences a r\u00e9guli\u00e8rement recours au MEOPA pour effectuer les soins susceptibles d\u2019\u00eatre douloureux. L\u2019hypnose est aussi couramment employ\u00e9e sous toutes ses formes, narratives (voir encadr\u00e9 ci-dessous), de distraction, par le chant&#8230; \u00ab\u00a0 et \u00e7a fonctionne tr\u00e8s bien. Le gros avantage est qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019effets secondaires et \u00e7a am\u00e9liore la tol\u00e9rance pour certains actes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<h3>Hypnose : les enfants particuli\u00e8rement r\u00e9ceptifs<\/h3>\n<p>Trois questions \u00e0&#8230; B\u00e9atrice Geaugeais, pu\u00e9ricultrice aux urgences p\u00e9diatriques et hypnopraticienne form\u00e9e \u00e0 l\u2019Institut fran\u00e7ais d\u2019hypnose \u00e0 Paris. Elle est \u00e9galement r\u00e9f\u00e9rente douleur pour la p\u00e9diatrie.<\/p>\n<p><strong>Comment \u00eates-vous venue \u00e0 pratiquer l\u2019hypnose ?<\/strong><br \/>\nPu\u00e9ricultrice depuis 35 ans au CHU de Poitiers, la prise en charge de la douleur reste pour moi une priorit\u00e9 quel que soit le motif d\u2019hospitalisation. J\u2019ai obtenu un dipl\u00f4me universitaire sur la douleur en 2000 et ai accept\u00e9 \u00e0 l\u2019issue de ce DU les missions de co-pr\u00e9sidente du comit\u00e9 de lutte contre la douleur (CLUD) du CHU avec le Pr. Jean-Philippe Neau durant cinq ann\u00e9es.<br \/>\nJ\u2019ai d\u00e9couvert l\u2019hypno-analg\u00e9sie au cours d\u2019un congr\u00e8s p\u00e9diatrique sur la douleur de l\u2019enfant. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 form\u00e9e de 2006 \u00e0 2008 \u00e0 l\u2019IFH (Institut fran\u00e7ais d\u2019hypnose) avec deux coll\u00e8gues du secteur adulte. Nous sommes actuellement deux (infirmi\u00e8re et pu\u00e9ricultrice) \u00e0 \u00eatre hypnopraticiennes certifi\u00e9es au CHU. J\u2019ai pratiqu\u00e9 rapidement en p\u00e9diatrie g\u00e9n\u00e9rale et h\u00e9matologique notamment dans le cadre des soins douloureux ou de traumatismes et maladies g\u00e9n\u00e9rant de la douleur.<\/p>\n<p><strong>Sur quoi l\u2019hypnose agit-elle ?<\/strong><br \/>\nIl faut souligner tout d\u2019abord que l\u2019hypno-analg\u00e9sie que nous pratiquons, dite Ericksonienne, n\u2019a rien \u00e0 voir avec l\u2019hypnose de spectacle v\u00e9hicul\u00e9e par les m\u00e9dias. Son but est de favoriser un climat dissociatif, de laisser-aller, une forme de l\u00e2cher-prise avec la r\u00e9alit\u00e9 environnante. Pour arriver \u00e0 cet \u00e9tat de \u00abtranse\u00bb, il est important au pr\u00e9alable d\u2019avoir un \u00e9change avec le patient pour conna\u00eetre ses go\u00fbts, les endroits o\u00f9 il aime aller. Guid\u00e9 par la voix, avec un vocabulaire toujours positif et une intonation particuli\u00e8re, l\u2019objectif est de l\u2019emmener dans son imaginaire et ainsi le dissocier de la zone douloureuse \u00e0 soigner. Les enfants sont particuli\u00e8rement r\u00e9ceptifs \u00e0 l\u2019hypnose parce qu\u2019ils ont une imagination extr\u00eamement d\u00e9velopp\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Cette technique est-elle b\u00e9n\u00e9fique ?<\/strong><br \/>\nOui, elle l\u2019est pour le patient et son entourage car le soin est prodigu\u00e9 dans une ambiance plus calme, per\u00e7ue comme apaisante et laissant un v\u00e9cu plus positif pour chacun. Et pour le soignant, c\u2019est un vrai confort de soin. L\u2019hypnose ne remplace pas les m\u00e9dicaments, c\u2019est une technique compl\u00e9mentaire bienveillante. Par ce biais, la prescription de produits chimiques est r\u00e9duite ainsi que les effets secondaires ind\u00e9sirables.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Durant toute la dur\u00e9e du passage des jeunes patients aux urgences, r\u00e9guli\u00e8rement la douleur est r\u00e9\u00e9valu\u00e9e. \u00ab\u00a0L\u2019objectif est d\u2019\u00e9viter que la douleur s\u2019installe. C\u2019est tr\u00e8s chronophage, mais l\u2019exp\u00e9rience montre que l\u2019inverse fait perdre encore plus de temps\u00a0\u00bb, estime Am\u00e9lie Boureau-Voultoury.<\/p>\n<p><strong>L\u2019anesth\u00e9sie, un rempart contre la douleur<\/strong><br \/>\nPour une partie des patients qui passent aux urgences mais aussi pour les personnes hospitalis\u00e9es, quels que soient la raison et le service concern\u00e9, la douleur aigu\u00eb peut rester persistante tant que la cause n\u2019est pas trait\u00e9e. Ce qui implique, dans bien des cas, le recours \u00e0 la chirurgie. Pour faire face aux actes invasifs, qui induisent n\u00e9cessairement de la douleur, les anesth\u00e9sistes mettent en place des strat\u00e9gies pour bloquer la transmission de cette douleur.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les chirurgiens ont besoin, pour effectuer leurs actes, de rompre la barri\u00e8re qui nous sert de filet de s\u00e9curit\u00e9 vis-\u00e0-vis de l\u2019environnement, explique le docteur Louis Lacoste, anesth\u00e9siste. En anesth\u00e9sie, tr\u00e8s t\u00f4t nous avons eu \u00e0 disposition des produits pour inhiber cette douleur. Malheureusement, ces produits ont des effets ind\u00e9sirables, notamment de d\u00e9pression respiratoire. Il a donc fallu pallier cela.\u00a0\u00bb Diff\u00e9rentes strat\u00e9gies sont utilis\u00e9es\u00a0: anesth\u00e9sie locale, locor\u00e9gionale (bloc nerveux), anesth\u00e9sie m\u00e9dullaire (p\u00e9ridurale, rachianesth\u00e9sie) ou anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale, en fonction de la localisation, de l\u2019intensit\u00e9 douloureuse engendr\u00e9e et du rapport b\u00e9n\u00e9fices\/ risques pour le patient. Les associations de produits \u00ab\u00a0permettent de diminuer les effets ind\u00e9sirables de chacun d\u2019entre eux. Nous avons recours \u00e0 des anesth\u00e9siques locaux utilis\u00e9s par infiltration, par cath\u00e9ter, voies p\u00e9ri-nerveuses ou autour de la moelle \u00e9pini\u00e8re, ou encore par voie intraveineuse. En chirurgie usuelle, sous anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale, nous utilisons surtout des opiac\u00e9s intraveineux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le choix de la technique d\u2019anesth\u00e9sie est aussi li\u00e9 \u00e0 la connaissance du geste qui va \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 par le chirurgien. \u00ab\u00a0\u00a0Il y a une connivence avec ce dernier mais aussi une bonne connaissance des maladies trait\u00e9es dans le service auquel l\u2019anesth\u00e9siste est rattach\u00e9, poursuit le docteur Louis Lacoste. Si le m\u00e9tier est tr\u00e8s transversal, 80\u00a0% de l\u2019activit\u00e9 est r\u00e9alis\u00e9e au sein d\u2019une sp\u00e9cialit\u00e9. Apr\u00e8s un gros travail sur le dossier du patient celui-ci sera orient\u00e9 vers les moyens le mieux adapt\u00e9s \u00e0 sa situation.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En chirurgie orthop\u00e9dique par exemple, les anesth\u00e9sistes ont fr\u00e9quemment recours aux anesth\u00e9sies loco-r\u00e9gionales mais aussi, faisant partie d\u2019une des chirurgies les plus douloureuses, \u00e0 des techniques sp\u00e9cifiques\u00a0: \u00ab\u00a0Face \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9duire au maximum la douleur dans la zone d\u2019intervention notamment lors de la pose de proth\u00e8ses du genou ou pour la chirurgie du pied, nous utilisons un cath\u00e9ter p\u00e9ri-nerveux, explique le docteur Laurent Soubiron, anesth\u00e9siste rattach\u00e9 au service orthop\u00e9die. Celui-ci est plac\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 des nerfs \u00e0 l\u2019aide d\u2019un \u00e9chographe. Par ce biais, une pompe va instiller de fa\u00e7on continue du produit d\u2019anesth\u00e9sie.\u00a0\u00bb Dans la m\u00eame id\u00e9e, pour la chirurgie du rachis, les anesth\u00e9sistes utilisent des cath\u00e9ters cicatriciels. Le produit anesth\u00e9sique est directement appliqu\u00e9 dans la cicatrice afin de diminuer la douleur locale. Les int\u00e9r\u00eats de ces ciblages sont multiples\u00a0: diminution de la consommation des produits de d\u00e9riv\u00e9s morphiniques, r\u00e9duction de l\u2019incidence et de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la douleur, am\u00e9lioration du degr\u00e9 de confort et possibilit\u00e9 d\u2019une r\u00e9\u00e9ducation plus pr\u00e9coce.<\/p>\n<p>En outre, sur certaines op\u00e9rations particuli\u00e8rement douloureuses telles que celle de l\u2019\u00e9paule, les anesth\u00e9sistes emploient, en plus de l\u2019anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale, des anesth\u00e9siques loco-r\u00e9gionaux de longue dur\u00e9e. \u00ab\u00a0Le but est de pr\u00e9venir les douleurs sur les premi\u00e8res heures post-op\u00e9ratoires. Plus on s\u2019\u00e9loigne de l\u2019op\u00e9ration, moins la douleur est vive, ce qui permet l\u00e0 aussi de dispenser une moindre quantit\u00e9 de traitements morphiniques.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Des enjeux m\u00e9dico-\u00e9conomiques<\/strong><br \/>\nD\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, \u00e0 chaque intervention chirurgicale, l\u2019anesth\u00e9siste anticipe le r\u00e9veil du patient. Des associations d\u2019analg\u00e9siques vont \u00eatre administr\u00e9es de mani\u00e8re concomitante avec des agents qui \u00e9vitent certains effets secondaires, tels que les vomissements. L\u2019objectif est qu\u2019\u00e0 la phase du r\u00e9veil, il n\u2019y ait plus qu\u2019\u00e0 adapter l\u2019analg\u00e9sie.<\/p>\n<p>Cette op\u00e9ration est g\u00e9r\u00e9e par la salle de r\u00e9veil, qui est aussi un maillon essentiel dans la prise en charge de la douleur. \u00ab\u00a0L\u2019absence de douleur fait partie des crit\u00e8res principaux de sortie de la salle de r\u00e9veil, pr\u00e9cise le docteur Jean-Mathias Charri\u00e8re, anesth\u00e9siste-r\u00e9animateur en salle de r\u00e9veil. Tant que la douleur est sup\u00e9rieure \u00e0 3 sur l\u2019\u00e9chelle de 10, les patients restent ici.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>D\u00e8s le r\u00e9veil du patient, une \u00e9valuation de la douleur est r\u00e9alis\u00e9e. En fonction de son ressenti et de l\u2019intervention r\u00e9alis\u00e9e, le protocole de prise en charge de la douleur est adapt\u00e9 de fa\u00e7on \u00e0 ce que le patient n\u2019ait plus mal. Le service dispose d\u2019un arsenal complet qui va des antalgiques de palier 1 (parac\u00e9tamol) jusqu\u2019aux antalgiques de palier 3 (morphiniques) en passant par les anti-inflammatoires, les antihyperpalg\u00e9siques type k\u00e9tamine et les techniques d\u2019analg\u00e9sie locor\u00e9gionale comme les p\u00e9ridurales analg\u00e9siques et les blocs tronculaires. \u00ab\u00a0Si n\u00e9cessaire, on fait une escalade de traitement. Et quand une douleur est inattendue, nous devons en rechercher la cause qui peut parfois \u00eatre la survenue d\u2019une complication pr\u00e9coce.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Lorsque les patients quittent la salle de r\u00e9veil, une prescription d\u2019un traitement analg\u00e9sique est effectu\u00e9e. Quand c\u2019est n\u00e9cessaire une PCA est utilis\u00e9e. \u00ab\u00a0Et, il arrive parfois que des patients recommencent \u00e0 avoir mal, avec des douleurs non contr\u00f4l\u00e9es. Ils reviennent alors en salle de r\u00e9veil pour que nous adaptions le traitement antalgique\u00a0\u00bb, souligne le docteur Jean-Mathias Charri\u00e8re.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re cette prise en charge de la douleur aigu\u00eb, les enjeux sont \u00e0 la fois m\u00e9dicaux et \u00e9conomiques. Un traitement de la douleur efficace permet une meilleure r\u00e9\u00e9ducation, une remise sur pied plus rapide et une diminution des complications. \u00ab\u00a0Si l\u2019on devait mettre en parall\u00e8le le co\u00fbt des produits utilis\u00e9s contre la douleur, qui ne sont d\u2019ailleurs pas excessifs, \u00e0 ceux qui seraient engendr\u00e9s si le traitement n\u2019\u00e9tait pas fait de mani\u00e8re efficace, on se rendrait compte qu\u2019il y a un vrai gain pour la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise le docteur Louis Lacoste.<\/p>\n<p>Les recherches men\u00e9es en anesth\u00e9sie vont dans ce sens. \u00ab\u00a0Des associations nouvelles ou des modalit\u00e9s plus cibl\u00e9es favorisent l\u2019efficacit\u00e9 et une meilleure r\u00e9cup\u00e9ration des patients avec moins d\u2019effets secondaires, poursuit celui-ci. Par exemple, actuellement, nous testons en chirurgie visc\u00e9rale un anesth\u00e9sique local \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du p\u00e9ritoine dont la diffusion se fait par a\u00e9rosol plut\u00f4t qu\u2019au goutte-\u00e0-goutte. Ce qui permet une meilleure administration.\u00a0\u00bb En outre, les techniques chirurgicales, avec notamment le d\u00e9veloppement de la coelioscopie, sont moins invasives donc moins douloureuses, induisant moins forts et \u00e0 plus faible dose.<\/p>\n<p>Cette prise en charge de la douleur a aussi une position strat\u00e9gique\u00a0: \u00ab\u00a0La prise en compte de la douleur s\u2019inscrit dans une logique d\u2019accr\u00e9ditation, de nombreux contr\u00f4les sont bas\u00e9s sur cet \u00e9l\u00e9ment, note le Dr Jean-Yves Lardeur. Si les r\u00e9sultats sont bons, cela souligne que le service n\u2019est pas si mal organis\u00e9.\u00a0\u00bb Par rapport \u00e0 cette notion d\u2019accr\u00e9ditation, qui induit ensuite des classements nationaux des \u00e9tablissements hospitaliers, Herv\u00e9 Lanquetot apporte toutefois un b\u00e9mol\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9valuation se fait sur des marqueurs assez grossiers, comme la surveillance de la douleur. Ce n\u2019est pas parce que cette douleur est trac\u00e9e et relev\u00e9e qu\u2019elle est correctement prise en compte. Ce n\u2019est qu\u2019une tra\u00e7abilit\u00e9 quantitative.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Douleur chronique\u00a0: le d\u00e9fi de la pluridisciplinarit\u00e9<\/strong><br \/>\nParfois la douleur s\u2019installe dans la dur\u00e9e, elle devient alors chronique. Ses origines sont diverses\u00a0: migraine, lombalgie, douleurs rhumatologiques, neurologiques ou li\u00e9es \u00e0 certaines maladies notamment le cancer. Les raisons de cette chronicit\u00e9 sont aussi multiples\u00a0: un traitement non adapt\u00e9 au m\u00e9canisme de la douleur, un traitement grev\u00e9 d\u2019effets secondaires qui en limitent l\u2019utilisation et l\u2019augmentation des doses, une douleur r\u00e9fractaire non accessible \u00e0 un traitement chirurgical&#8230; Pour y r\u00e9pondre, le CHU dispose, depuis 1989, d\u2019un Centre d\u2019\u00e9tude et de traitement de la douleur qui r\u00e9pond \u00e0 une labellisation nationale. \u00ab\u00a0En 26 ans, nous avons acquis une tr\u00e8s bonne expertise dans ce domaine, souligne le docteur Bakari Diallo, responsable du centre. En offrant une approche diversifi\u00e9e et compl\u00e9mentaire, le centre s\u2019efforce de soulager la douleur des patients et d\u2019am\u00e9liorer leur qualit\u00e9 de vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019approche multidisciplinaire est primordiale car doivent \u00eatre prises en compte certes la pathologie organique mais aussi les difficult\u00e9s li\u00e9es aux probl\u00e8mes psychologiques et comportementaux du patient et \u00e0 l\u2019alt\u00e9ration de ses relations avec son environnement. \u00ab\u00a0Une douleur chronique peut entra\u00eener par son \u00e9volution une d\u00e9pression. Toute la difficult\u00e9 est de savoir si la d\u00e9pression majore la douleur ou si c\u2019est la douleur qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019\u00e9tat d\u00e9pressif.\u00a0\u00bb Ce qui passe par une \u00e9coute attentive car chaque cas est particulier. Cette \u00e9coute permet de d\u00e9finir la prise en charge la mieux adapt\u00e9e. Le centre dispose pour ce faire d\u2019un arsenal tr\u00e8s large. Il y a tout d\u2019abord les antalgiques simples, les protocoles k\u00e9tamine ou encore les perfusions de tricycliques. Si la douleur est de nature neurog\u00e8ne, les m\u00e9decins du centre ont recours aux antid\u00e9presseurs ou au anti\u00e9pileptiques. Le centre peut aussi proposer, lorsqu\u2019il s\u2019agit de douleurs li\u00e9es \u00e0 une fibromyalgie ou \u00e0 une migraine, une technique que peu de CHU en France proposent\u00a0: la stimulation magn\u00e9tique transcranienne (voir encadr\u00e9 ci-contre). Lorsque ces diff\u00e9rents traitements n\u2019apportent pas une r\u00e9ponse suffisante, les m\u00e9decins peuvent envisager des gestes sp\u00e9cifiques qui font appel \u00e0 des techniques d\u2019anesth\u00e9sie\u00a0: p\u00e9ridurale antalgique, infiltration rhumatologique, bloc stellaire ou recours \u00e0 la neurochirurgie de la douleur.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<h3>La stimulation magn\u00e9tique transcr\u00e2nienne : le CHU de Poitiers \u00e0 la pointe<\/h3>\n<p>Les \u00ab tacs \u00bb puissants et r\u00e9guliers du stimulateur percent le silence de la salle de consultation au niveau &#8211; 2 de la tour Jean-Bernard du CHU. Sur le fauteuil inclinable de la machine, Sophie V. qui souffre de fibromyalgie depuis plusieurs ann\u00e9es. Apr\u00e8s avoir essay\u00e9 plusieurs traitements pour la soulager sans succ\u00e8s, le centre r\u00e9gional d\u2019\u00e9tude et de traitement de la douleur lui a pr\u00e9conis\u00e9 des s\u00e9ances de stimulation magn\u00e9tique trans-cr\u00e2nienne.<\/p>\n<p>Poitiers, qui propose ce recours depuis 2012, est le seul \u00e9tablissement de la grande r\u00e9gion Ouest \u00e0 mettre en oeuvre cette technique. \u00ab Le plus proche est \u00e0 Nantes, pr\u00e9cise le Dr Lorraine Misbert du centre antidouleur. A l\u2019origine, cet appareil \u00e9tait utilis\u00e9 par la neurologie et la psychiatrie pour le traitement des troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ou encore la d\u00e9pression, ou certains troubles psychotiques, mais des \u00e9tudes ont montr\u00e9 qu\u2019appliqu\u00e9 sur des zones sp\u00e9cifiques, il pouvait avoir de tr\u00e8s bons r\u00e9sultats pour le traitement des douleurs chroniques des fibromyalgies, des migraines et de certaines douleurs neuropathiques. \u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_7633\" aria-describedby=\"caption-attachment-7633\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/stimulation_trans_cran.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"zoom filet wp-image-7633\" src=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/stimulation_trans_cran.jpg\" alt=\"Stimulation magn\u00e9tique  trans-cr\u00e2nienne.\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/stimulation_trans_cran.jpg 1200w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/stimulation_trans_cran-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/stimulation_trans_cran-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/stimulation_trans_cran-130x87.jpg 130w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/stimulation_trans_cran-550x367.jpg 550w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-7633\" class=\"wp-caption-text\">Stimulation magn\u00e9tique trans-cr\u00e2nienne.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Son principe : le SMT consiste \u00e0 appliquer, par le biais d\u2019une bobine aimant\u00e9e positionn\u00e9e sur le cuir chevelu, une s\u00e9rie d\u2019impulsions magn\u00e9tiques afin d\u2019activer les circuits neuronaux et diminuer les sympt\u00f4mes de la maladie. Les impulsions, non douloureuses pour le patient, qui ne durent que quelques secondes, sont r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re durant la s\u00e9ance qui s\u2019\u00e9tale sur vingt minutes. Au pr\u00e9alable, le docteur Misbert a rep\u00e9r\u00e9 la zone o\u00f9 positionner la bobine. \u00ab On sait que pour la fibromyalgie, la partie du cerveau qui doit \u00eatre stimul\u00e9e se trouve au niveau de la zone frontale gauche du cortex moteur. Pour m\u2019assurer que je suis bien sur l\u2019aire motrice, j\u2019applique une stimulation un peu plus forte qui doit faire r\u00e9agir la main. \u00bb<\/p>\n<p>Ce traitement peut \u00eatre pr\u00e9conis\u00e9 lorsque les techniques classiques n\u2019apportent pas de r\u00e9sultats satisfaisants au traitement de la douleur ou lorsque les patients ne supportent plus les effets secondaires des m\u00e9dicaments.<\/p>\n<p>Pour arriver aux r\u00e9sultats escompt\u00e9s, le protocole s\u2019inscrit dans la dur\u00e9e et de fa\u00e7on r\u00e9p\u00e9t\u00e9e. Dans la majorit\u00e9 des cas, lorsque la s\u00e9lection des candidats est bien fa\u00eete, les r\u00e9sultats sont tr\u00e8s satisfaisants. \u00ab Nombreux patients, que je suis depuis le d\u00e9but, ont retrouv\u00e9 une tr\u00e8s bonne qualit\u00e9 de vie en ayant diminu\u00e9 voire arr\u00eat\u00e9 leurs traitements. \u00bb Depuis 2012, 140 patients ont eu recours \u00e0 une SMT.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>\u00ab\u00a0A chaque fois, il faut essayer de proposer aux malades le traitement qui entra\u00eenera le moins d\u2019effets secondaires.\u00a0\u00bb Dans cette optique, le centre propose \u00e9galement des th\u00e9rapies alternatives compl\u00e9mentaires\u00a0: l\u2019hom\u00e9opathie, l\u2019acunpuncture (voir encadr\u00e9 ci-dessous), la sophrologie ou encore l\u2019hypnose. \u00ab\u00a0Elles sont une bonne r\u00e9ponse pour des patients qui sont r\u00e9fractaires \u00e0 toute prise de m\u00e9dicaments ou pour ceux qui sont intol\u00e9rants \u00e0 certains traitements.\u00a0\u00bb<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<h3>Acupuncture, une alternative compl\u00e9mentaire<\/h3>\n<figure id=\"attachment_7631\" aria-describedby=\"caption-attachment-7631\" style=\"width: 250px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/acupuncture.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"zoom filet wp-image-7631\" src=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/acupuncture.jpg\" alt=\"acupuncture\" width=\"250\" height=\"167\" srcset=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/acupuncture.jpg 1200w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/acupuncture-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/acupuncture-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/acupuncture-130x87.jpg 130w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/acupuncture-550x367.jpg 550w\" sizes=\"(max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-7631\" class=\"wp-caption-text\">Acupuncture<\/figcaption><\/figure>\n<p>En 2011, la m\u00e9decine chinoise a fait son entr\u00e9e au CHU. Il est un des rares centres du traitement de la douleur en France \u00e0 proposer cette alternative au traitement de la douleur. Elle est appliqu\u00e9e pour les fibromyalgies, les migraines, les maux de dos ou encore les sciatiques. Deux m\u00e9decins pratiquent cette technique, le Dr Marie-Alyette Costa Fournel et le Dr Jean Bouchet.<\/p>\n<p>Deux sortes d\u2019acupuncture sont mises en oeuvre, celle traditionnelle et celle scientifique. La premi\u00e8re consiste \u00e0 harmoniser l\u2019\u00e9nergie qui circule dans les douze m\u00e9ridiens du corps. \u00abLorsqu\u2019il y a une pathologie, il y a un blocage de l\u2019\u00e9nergie dans l\u2019organisme, explique le Dr Jean Bouchet. L\u2019acupuncture peut r\u00e9ellement apporter une r\u00e9ponse \u00e0 la douleur car elle est \u00e0 la fois antidouleur et anti-inflammatoire. \u00bb La seconde, plus facilement accept\u00e9e par le corps m\u00e9dical, car elle a fait la preuve scientifique de son efficacit\u00e9, d\u2019o\u00f9 son nom, \u00abconsiste \u00e0 stimuler des neuro-transmeteurs qui lib\u00e8rent une cat\u00e9gorie d\u2019endorphine ayant pour effet de court-circuiter les messages de douleurs issus des structures bless\u00e9es ou enflamm\u00e9es \u00bb. En fonction des patients et de l\u2019indication, les deux techniques peuvent \u00eatre associ\u00e9es. Le docteur Bouchet peut \u00e9galement compl\u00e9ter le traitement par de l\u2019hom\u00e9opathie. \u00abL\u2019acupuncture, qui n\u2019a aucune contre-indication, constitue un vrai recours pour les patients qui ne supportent plus la m\u00e9dication.\u00bb<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Tous les quinze jours, une r\u00e9union pluridisciplinaire est organis\u00e9e avec tous les sp\u00e9cialistes du centre pour discuter des dossiers les plus difficiles. \u00ab\u00a0Nous d\u00e9cidons du meilleur choix du traitement en fonction de ce que l\u2019on croit le mieux pour le patient, mais aussi en tenant compte de sa demande et de sa sensibilit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Le recours \u00e0 la neurochirurgie<\/strong><br \/>\nEt quand la douleur chronique ne r\u00e9pond \u00e0 aucun des traitements propos\u00e9s par le centre d\u2019\u00e9tude et de traitement de la douleur et que le patient est r\u00e9fractaire \u00e0 tout, en dernier recours, la r\u00e9ponse peut alors venir de la mise en oeuvre de techniques invasives neurochirurgicales r\u00e9alis\u00e9es par l\u2019unit\u00e9 rachis-neurostimulation en collaboration avec le centre anti-douleur. \u00ab\u00a0Dans le cadre de consultations pluridisciplinaires r\u00e9gionales (deux sont propos\u00e9es par mois au CHU, une \u00e0 Niort, une \u00e0 La Rochelle et depuis peu, une \u00e0 Angoul\u00eame) o\u00f9 sont r\u00e9unis au moins un neurochirurgien, un algologue du centre antidouleur, un psychiatre, nous \u00e9tudions chaque cas et d\u00e9cidons de la meilleure technique \u00e0 appliquer en fonction des douleurs\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise le professeur Philippe Rigoard, neurochirurgien co-responsable de l\u2019unit\u00e9 rachis. Elles sont au nombre de quatre.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re est la stimulation m\u00e9dullaire. Elle s\u2019adresse dans 85 % des cas aux patients qui ont \u00e9t\u00e9 multi-op\u00e9r\u00e9s du dos. \u00ab\u00a0Des \u00e9lectrodes sont d\u00e9pos\u00e9es dans le canal rachidien au-dessus de l\u2019endroit o\u00f9 le patient a subi ses op\u00e9rations de la colonne. Le but est de court-circuiter le message de la douleur.\u00a0\u00bb Le CHU de Poitiers en est d\u2019ailleurs leader en France.<\/p>\n<p>Pour ceux ayant des douleurs lombaires tr\u00e8s pr\u00e9cises, la stimulation nerveuse p\u00e9riph\u00e9rique sous-cutan\u00e9e peut parfois constituer une bonne alternative. Elle consiste \u00e0 implanter les \u00e9lectrodes directement sous la peau, en regard de la zone la plus douloureuse. \u00ab\u00a0La technique consiste \u00e0 implanter une \u00e9lectrode de stimulation \u00e0 la surface de la moelle \u00e9pini\u00e8re qui va cr\u00e9er un filtre et ainsi masquer l\u2019int\u00e9gration et l\u2019expression du message douloureux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Autre technique possible mais de diffusion plus limit\u00e9e\u00a0: la stimulation corticale. Elle reste r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 des indications tr\u00e8s pr\u00e9cises comme l\u2019arrachement du plexus brachial, les douleurs du membre fant\u00f4me, celles du trijumeau (douleur de la face) ou encore celles de l\u2019h\u00e9micorps apr\u00e8s un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral. Son principe\u00a0: \u00ab\u00a0Apr\u00e8s avoir ouvert la boite cr\u00e2nienne, nous implantons des \u00e9lectrodes \u00e0 la surface du cerveau pour stimuler au plus pr\u00e8s le cortex, int\u00e9grateur final du message douloureux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et enfin la quatri\u00e8me technique porte sur la diffusion de mol\u00e9cules antalgiques directement au contact du syst\u00e8me nerveux. Il s\u2019agit de la th\u00e9rapie intrath\u00e9cale. Elabor\u00e9e en premier lieu pour les patients souffrant de spasticit\u00e9 (contractions g\u00eanantes des muscles chez les h\u00e9mipl\u00e9giques et parapl\u00e9giques), elle est aujourd\u2019hui appliqu\u00e9e, avec l\u2019utilisation de la morphine, d\u2019agents anesth\u00e9siants ou de mol\u00e9cules sp\u00e9cifiques, aux douleurs chroniques rebelles, en particulier canc\u00e9reuses. \u00ab\u00a0Une pompe est implant\u00e9e sous la peau et permet par le biais d\u2019un cath\u00e9ter d\u2019administrer un produit antalgique, type morphine, directement dans la zone qui entoure la moelle \u00e9pini\u00e8re, l\u2019espace intrath\u00e9cal.\u00a0\u00bb Pour la mettre en oeuvre au sein du CHU, une r\u00e9union de consultation pluridisciplinaire r\u00e9serv\u00e9e aux indications potentielles de th\u00e9rapie intrath\u00e9cale a d\u00e9but\u00e9 il y a huit mois. \u00ab\u00a0Cette technique permet d\u2019offrir un soulagement significatif de la douleur avec des doses de m\u00e9dicaments largement inf\u00e9rieures \u00e0 celles qui seraient n\u00e9cessaires avec des comprim\u00e9s, et du m\u00eame coup de minimiser les effets secondaires. L\u2019objectif est de permettre \u00e0 ces personnes de retrouver une qualit\u00e9 de vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_7634\" aria-describedby=\"caption-attachment-7634\" style=\"width: 250px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/pompe_intrathecale.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"zoom filet wp-image-7634\" src=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/pompe_intrathecale.jpg\" alt=\"Remplissage d\u2019une pompe intrath\u00e9cale.\" width=\"250\" height=\"167\" srcset=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/pompe_intrathecale.jpg 1200w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/pompe_intrathecale-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/pompe_intrathecale-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/pompe_intrathecale-130x87.jpg 130w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/pompe_intrathecale-550x367.jpg 550w\" sizes=\"(max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-7634\" class=\"wp-caption-text\">Remplissage d\u2019une pompe intrath\u00e9cale.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Et ce principe peut s\u2019appliquer \u00e0 toute douleur chronique r\u00e9fractaire, quelle que soit la m\u00e9thode utilis\u00e9e. Il faut bien comprendre que la finalit\u00e9 de ces techniques n\u2019est pas de d\u00e9barrasser ces patients en bout de course de toute douleur mais plut\u00f4t de faire en sorte qu\u2019ils retrouvent une vie d\u00e9cente. \u00ab\u00a0Dans 80 % des cas les r\u00e9sultats sont significatifs, un quart des patients peuvent arr\u00eater tout traitement \u00e0 l\u2019issue de cette prise en charge. Sur les 500 patients \u00e9valu\u00e9s chaque ann\u00e9e dans le cadre de ces consultations pour des douleurs rebelles, 100 ont pu b\u00e9n\u00e9ficier l\u2019an dernier d\u2019une de ces quatre m\u00e9thodes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Deux services du CHU sont aussi particuli\u00e8rement confront\u00e9s \u00e0 la douleur chronique, les soins palliatifs et l\u2019oncologie m\u00e9dicale. Pour le premier, le traitement de la douleur constitue une pr\u00e9occupation quotidienne. \u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas un patient qui ne soit pas \u00e9quip\u00e9 d\u2019une PCA, note Catherine Boisseau, cadre de sant\u00e9. La douleur est \u00e9valu\u00e9e nuit et jour. Notre objectif vis-\u00e0-vis du patient est la qualit\u00e9 de son confort et l\u2019absence de douleur. Ce qui impose beaucoup d\u2019anticipation sur la douleur dans tous les soins qui sont prodigu\u00e9s. Tous les soignants sont form\u00e9s \u00e0 l\u2019utilisation du MEOPA et de l\u2019hypnose et nous travaillons beaucoup sur la dimension psychique de la douleur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En oncologie, la d\u00e9marche est sensiblement la m\u00eame. \u00ab\u00a0D\u2019ailleurs, nous faisons r\u00e9guli\u00e8rement appel aux \u00e9quipes de soins palliatifs pour avoir un avis ou proposer une prise en charge par hypnose pour nos patients\u00a0\u00bb, souligne le Dr Laurence Bahuet du service d\u2019oncologie m\u00e9dicale. Ici aussi la dimension psychologique est particuli\u00e8rement prise en compte\u00a0: \u00ab\u00a0Nos patients souffrent de douleurs li\u00e9es \u00e0 leur cancer, de nature neurog\u00e8ne ou par exc\u00e8s de nociception, mais \u00e9galement li\u00e9es \u00e0 une souffrance psychologique. Le traitement porte alors sur une approche globale. M\u00e9dicamenteuse bien \u00e9videmment mais aussi par des soins de support prodigu\u00e9s par des kin\u00e9sith\u00e9rapeutes, par l\u2019assistante sociale, la psychologue, la di\u00e9t\u00e9ticienne ou encore la socio-esth\u00e9ticienne. L\u2019auto-hypnose est aussi un bon moyen pour certains patients d\u2019avoir une action contre leur maladie.\u00a0\u00bb Le but\u00a0: \u00e9viter la spirale infernale li\u00e9e \u00e0 la douleur. \u00ab\u00a0Un patient qui a mal mangera moins. Etant d\u00e9nutri, on ne pourra pas faire les traitements de chimioth\u00e9rapie, il aura une alt\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale de son \u00e9tat, il va se replier sur lui, il se coupera de ses proches, etc.\u00a0\u00bb L\u2019inverse est aussi vrai. \u00ab\u00a0Nous avons vu des personnes entrer chez nous dans une optique de fin de vie. Le fait d\u2019avoir pris en compte et trait\u00e9 leurs douleurs leur a redonn\u00e9 l\u2019\u00e9nergie suffisante pour retourner chez elles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Au final, quels que soient le service et les moyens employ\u00e9s, la philosophie g\u00e9n\u00e9rale de ce combat quotidien est la m\u00eame\u00a0: soulager la douleur du patient pour mieux respecter sa dignit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La prise en compte de la douleur, qu\u2019elle soit chronique ou aigu\u00eb, est partie int\u00e9grante des soins au CHU. 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