{"id":23794,"date":"2016-03-30T11:47:21","date_gmt":"2016-03-30T09:47:21","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/chu-poitiers\/grossesse-repondre-a-toutes-les-attentes\/"},"modified":"2016-03-30T11:47:21","modified_gmt":"2016-03-30T09:47:21","slug":"grossesse-repondre-a-toutes-les-attentes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/en\/grossesse-repondre-a-toutes-les-attentes\/","title":{"rendered":"Grossesse : r\u00e9pondre \u00e0 toutes les attentes"},"content":{"rendered":"<p>Au premier et deuxi\u00e8me \u00e9tage de la tour Jean- Bernard, une petite r\u00e9volution est en marche avec la restructuration compl\u00e8te de la maternit\u00e9. Finis, les couloirs de couleur jaune pass\u00e9, bruyants, \u00e0 la peinture \u00e9caill\u00e9e, les chambres aux \u00e9quipements vieillissants&#8230; Elle offre depuis septembre, notamment au deuxi\u00e8me niveau, premi\u00e8re phase de cette modernisation, un tout autre visage. \u00abCe n\u2019\u00e9tait pas du luxe, les derniers travaux avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s en 1991, la structure ne correspondait plus du tout aux attentes des patientes\u00bb, pr\u00e9cise Ghislaine Marcault, cadre sup\u00e9rieur de sant\u00e9 du p\u00f4le femme-m\u00e8re-enfant.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9novation a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e pour privil\u00e9gier le confort des mamans et des enfants : des chambres individuelles plus grandes redonnant toute la place au conjoint, des teintes plus chaudes et contemporaines aux murs, des sols imitation parquet, des sanitaires plus spacieux avec une douche \u00e0 l\u2019italienne, le mat\u00e9riel m\u00e9dical plus discret int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de lit, des lumi\u00e8res r\u00e9glables en intensit\u00e9&#8230; \u00abLe souhait est que les couples se sentent comme \u00e0 la maison.\u00bb Un important travail a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 men\u00e9 sur l\u2019acoustique. \u00abLes mamans n\u2019entendent plus les autres enfants pleurer et les bruits du couloir. Ce qui favorise le repos et une meilleure r\u00e9cup\u00e9ration. \u00bb<\/p>\n<p>En termes de service, plusieurs prestations ont \u00e9t\u00e9 repens\u00e9es. Les mamans b\u00e9n\u00e9ficient d\u00e9sormais d\u2019un petit-d\u00e9jeuner sous forme de buffet qu\u2019elles prennent soit dans leur chambre soit dans un espace restauration d\u2019\u00e9change et de convivialit\u00e9 qui jusqu\u2019ici n\u2019existait pas. L\u2019unit\u00e9 comprend \u00e9galement une salle de pr\u00e9-travail, dite espace \u00abzen\u00bb. Am\u00e9nag\u00e9 avec une grande baignoire et \u00e9quip\u00e9 de luminoth\u00e9rapie et de musicoth\u00e9rapie, ce lieu permet aux futures mamans de se d\u00e9tendre, de se relaxer et de mieux g\u00e9rer la douleur.<\/p>\n<p>Mieux \u00e9quip\u00e9e, plus agr\u00e9able et plus ergonomique, l\u2019unit\u00e9 apporte aussi pour le personnel un confort de travail ind\u00e9niable. Les travaux de la deuxi\u00e8me aile, qui comptera \u00e9galement 19 chambres, viennent de d\u00e9buter et devraient \u00eatre livr\u00e9s en juin 2016.<\/p>\n<p>Conforter l\u2019engagement autour des grossesses physiologiques<br \/>\nMais avant que les femmes ne poussent la porte de cette maternit\u00e9 nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, elles trouvent au CHU une structure qui peut les accompagner durant toute leur grossesse.<\/p>\n<p>Connu pour son r\u00f4le de maternit\u00e9 de niveau 3 \u2013 caract\u00e9ris\u00e9e par ses unit\u00e9s de r\u00e9animation n\u00e9onatale et p\u00e9diatrique, de diagnostic ant\u00e9natal et de r\u00e9animation adulte qui lui permette d\u2019assurer la prise en charge des grossesses \u00e0 haut risque, des tr\u00e8s grands pr\u00e9matur\u00e9s et des pathologies graves (voir encadr\u00e9 \u00abLes trois niveaux de maternit\u00e9\u00bb) \u2013 le CHU s\u2019affirme aussi comme une maternit\u00e9 de proximit\u00e9 qui prend en charge les grossesses physiologiques, c\u2019est-\u00e0-dire celles qui se d\u00e9roulent normalement. Une fonction qu\u2019il souhaite d\u2019autant plus conforter par ces nouveaux am\u00e9nagements.<\/p>\n<p>C\u2019est ce que le CHU vient d\u2019engager suite \u00e0 un changement de pratiques en mati\u00e8re d\u2019accompagnement des patientes. D\u00e9sormais, il offre la possibilit\u00e9 aux futures m\u00e8res d\u2019\u00eatre suivies d\u00e8s leur d\u00e9but de grossesse et non plus \u00e0 partir de la 34e semaine comme c\u2019\u00e9tait le cas auparavant. \u00abCe qui permet de proposer une continuit\u00e9 dans le suivi tout au long de la grossesse\u00bb, pr\u00e9cise le professeur Fabrice Pierre, chef du p\u00f4le femme-m\u00e8re-enfant. Et celui-ci est complet : consultation pr\u00e9 et postnatales, les \u00e9chographies (voir encadr\u00e9 : \u00abR\u00e9unions d\u2019informations sur les enjeux de l\u2019\u00e9chographie du 1er trimestre\u00bb, page suivante), les s\u00e9ances de pr\u00e9paration \u00e0 la naissance&#8230; \u00abCes diff\u00e9rents examens permettent de rep\u00e9rer les situations de pathologies foetales av\u00e9r\u00e9es ou sous-jacentes et les pathologies maternelles afin de proposer des modalit\u00e9s de surveillance ou d\u2019intervention adapt\u00e9es, si besoin.\u00bb<\/p>\n<p>Cette approche physiologique s\u2019exprime aussi clairement avec l\u2019ouverture, en 2012, de la salle nature (voir encadr\u00e9 \u00abSalle nature : le choix d\u2019accoucher autrement\u00bb, page 19) \u00e0 mi-chemin entre les salles m\u00e9dicalis\u00e9es et l\u2019accouchement \u00e0 domicile. \u00abCe qui correspond \u00e0 la demande actuelle des patientes pour une moindre m\u00e9dicalisation de l\u2019accouchement avec toutes les garanties de s\u00e9curit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Le r\u00e9am\u00e9nagement de la maternit\u00e9 ne s\u2019est pas arr\u00eat\u00e9 \u00e0 la d\u00e9coration des locaux. Un important travail a \u00e9t\u00e9 men\u00e9 avec l\u2019\u00e9quipe des sagesfemmes sur l\u2019accessibilit\u00e9 des rendez-vous. Tout d\u2019abord par la mise en place d\u2019un num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone d\u00e9di\u00e9, le 05 49 44 32 44, mais aussi et surtout par une augmentation des amplitudes de travail. \u00abLe but est de proposer aux couples un nombre de cr\u00e9neaux de rendez-vous plus nombreux mais aussi et surtout plus tard le soir et le samedi matin, aussi bien pour les consultations classiques que les \u00e9chographies, afin de permettre aux conjoints ou aux accompagnants d\u2019\u00eatre pr\u00e9sents\u00bb, poursuit Ghislaine Marcault. Avec cette organisation, le CHU, qui s\u2019inscrit dans le cadre d\u2019un r\u00e9seau de sant\u00e9 p\u00e9rinatal, offre ainsi la libert\u00e9 aux couples d\u2019organiser leur suivi de grossesse comme ils le souhaitent. \u00abNous pouvons effectivement \u00eatre une structure r\u00e9f\u00e9rente \u00e0 des moments variables de la grossesse d\u2019une femme. Certaines recherchent l\u2019environnement de s\u00e9curit\u00e9 d\u2019une maternit\u00e9 de type 3 qu\u2019offre le CHU\u00bb, note Fabrice Pierre.<\/p>\n<p>Un r\u00f4le de proximit\u00e9 que le CHU assume aussi pleinement dans la collaboration avec l\u2019h\u00f4pital de Montmorillon. En faisant intervenir des m\u00e9decins de gyn\u00e9cologie-obst\u00e9trique du CHU au sein de cette structure, il permet \u00e0 la population locale de b\u00e9n\u00e9ficier de consultation, de suivi de grossesse, gyn\u00e9cologique, \u00e9chographique, de planification familiale&#8230; que le territoire n\u2019offre pas par une absence de professionnels dans ce domaine. \u00abC\u2019est un r\u00e9el service rendu aux habitants.\u00bb<\/p>\n<p>AMP : un recours dans un projet de grossesse<br \/>\nPour certains couples, le parcours au sein de l\u2019\u00e9tablissement commence bien en amont du suivi de grossesse. En effet, confront\u00e9s \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de donner naturellement la vie, ils doivent avoir recours au centre d\u2019assistance m\u00e9dicale \u00e0 la procr\u00e9ation du CHU.<\/p>\n<p>Un couple est consid\u00e9r\u00e9 comme infertile s\u2019il n\u2019a pas pu concevoir d\u2019enfant apr\u00e8s 12 \u00e0 24 mois de tentatives. Apr\u00e8s un an de tentatives sans contraception, 18 % \u00e0 24 % des couples restent sans enfant, selon l\u2019enqu\u00eate nationale p\u00e9rinatale et l\u2019Observatoire \u00e9pid\u00e9miologique de la fertilit\u00e9 en France. Apr\u00e8s deux ans, les couples toujours en attente d\u2019une grossesse sont encore 8 % \u00e0 11 %. Le recul de l\u2019\u00e2ge des femmes d\u00e9sirant concevoir un premier enfant est une cause importante d\u2019infertilit\u00e9 et de recours. Apr\u00e8s 38 ans, le stock de follicules commence \u00e0 s\u2019\u00e9puiser et les ovoaugmentation du risque d\u2019infertilit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans environ 15 % des cas, cette incapacit\u00e9 est inexpliqu\u00e9e. Dans d\u2019autres cas, elle est li\u00e9e \u00e0 une alt\u00e9ration de la qualit\u00e9 du sperme chez l\u2019homme (nombre et\/ou mobilit\u00e9 des spermatozo\u00efdes), \u00e0 un trouble de l\u2019ovulation ou encore \u00e0 un probl\u00e8me de trompes chez la femme. Il s\u2019agit aussi souvent de probl\u00e8mes de fertilit\u00e9 concernant les deux membres du couple.<\/p>\n<p>De r\u00e9cents travaux de l\u2019Institut de veille sanitaire montrent par ailleurs une tendance \u00e0 la baisse de qualit\u00e9 du sperme chez les hommes repr\u00e9sentatifs de la population g\u00e9n\u00e9rale. Ind\u00e9pendamment des causes g\u00e9n\u00e9tiques ou constitutionnelles, il existe des facteurs environnementaux pour expliquer cette tendance : le surpoids, le tabagisme, ou encore l\u2019ob\u00e9sit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00abC\u2019est pourquoi avant d\u2019aborder le c\u00f4t\u00e9 technique, la prise en charge s\u2019appuie sur un travail d\u2019\u00e9coute du couple pour conna\u00eetre leur pass\u00e9, leurs ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicaux, pr\u00e9cise le docteur Titia N\u2019Diaye, responsable de l\u2019unit\u00e9. On s\u2019attache aussi \u00e0 conna\u00eetre la consommation des toxiques, notamment du tabac. D\u00e8s la premi\u00e8re consultation, nous mesurons le CO fix\u00e9 par l\u2019h\u00e9moglobine (HbCO).\u00bb Durant la prise en charge, les couples sont invit\u00e9s \u00e0 consommer moins de cinq cigarettes par jour voire d\u2019atteindre le sevrage. \u00abPour ce faire, nous travaillons en lien avec l\u2019unit\u00e9 de sevrage tabagique du CHU.\u00bb<\/p>\n<p>Autre facteur de risque pouvant avoir un retentissement obst\u00e9trical fort : l\u2019ob\u00e9sit\u00e9. \u00abEn effet, l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 f\u00e9minine peut entra\u00eener des complications dans l\u2019organisation des traitements, diminuer des chances d\u2019implantation et avoir un impact sur le bon d\u00e9roulement de la grossesse.\u00bb Dans la m\u00eame logique que pour le tabac, l\u2019unit\u00e9 travaille en r\u00e9seau avec les m\u00e9decins nutritionnistes de la r\u00e9gion concernant le surpoids ou, pour les cas plus s\u00e9v\u00e8res, avec le centre r\u00e9gional sp\u00e9cialis\u00e9 de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 du CHU.<\/p>\n<p>Ensuite, l\u2019unit\u00e9 r\u00e9alise un bilan complet : dosage hormonal, \u00e9chographie pelvienne, radiographie des trompes, spermogramme de base. \u00abNous nous effor\u00e7ons d\u2019avoir une prise en charge tr\u00e8s centr\u00e9e sur les patients. Nous accueillons des personnes qui viennent avec beaucoup d\u2019esp\u00e9rance mais c\u2019est une d\u00e9marche longue et qui n\u2019est pas forc\u00e9ment couronn\u00e9e de succ\u00e8s. Nous avons une psychologue au sein de l\u2019\u00e9quipe qui accompagne les couples dans toutes leurs d\u00e9marches.\u00bb Cette derni\u00e8re peut aussi \u00eatre amen\u00e9e \u00e0 faire des \u00e9valuations psychologiques avant une prise en charge.<\/p>\n<p>L\u2019an dernier, le centre a accueilli plus de 1 000 femmes en consultation, chiffre sans cesse en augmentation, et plus de 350 ponctions ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es.<\/p>\n<p>Le choix du mono-embryonnaire<br \/>\nL\u2019unit\u00e9 \u00e0 recours \u00e0 un panel de techniques qui va de l\u2019ins\u00e9mination intra-ut\u00e9rine \u00e0 la f\u00e9condation par micro injection intra-cytoplasmique du spermatozo\u00efde en passant par la f\u00e9condation in vitro. Mais le parti pris, ce qui fait la sp\u00e9cificit\u00e9 de Poitiers depuis 2008, est de privil\u00e9gier le transfert mono-embryonnaire, c\u2019est-\u00e0-dire le transfert d\u2019embryon un par un, notamment chez les patientes jeunes. Objectif : r\u00e9duire le risque de grossesses g\u00e9mellaires dans une logique de qualit\u00e9 et de sant\u00e9 de l\u2019enfant. \u00abLes grossesses g\u00e9mellaires sont la cause de plus d\u2019un tiers de naissances d\u2019enfants pr\u00e9matur\u00e9s. Lorsque l\u2019on sait que la technique d\u2019ins\u00e9mination classique multiplie par deux le risque de grossesses multiples, l\u2019impact est loin d\u2019\u00eatre neutre\u00bb, pr\u00e9cise le professeur Fabrice Pierre.<\/p>\n<p>Ce dernier reconna\u00eet qu\u2019avec le transfert monoembryonnaire, les chances de f\u00e9condation sont certes plus limit\u00e9es mais pour lui le succ\u00e8s ce n\u2019est pas la grossesse en tant que telle. \u00abLe but majeur est que la grossesse se d\u00e9roule avec le moins de complications possibles, donnant un enfant en bonne sant\u00e9 qui n\u2019a pas besoin de soin.\u00bb<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 tout, les r\u00e9sultats ne sont pas neutres. En moyenne, un couple sans probl\u00e8me de f\u00e9condit\u00e9 a 25 % de chance d\u2019avoir un enfant. Aujourd\u2019hui l\u2019unit\u00e9 arrive \u00e0 atteindre un taux de 30 %.<\/p>\n<p>L\u2019ins\u00e9mination intra-ut\u00e9rine est malgr\u00e9 tout une indication maintenue notamment sur les infertilit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 des probl\u00e9matiques ovulatoires ou \u00e0 des anomalies spermatiques \u00e0 minima. \u00abElle reste une technique plus l\u00e9g\u00e8re, moins invasive\u00bb, souligne le docteur Titia N\u2019Diaye. L\u2019unit\u00e9 peut \u00e9galement mettre en oeuvre la f\u00e9condation in vitro par micro injection intra-cytoplasmique du spermatozo\u00efde (FIV ICSI), \u00ablorsque qu\u2019il y a eu des \u00e9checs d\u2019une f\u00e9condation in vitro classique et que l\u2019on est confront\u00e9 \u00e0 des anomalies spermatiques\u00bb. Cette technique consiste \u00e0 injecter directement un spermatozo\u00efde dans l\u2019ovocyte. Seuls quelques spermatozo\u00efdes mobiles sont n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Endom\u00e9triose, une des causes d\u2019infertilit\u00e9<br \/>\nL\u2019infertilit\u00e9 chez la femme peut \u00eatre li\u00e9e \u00e0 une maladie b\u00e9nigne qui n\u00e9cessite une approche m\u00e9dicale ou chirurgicale : l\u2019endom\u00e9triose. Maladie pour laquelle le CHU de Poitiers est centre de r\u00e9f\u00e9rence au niveau r\u00e9gional. \u00abOn la retrouve fr\u00e9quemment chez celles ayant des probl\u00e8mes de procr\u00e9ation\u00bb, note le professeur Xavier Fritel, responsable du secteur de chirurgie gyn\u00e9cologique. Chaque mois, un staff multidisciplinaire r\u00e9unissant la chirurgie gyn\u00e9cologique et l\u2019unit\u00e9 AMP se r\u00e9unit pour discuter des cas et de l\u2019approche des traitements \u00e0 adopter.<\/p>\n<p>L\u2019endom\u00e9triose est une maladie mal connue dont le diagnostic est compliqu\u00e9, touchant le p\u00e9ritoine, et qui concerne les femmes en \u00e2ge de procr\u00e9er : 5 \u00e0 10 % y sont sujettes. Elle d\u00e9bute tr\u00e8s souvent d\u00e8s les premi\u00e8res r\u00e8gles et dans l\u2019immense majorit\u00e9 des cas ne va pas plus loin que la m\u00e9nopause. Elle se caract\u00e9rise principalement par des douleurs plus ou moins fortes. \u00abAvoir mal pendant les r\u00e8gles est quelque chose de fr\u00e9quent, toute la difficult\u00e9 est de savoir si la douleur est normale ou pas. L\u2019endom\u00e8tre est le tissu qui tapisse l\u2019ut\u00e9rus. Sous l\u2019effet des hormones (oestrog\u00e8nes), au cours du cycle, l\u2019endom\u00e8tre s\u2019\u00e9paissit en vue d\u2019une potentielle grossesse. S\u2019il n\u2019y a pas f\u00e9condation, il se d\u00e9sagr\u00e8ge et saigne. Chez la femme souffrant d\u2019endom\u00e9triose, des cellules vont remonter et migrer via les trompes pour coloniser certains organes et vont provoquer des l\u00e9sions au niveau de ces organes. Ces inflammations et irritations tissulaires peuvent alors perturber la maturation de l\u2019ovule, l\u2019ovulation et la f\u00e9condation de l\u2019ovule.\u00bb Deux rem\u00e8des sont possibles : le traitement m\u00e9dical qui consiste \u00e0 bloquer les r\u00e8gles, mais il ne permet plus aux femmes d\u2019\u00eatre enceinte, ou le traitement chirurgical qui consiste \u00e0 enlever les l\u00e9sions. \u00abMais il s\u2019agit de ne pas \u00eatre trop mutilant afin de ne pas enlever les organes qui servent \u00e0 la reproduction, poursuit Xavier Fritel. C\u2019est une chirurgie qui peut \u00eatre lourde, plusieurs sp\u00e9cialit\u00e9s sont amen\u00e9es \u00e0 intervenir comme les radiologues, les gastro-ent\u00e9rologues, les urologues, et demande un plateau technique important.\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une chirurgie et en l\u2019absence de tout autre probl\u00e8me de fertilit\u00e9, il est possible que la grossesse d\u00e9bute naturellement. Si par contre d\u2019autres probl\u00e8mes existent ou si l\u2019endom\u00e9triose r\u00e9cidive, le couple souhaitant avoir des enfants est alors dirig\u00e9 en procr\u00e9ation m\u00e9dicalement assist\u00e9e.<\/p>\n<p>P\u00e9rin\u00e9ologie : r\u00e9pondre aux cons\u00e9quences de l\u2019accouchement<br \/>\nOn retrouve aussi cet aspect m\u00e9dical et chirurgical apr\u00e8s la grossesse pour traiter les cons\u00e9quences de l\u2019accouchement. \u00abPr\u00e8s de 20 % des femmes qui ont accouch\u00e9, m\u00eame normalement, peuvent \u00eatre concern\u00e9es \u00e0 plus ou moins long terme par diverses pathologies : fuite urinaire, anale, urgenturie ou prolapsus g\u00e9nital (plus commun\u00e9ment appel\u00e9 descente d\u2019organe).\u00bb Les prises en charge seront, en fonction des probl\u00e8mes rencontr\u00e9s, m\u00e9dicales, physiques, notamment par de la r\u00e9adaptation ou de l\u2019\u00e9lectrostimulation, ou chirurgicales. Depuis la cr\u00e9ation en 2014 du centre de pelvi-p\u00e9rin\u00e9ologie, le traitement de ces maladies est abord\u00e9 de fa\u00e7on multidisciplinaire car les troubles perturbent fr\u00e9quemment le fonctionnement de plusieurs organes. L\u2019int\u00e9r\u00eat : offrir une plus grande expertise et un parcours de soins simplifi\u00e9 pour les patientes.<\/p>\n<p>\u00abCertaines femmes, n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 enceintes ou souhaitant avoir encore des enfants, peuvent \u00eatre confront\u00e9es au prolapsus g\u00e9nital, alors qu\u2019il touche en majorit\u00e9 les femmes plus \u00e2g\u00e9es. Afin de leur donner toutes les chances de procr\u00e9er dans de bonnes conditions, nous pouvons \u00eatre amen\u00e9s \u00e0 intervenir chirurgicalement en effectuant une promontofixation.\u00bb<\/p>\n<p>Face aux probl\u00e8mes engendr\u00e9s par l\u2019accouchement une question peut \u00eatre soulev\u00e9e : est-ce que la voie basse ne cr\u00e9e pas plus de d\u00e9sordres pathologiques que la c\u00e9sarienne ? Xavier Fritel reconna\u00eet que le d\u00e9bat est ouvert. \u00abMais aujourd\u2019hui rien ne permet d\u2019affirmer que l\u2019une ou l\u2019autre des m\u00e9thodes encouragerait les troubles ou favoriserait une certaine forme de protection. L\u2019accouchement naturel pourrait \u00eatre un marqueur de risque, mais pas un risque direct. C\u2019est-\u00e0-dire que les femmes qui accouchent naturellement auraient les tissus plus souples, elles dilateraient plus facilement, elles auraient ainsi un terrain plus propice au risque de descente d\u2019organe.\u00bb Un projet de recherche va \u00eatre d\u00e9pos\u00e9 prochainement par le professeur Fritel pour permettre de r\u00e9pondre \u00e0 cette question.<\/p>\n<p>Grossesses pathologiques : entre suivi et interventions<br \/>\nEt parfois, il arrive qu\u2019une grossesse rencontre des \u00e9v\u00e9nements qui comportent des risques soit pour la m\u00e8re, soit pour l\u2019enfant ou encore pour les deux, c\u2019est ce qu\u2019on appelle les grossesses pathologiques. Les complications les plus fr\u00e9quentes sont le diab\u00e8te gestationnel et l\u2019hypertension (pr\u00e9-\u00e9clampsie). Cons\u00e9quences : un risque accru de pr\u00e9maturit\u00e9 et de retard de croissance intra-ut\u00e9rin, lesquels peuvent entra\u00eener des d\u00e9ficiences intellectuelles, motrices, pulmonaires ou m\u00e9taboliques chez l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre, et des pathologies se d\u00e9clarant \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. C\u2019est dans ces situations que le CHU joue pleinement son r\u00f4le de recours par un suivi m\u00e9dical sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p>Mais avant de tels \u00e9pisodes, le CHU s\u2019efforce d\u2019avoir un r\u00f4le de pr\u00e9vention en amont de la grossesse aupr\u00e8s des futurs parents \u00e0 risque, comme l\u2019explique le docteur Martine Dugu\u00e9- Mar\u00e9chaud, m\u00e9decin coordinateur du centre pluridisciplinaire de diagnostic pr\u00e9natal (CPDNP) : \u00abLors d\u2019un projet de grossesse, les couples ayant des facteurs de risque devraient s\u2019inscrire \u00e0 une consultation de pr\u00e9conceptionnelle dont le but est de rep\u00e9rer les situations pathologiques. Malheureusement, aujourd\u2019hui trop peu de couples y ont recours.\u00bb Pourtant plusieurs situations l\u2019imposeraient : le diab\u00e8te, l\u2019hypertension, les maladies r\u00e9nales, les incompatibilit\u00e9s rh\u00e9sus, les personnes ayant subi une chirurgie de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 ou qui prennent des m\u00e9dicaments pour l\u2019\u00e9pilepsie&#8230; L\u2019int\u00e9r\u00eat de cette consultation est aussi d\u2019\u00e9liminer ou diminuer tous les travers du quotidien : la cigarette, la consommation d\u2019alcool, la s\u00e9dentarit\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>\u00abNous conseillons \u00e9galement \u00e0 ces personnes \u00e0 risque de venir au CHU d\u00e8s leur premier mois de grossesse, par s\u00e9curit\u00e9 pour la m\u00e8re et l\u2019enfant, afin d\u2019ouvrir un dossier mais aussi pour faire en sorte que les modalit\u00e9s de suivi de grossesse puissent \u00eatre pos\u00e9es. Car en cas d\u2019urgence, en ayant un minimum d\u2019information, nous serons \u00e0 m\u00eame d\u2019assurer une meilleure prise en charge.\u00bb Sur les 2 500 grossesses au CHU, 20 % sont jug\u00e9es \u00e0 risque.<\/p>\n<p>Lors de pathologies survenant en cours de grossesses, le CHU met alors en oeuvre un certain nombre de pratiques m\u00e9dicales ayant pour but de d\u00e9tecter chez l\u2019embryon ou le foetus in utero des maladies particuli\u00e8rement graves d\u2019origine g\u00e9n\u00e9tique, infectieuse : c\u2019est le diagnostic pr\u00e9natal. L\u2019objectif est de pouvoir ainsi proposer aux parents de soigner l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre.<\/p>\n<p>Cette prise en charge se fait dans le cadre d\u2019un staff multidisciplinaire, il s\u2019agit du centre pluridisciplinaire de diagnostic pr\u00e9natal qui regroupe un ensemble de professionnels concern\u00e9s par la pathologie foetale : gyn\u00e9cologues-obst\u00e9triciens, diab\u00e9tologues, des m\u00e9decins de m\u00e9decine interne, des cardiologues&#8230; Il fonctionne en r\u00e9seau avec l\u2019ensemble des maternit\u00e9s de la r\u00e9gion et Recherche appliqu\u00e9e en m\u00e9canique obst\u00e9tricale se r\u00e9unit chaque semaine afin d\u2019adapter le suivi et le traitement suivant chaque cas. Un certain nombre d\u2019examens diagnostiques peuvent ainsi \u00eatre pr\u00e9conis\u00e9s : biopsie de trophoblaste, amniocent\u00e8se, pr\u00e9l\u00e8vement de sang foetal, IRM foetales par exemple.<\/p>\n<p>Etant une maternit\u00e9 de type 3, et disposant d\u2019un plateau technique important, le CHU prend en charge les pathologies les plus s\u00e9v\u00e8res : les chirurgies n\u00e9onatales, les hauts risques h\u00e9morragiques, les patientes \u00e0 haut risque anesth\u00e9sique, etc.<\/p>\n<p>D\u2019autres affections, par leur gravit\u00e9 et leur caract\u00e8re incurable, am\u00e8neront l\u2019\u00e9quipe pluridisciplinaire de diagnostic pr\u00e9natal \u00e0 engager, apr\u00e8s information au couple, une interruption m\u00e9dicale de grossesse (encadr\u00e9 par la loi de bio\u00e9thique). \u00abDans ces cas, nous proposons un accompagnement psychologique de fa\u00e7on \u00e0 ce que les parents expriment librement leur ressenti et soient aid\u00e9s dans leur r\u00e9flexion de poursuivre ou non la grossesse.\u00bb<\/p>\n<p>Et dans les situations d\u2019urgence, toute une organisation est mise en oeuvre par le r\u00e9seau p\u00e9rinatalit\u00e9 pour assurer les transferts pr\u00e9nataux sur le territoire afin que la m\u00e8re et l\u2019enfant puissent b\u00e9n\u00e9ficier des soins appropri\u00e9s au bon endroit. \u00abTous les cas d\u2019urgence ne nous sont pas adress\u00e9s, pr\u00e9cise le docteur Martine Dugu\u00e9-Mar\u00e9chaud, les transferts se font en fonction de la proximit\u00e9 du centre hospitalier et de sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 cette urgence. Le territoire compte plusieurs maternit\u00e9s de type 1 et 2. Par contre, toutes celles n\u00e9cessitant un plateau technique sp\u00e9cifique et une r\u00e9animation n\u00e9onatale, sont forc\u00e9ment dirig\u00e9es au CHU. Nous sommes le seul centre, \u00e9tant une maternit\u00e9 de type 3, \u00e0 pouvoir accueillir les pr\u00e9matur\u00e9s de moins de 32 semaines ou de moins de 1 500 g, quelle que soit la cause.\u00bb<\/p>\n<p>Le CHU peut ainsi faire face \u00e0 l\u2019accueil de n\u2019importe quel nouveau-n\u00e9 : celui en bonne sant\u00e9 qui reste aupr\u00e8s de sa maman ou les pr\u00e9matur\u00e9s qu\u2019il faut accompagner en respectant leur rythme, jusqu\u2019\u00e0 ceux souffrant de pathologies et qui ont besoin de soins en service de n\u00e9onatologie ou en r\u00e9animation.<\/p>\n<p>\u00abMais quelle que soit la situation, le souhait est vraiment de favoriser le mieux-\u00eatre des b\u00e9b\u00e9s, souligne Ghislaine Marcault. Ce qui est le cas aujourd\u2019hui pour les naissances physiologiques avec la nouvelle maternit\u00e9 mais aussi aupr\u00e8s des pr\u00e9matur\u00e9s avec l\u2019approche individualis\u00e9e du programme Nidcap (programme n\u00e9onatal individualis\u00e9 d\u2019\u00e9valuation et de soins de d\u00e9veloppement) d\u00e9ploy\u00e9 depuis 2014 au sein du CHU.\u00bb<\/p>\n<p>Ce programme consiste \u00e0 ce que le soignant ne soit pas centr\u00e9 sur le soin mais sur l\u2019enfant en faisant en sorte de ne pas d\u00e9ranger les cycles du nouveau-n\u00e9 par une attention \u00e0 l\u2019environnement sonore et lumineux en veillant \u00e0 fermer la porte de la chambre, \u00e0 \u00e9teindre la lumi\u00e8re\u2026 \u00abCe programme s\u2019inscrit pleinement, comme pour la prise en charge des futures mamans, dans l\u2019esprit de ne pas syst\u00e9matiquement privil\u00e9gier la m\u00e9dicalisation\u00bb, conclut le professeur Fabrice Pierre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De la procr\u00e9ation assist\u00e9e m\u00e9dicalement \u00e0 l\u2019accouchement le plus naturel qu\u2019il soit, le CHU apporte une r\u00e9ponse \u00e0 toutes les attentes des\u2026","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-23794","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v28.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Grossesse : r\u00e9pondre \u00e0 toutes les attentes - Site du CHU de Poitiers<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/en\/grossesse-repondre-a-toutes-les-attentes\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Grossesse : r\u00e9pondre \u00e0 toutes les attentes - Site du CHU de Poitiers\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"De la procr\u00e9ation assist\u00e9e m\u00e9dicalement \u00e0 l\u2019accouchement le plus naturel qu\u2019il soit, le CHU apporte une r\u00e9ponse \u00e0 toutes les attentes des femmes par un accompagnement et un suivi adapt\u00e9 mais aussi par une qualit\u00e9 d\u2019accueil optimum avec la modernisation de sa maternit\u00e9. 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