{"id":15730,"date":"2017-12-05T16:59:00","date_gmt":"2017-12-05T15:59:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/?p=15730"},"modified":"2021-04-20T18:06:08","modified_gmt":"2021-04-20T16:06:08","slug":"dossier-lophtalmologie-a-la-pointe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/en\/dossier-lophtalmologie-a-la-pointe\/","title":{"rendered":"Dossier : l\u2019ophtalmologie \u00e0 la pointe"},"content":{"rendered":"<p>Au rez-de-chauss\u00e9e du CHU de Poitiers, dans l\u2019aile ophtalmologique, Patrick M., \u00e9quip\u00e9 d\u2019une charlotte et d\u2019une blouse, est quelque peu stress\u00e9. Allong\u00e9 sur le dos, la paupi\u00e8re maintenue par un \u00e9carteur pour \u00e9viter que l\u2019\u0153il ne se ferme, ce quadrag\u00e9naire va subir une chirurgie r\u00e9fractive qui lui permettra d\u2019abandonner totalement ses lunettes de myope et de recouvrer une vue optimale. Le docteur Olivier Lichtwitz, praticien dans le service ophtalmologique, le rassure et lui propose de passer une musique de son choix pour le d\u00e9tendre. En amont, il lui a r\u00e9expliqu\u00e9 le d\u00e9roulement de l\u2019op\u00e9ration qui se fera au laser, sous anesth\u00e9sie locale, suivant la technique du Lasik (voir encadr\u00e9 ci-dessous).<\/p>\n<table style=\"background-color: #8d81ac;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p><strong>Lasik ou PKR<\/strong><br \/>\n En fonction du bilan pr\u00e9-op\u00e9ratoire, deux techniques peuvent \u00eatre mises en oeuvre : le Lasik et la PKR (photok\u00e9ratectomie r\u00e9fractive).<\/p>\n<p>Le Lasik, comme mentionn\u00e9 un peu plus haut, est une technique qui comprend l\u2019intervention de deux lasers : un premier laser (Femtoseconde) cr\u00e9e un volet corn\u00e9en superficiel \u2013 une sorte de capot \u2013, puis un second laser (Excimer) sculpte, \u00e0 un rythme de 400 impacts \u00e0 la seconde, dans l\u2019\u00e9paisseur de la corn\u00e9e. Cette technique a comme principaux avantages l\u2019absence quasi compl\u00e8te de douleur et une r\u00e9cup\u00e9ration visuelle d\u00e8s le lendemain.<\/p>\n<p>La PKR, quant \u00e0 elle, peut concerner les patients contre-indiqu\u00e9s pour le Lasik ou pour les personnes faisant des sports de combat. Cette technique consiste \u00e0 appliquer le laser en surface apr\u00e8s avoir enlev\u00e9 la couche superficielle de la corn\u00e9e, l\u2019\u00e9pith\u00e9lium. &#8220;Cette technique est catalogu\u00e9e \u201cmoins sympathique\u201d car elle pr\u00e9sente comme principaux inconv\u00e9nients une douleur durant trois jours et une r\u00e9cup\u00e9ration visuelle sur plusieurs jours.&#8221;<\/p>\n<p>Les op\u00e9rations, quelle que soit la technique, se d\u00e9roulent sous anesth\u00e9sie locale, sont indolores et offrent le maximum de s\u00e9curit\u00e9 pour le patient. Le laser est \u00e9quip\u00e9 d\u2019un dispositif &#8220;d\u2019eye-tracking&#8221; deux fois plus rapide que l\u2019\u0153il humain. &#8220;Si le patient bouge l\u2019\u0153il, le laser s\u2019arr\u00eate automatiquement et se repositionne pour permettre un traitement parfaitement centr\u00e9&#8221;, pr\u00e9cise le docteur Emilie Matamoros.<\/p>\n<p>Etant une chirurgie fonctionnelle et de confort, cet acte a un co\u00fbt, non remboursable par la S\u00e9curit\u00e9 sociale. Il faut compter 150 \u20ac pour le bilan d\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 et 1 150 \u20ac par oeil avec la technique du Lasik et 950 \u20ac par oeil avec celle de la PKR. La plupart des mutuelles effectuent des remboursements non n\u00e9gligeables.<br \/>\n Le co\u00fbt n\u2019est pas forc\u00e9ment un frein. Les principales causes de renoncement sont en premier lieu la peur et en deuxi\u00e8me lieu certains ophtalmologistes qui d\u00e9motivent le patient par m\u00e9connaissance. &#8220;Lorsque la technique a vu le jour dans les ann\u00e9es 1990, elle \u00e9tait encore perfectible mais depuis les ann\u00e9es 2000, avec l\u2019av\u00e8nement du laser Femtoseconde, elle est parfaitement ma\u00eetris\u00e9e, pr\u00e9cise le docteur Olivier Lichtwitz. Aujourd\u2019hui, le taux de satisfaction en France s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 plus de 98 %.&#8221; En ce qui concerne le CHU de Poitiers, plus de 200 chirurgies r\u00e9fractives ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es avec un taux de satisfaction de 100 %.<\/p>\n<p>A noter que la chirurgie r\u00e9fractive par le laser Femtoseconde peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9e dans le cadre du traitement de la cataracte afin de remplacer le cristallin par une lentille artificielle.<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<figure id=\"attachment_15734\" aria-describedby=\"caption-attachment-15734\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img decoding=\"async\" class=\"zoom filet wp-image-15734\" src=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/chirurgie_refractive.jpg\" alt=\"Chirurgie r\u00e9fractive\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/chirurgie_refractive.jpg 500w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/chirurgie_refractive-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/chirurgie_refractive-130x87.jpg 130w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-15734\" class=\"wp-caption-text\">Chirurgie r\u00e9fractive<\/figcaption><\/figure>\n<p>L\u2019op\u00e9ration d\u00e9marre. Assis derri\u00e8re un microscope, le praticien effectue tout d\u2019abord au laser, d\u00e9nomm\u00e9 Femtoseconde, une d\u00e9coupe de la corn\u00e9e sur une \u00e9paisseur de 110 microns. Un capot n\u00e9cessaire pour avoir acc\u00e8s au stroma de la corn\u00e9e. Le capot soulev\u00e9, un second laser, Excimer, entre en action et va sculpter la corn\u00e9e, tel un diamant. Ici, dans le cas de la myopie, le but est d\u2019aplatir la corn\u00e9e pour la rendre moins puissante qu\u2019elle ne l\u2019est. L\u2019op\u00e9ration en tant que telle n\u2019a dur\u00e9 que quelques secondes. Le premier \u0153il fait, le second est r\u00e9alis\u00e9 dans la foul\u00e9e.<\/p>\n<p>Aussit\u00f4t debout, le patient profite d\u00e9j\u00e0 des bienfaits de l\u2019op\u00e9ration. Il repartira sans avoir besoin de remettre ses lunettes et, d\u00e8s le lendemain, il retrouvera une vue \u00e0 10 dixi\u00e8mes.<\/p>\n<p>La chirurgie r\u00e9fractive (voir encadr\u00e9 ci-dessous), qui permet de corriger les troubles de la vue, constitue un des derniers grands champs de comp\u00e9tences du service ophtalmologique du CHU de Poitiers. Pour y r\u00e9pondre, ce dernier a fait l\u2019acquisition d\u2019une plateforme de chirurgie 100 % laser ainsi que d\u2019une plateforme diagnostic. Deux praticiens ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s \u00e0 Paris \u00e0 cette technique : Olivier Lichtwitz et Emilie Matamoros. &#8220;Il y avait une forte demande de la part de la population sur cette activit\u00e9, il \u00e9tait important d\u2019y r\u00e9pondre, souligne le professeur Nicolas Leveziel, chef du service d\u2019ophtalmologie, sp\u00e9cialiste des complications r\u00e9tiniennes et pr\u00e9sident du comit\u00e9 scientifique de l\u2019Association de maculopathie myopique. Il faut savoir que seul un CHU sur deux en France la pratique.&#8221;<\/p>\n<table style=\"background-color: #f0f0f0;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p><strong>La chirurgie r\u00e9fractive, correction de toutes les am\u00e9tropies<\/strong><br \/>\n Derni\u00e8re activit\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e au sein du service, la chirurgie r\u00e9fractive constitue aujourd\u2019hui une v\u00e9ritable activit\u00e9 de recours d\u2019autant plus qu\u2019il est le seul \u00e9tablissement du d\u00e9partement \u00e0 la proposer. Fonctionnelle et de confort, elle ne r\u00e9pond pas uniquement au souhait des personnes de ne plus porter des lunettes ou des lentilles de contact. Une intol\u00e9rance aux lentilles, des raisons professionnelles ou la pratique d\u2019un sport \u00e0 haut niveau peuvent aussi motiver sa mise en oeuvre.<\/p>\n<p>&#8220;Alors que les lunettes et les lentilles corn\u00e9ennes constituent un moyen de correction, pr\u00e9cise le docteur Olivier Lichtwitz, la chirurgie r\u00e9fractive vise \u00e0 enrayer le probl\u00e8me visuel, modifiant la structure de l\u2019\u0153il lui-m\u00eame ; c\u2019est-\u00e0-dire la forme et la g\u00e9om\u00e9trie de la corn\u00e9e.&#8221; Toutes les am\u00e9tropies peuvent \u00eatre corrig\u00e9es : myopie, astigmatisme, hyperm\u00e9tropie et presbytie si certains seuils ne sont pas d\u00e9pass\u00e9s : -8 dioptries (D) pour le premier, -5 D pour le second et +6 D pour le troisi\u00e8me. &#8220;On couvre 95 % des d\u00e9fauts visuels.&#8221;<\/p>\n<p>Un examen approfondi est effectu\u00e9 en amont de l\u2019intervention pour v\u00e9rifier l\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 du patient \u00e0 cette chirurgie. &#8220;Le bilan anatomique de l\u2019\u0153il est n\u00e9cessaire pour \u00e9liminer les contre-indications : corn\u00e9e fine, asym\u00e9trique, s\u00e9cheresse pr\u00e9-op\u00e9ratoire importante\u2026 qui restent toutefois rares.&#8221; Pour ce faire, le praticien dispose, via la plateforme diagnostic, de deux outils. La topographie corn\u00e9enne qui va \u00e9valuer le relief et la r\u00e9gularit\u00e9 de la corn\u00e9e. &#8220;Une des principales contre-indications est le k\u00e9ratoc\u00f4ne, il s\u2019agit d\u2019une maladie de la corn\u00e9e responsable d\u2019un amincissement et d\u2019une d\u00e9formation. Etant donn\u00e9 que la chirurgie va remodeler la corn\u00e9e, il n\u2019est pas possible de le faire sur une corn\u00e9e pathologique.&#8221; La deuxi\u00e8me machine, c\u2019est l\u2019aberrom\u00e8tre. Il va \u00e9tudier de mani\u00e8re fine et pr\u00e9cise les propri\u00e9t\u00e9s optiques de l\u2019\u0153il humain. A cela s\u2019ajoute le test au Skiacol. &#8220;Il s\u2019agit d\u2019un examen qui va bloquer l\u2019accommodation de l\u2019\u0153il et permettre ainsi de conna\u00eetre le vrai d\u00e9faut visuel du patient.&#8221;<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>&#8220;Se faire soigner localement&#8221;<\/strong><br \/>\n C\u2019est dans cette m\u00eame logique que depuis 2013, le service a d\u00e9velopp\u00e9 de nombreux domaines d\u2019expertises notamment autour des maladies r\u00e9tiniennes : traitement de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence maculaire li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge (DMLA), l\u2019oed\u00e8me maculaire diab\u00e9tique, l\u2019oed\u00e8me des occlusions veineuses r\u00e9tiniennes\u2026<\/p>\n<p>De 29 000 consultations, le service est pass\u00e9 cette ann\u00e9e, toutes pathologies confondues, \u00e0 34 000. &#8220;A titre d\u2019exemple, nous avons plus que doubl\u00e9 le nombre d\u2019injections intra-vitr\u00e9ennes n\u00e9cessaires dans le traitement des pathologies de la r\u00e9tine. A l\u2019heure actuelle, le service est en mesure de traiter l\u2019ensemble des pathologies de l\u2019oeil et d\u2019offrir l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des soins m\u00e9dicaux et chirurgicaux hormis pour les tumeurs, que nous d\u00e9pistons, mais pour lesquels les patients sont envoy\u00e9s \u00e0 l\u2019Institut Curie \u00e0 Paris.&#8221; Le service assure donc une prise en charge de toutes les am\u00e9tropies : hyperm\u00e9tropie, presbytie, astigmatisme, myopie, avec une attention particuli\u00e8re sur les patients dits myopes forts (- 6 dioptrie) qui sont plus sujets \u00e0 des complications de la r\u00e9tine pouvant entra\u00eener des glaucomes, la cataracte ou un r\u00e9tinoschisis dont le CHU a un vrai savoir-faire dans leur prise en charge. A titre d\u2019indication, le CHU de Poitiers est class\u00e9 10<sup>e<\/sup> pour la chirurgie de la r\u00e9tine et 4<sup>e<\/sup> pour le glaucome dans le palmar\u00e8s des cliniques et h\u00f4pitaux fran\u00e7ais publi\u00e9 par Le Point.<\/p>\n<p>Dans le cadre de la myopie, le service d\u2019ophtalmologie est reconnu centre de comp\u00e9tence concernant les myopies syndromiques, des affections souvent syst\u00e9miques parfois r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par une myopie importante.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution du champ de comp\u00e9tences est aussi le fait de recrutements de praticiens sp\u00e9cialis\u00e9s dans des domaines propres comme la p\u00e9diatrie ou la pathologie des paupi\u00e8res. Le service compte sept praticiens. Equipe renforc\u00e9e par trois orthoptistes et huit internes. &#8220;La formation constitue un pilier fort du service, nous formons les m\u00e9decins de demain. Ici, ils ont l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019appr\u00e9hender l\u2019ensemble des prises en charge, ce qui est v\u00e9ritablement un vrai plus.&#8221;<br \/>\n Le service se distingue aussi pour l\u2019activit\u00e9 de recherche que ce soit en recherche clinique ou fondamentale. Il est d\u2019ailleurs promoteur de plusieurs \u00e9tudes sur la DMLA ainsi que sur la myopie.<\/p>\n<p>&#8220;Il est important pour un CHU comme Poitiers, particuli\u00e8rement \u00e9loign\u00e9 d\u2019autres \u00e9tablissements de sant\u00e9 du m\u00eame type, d\u2019avoir des domaines d\u2019expertises qui permettent aux patients de la r\u00e9gion de se faire soigner localement. D\u2019ailleurs \u00e0 partir de novembre, deux assistants en ophtalmologie interviendront sur le site de Montmorillon [86] (sur un \u00e9quivalent temps plein). Pour certaines pathologies, comme la DMLA qui n\u00e9cessite en g\u00e9n\u00e9ral plusieurs injections par an et un suivi r\u00e9gulier, la proximit\u00e9 est essentielle pour le bon d\u00e9roulement du traitement et faire en sorte que les malades s\u2019inscrivent dans une d\u00e9marche de soins. Notre implication dans la recherche est aussi l\u2019opportunit\u00e9 pour les patients de b\u00e9n\u00e9ficier des derni\u00e8res avanc\u00e9es en mati\u00e8re de soins.&#8221;<\/p>\n<p>Et \u00e0 la question sur la p\u00e9nurie d\u2019ophtalmologistes, le chef de service estime qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un faux probl\u00e8me &#8220;en tout cas vis-\u00e0-vis de la prise en charge des pathologies, pr\u00e9cise celui-ci. Cette p\u00e9nurie est r\u00e9elle mais elle a surtout une incidence sur la prescription des lunettes. Due peut-\u00eatre aussi \u00e0 un manque d\u2019information sur le nouveau dispositif datant d\u2019octobre 2016 qui permet aux opticiens de renouveler les lunettes de personnes de plus de 16 ans poss\u00e9dant une ordonnance de moins de trois ans. Ce dispositif r\u00e9pond \u00e0 une demande certaine, mais il ne doit pas d\u00e9tourner les patients de leur ophtalmologiste qui est le seul \u00e0 pouvoir d\u00e9pister diverses pathologies comme le glaucome, la DMLA, ou des tumeurs oculaires. Par contre, pour ce qui est du traitement des maladies, nous sommes largement en mesure d\u2019apporter une r\u00e9ponse m\u00e9dicale et chirurgicale dans des d\u00e9lais tout \u00e0 fait corrects en termes de sant\u00e9 publique. Par exemple, pour un d\u00e9collement de r\u00e9tine ou pour des injections dans le cadre de la DMLA de r\u00e9tine, la prise est g\u00e9n\u00e9ralement faite dans la semaine. Le service s\u2019est en effet structur\u00e9 et sp\u00e9cialis\u00e9 de fa\u00e7on \u00e0 apporter une r\u00e9ponse \u00e0 toutes les attentes.&#8221;<\/p>\n<p><strong>Les pathologies r\u00e9tiniennes<\/strong><br \/>\n La prise en charge des pathologies r\u00e9tiniennes r\u00e9pond \u00e0 cette exigence et constitue l\u2019activit\u00e9 la plus importante du CHU au premier rang de laquelle on trouve la DMLA qui, du fait du vieillissement de la population, ne cesse de cro\u00eetre. Elle touche 6 % des plus de 60 ans. La DMLA correspond \u00e0 une d\u00e9gradation d\u2019une partie de la r\u00e9tine, la macula, pouvant mener \u00e0 la perte de la vision centrale.<\/p>\n<p>Il existe deux formes de DMLA. La forme humide, dite n\u00e9ovasculaire ou exsudative, se traduit par la croissance de n\u00e9o-vaisseaux anormaux sous la r\u00e9tine qui sont responsables d\u2019un oed\u00e8me de la r\u00e9tine, et\/ou d\u2019h\u00e9morragies. Cette forme \u00e9volue rapidement si elle n\u2019est pas prise en charge. &#8220;Depuis 2006, un traitement apporte de bons r\u00e9sultats. Il s\u2019agit d\u2019injection intra-vitr\u00e9enne d\u2019anti- VEGF. En moyenne sept injections sont n\u00e9cessaires la premi\u00e8re ann\u00e9e. Puis, en fonction de l\u2019\u00e9volution de la pathologie, la fr\u00e9quence est parfois r\u00e9duite. C\u2019est le seul traitement, \u00e0 l\u2019heure actuelle, dans l\u2019histoire de la DMLA, qui permet de stabiliser voire d\u2019augmenter la vision dans 90 % des cas. Il s\u2019agit malgr\u00e9 tout pour le patient d\u2019un traitement tr\u00e8s contraignant qui n\u00e9cessite un suivi r\u00e9gulier d\u2019o\u00f9 l\u2019importance d\u2019une prise en charge au plus proche des patients et une bonne collaboration avec les ophtalmologistes de ville dont certains pratiquent aussi les injections.&#8221;<br \/>\n La forme atrophique, dite s\u00e8che, correspond, quant \u00e0 elle, \u00e0 la disparition progressive des cellules de l\u2019\u00e9pith\u00e9lium pigmentaire r\u00e9tinien (EPR), puis \u00e0 celle des photor\u00e9cepteurs situ\u00e9s au niveau de la macula. Ce processus est lent et il s\u2019\u00e9coule en g\u00e9n\u00e9ral plusieurs ann\u00e9es avant que le patient ne perde sa vision centrale. &#8220;Actuellement, il n\u2019existe pas de traitement contre cette forme de DMLA, ce qui est un vrai probl\u00e8me de sant\u00e9 publique sachant que c\u2019est la forme la plus courante de la maladie apr\u00e8s 80 ans. Le seul recours est le suivi des patients ainsi que la r\u00e9\u00e9ducation basse vision qui permet d\u2019apprendre \u00e0 vivre avec sa malvoyance. Nous collaborons dans ce cadre avec le centre de basse vision de Saint-Beno\u00eet.&#8221;<\/p>\n<p>Une autre option, qu\u2019encourage le professeur Nicolas Leveziel, est la participation \u00e0 des \u00e9tudes cliniques qui permettra \u00e0 terme de trouver une piste th\u00e9rapeutique. &#8220;Les anti-VEGF, pour la forme humide de la DMLA, ont vu le jour gr\u00e2ce \u00e0 la recherche et \u00e0 des patients qui ont accept\u00e9 de participer \u00e0 ces \u00e9tudes, ce qui n\u2019est pas rien, sans l\u2019assurance de r\u00e9sultats.&#8221;<\/p>\n<p>Le CHU de Poitiers est d\u2019ailleurs centre coordonnateur de deux \u00e9tudes au niveau national, intitul\u00e9es Proxima et Proxima B, sur la forme atrophique de DMLA. Elle porte sur l\u2019observation de l\u2019\u00e9volution de l\u2019atrophie g\u00e9ographique secondaire \u00e0 une DMLA.<\/p>\n<p>Sur la forme humide, le service participe \u00e9galement \u00e0 des \u00e9tudes dites &#8220;de vie r\u00e9elle&#8221;, qui consistent \u00e0 \u00e9valuer les r\u00e9sultats obtenus dans la pratique qui restent moins bons que ceux obtenus dans les \u00e9tudes, simplement parce que les patients participant aux \u00e9tudes cliniques sont souvent diff\u00e9rents des malades que nous suivons dans notre activit\u00e9 quotidienne. Toujours concernant la DMLA exsudative, le Pr Leveziel travaille sur la compr\u00e9hension des m\u00e9canismes conduisant au d\u00e9veloppement de la maladie, en lien \u00e9troit avec l\u2019unit\u00e9 Inserm 1084 \u00e0 laquelle il est aussi int\u00e9gr\u00e9, &#8220;le laboratoire de neurosciences exp\u00e9rimentales et cliniques&#8221;. &#8220;Poitiers est un des rares centres en France \u00e0 avoir l\u2019autorisation de l\u2019agence de biom\u00e9decine d\u2019utiliser des cellules souches embryonnaires sur la th\u00e9matique de la DMLA.&#8221; Ce programme de recherche est soutenu par le fonds de dotation Ali\u00e9nor du CHU (voir encadr\u00e9 ci-dessous).<\/p>\n<table style=\"background-color: #8d81ac;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<figure id=\"attachment_15735\" aria-describedby=\"caption-attachment-15735\" style=\"width: 250px\" class=\"wp-caption alignright\"><img decoding=\"async\" class=\"zoom filet wp-image-15735\" src=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/dmla.jpg\" alt=\"Sympt\u00f4me de la DMLA\" width=\"250\" height=\"167\" srcset=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/dmla.jpg 500w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/dmla-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/dmla-130x87.jpg 130w\" sizes=\"(max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-15735\" class=\"wp-caption-text\">Sympt\u00f4me de la DMLA<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Recherche fonds Ali\u00e9nor : comprendre les m\u00e9canismes de d\u00e9veloppement de la DMLA<\/strong><\/p>\n<p>Dans le cadre du fonds de dotation Ali\u00e9nor, cr\u00e9\u00e9 par le CHU pour capter des fonds priv\u00e9s afin de soutenir la recherche, un important programme sur la DMLA a \u00e9t\u00e9 retenu avec cinq autres projets innovants. Il s\u2019agit de travaux, en recherche fondamentale, men\u00e9s par le professeur Nicolas Leveziel. Le but : comprendre pourquoi certains patients \u00e2g\u00e9s d\u00e9veloppent une DMLA et que d\u2019autres non. Ces travaux sont men\u00e9s en lien avec l\u2019\u00e9quipe Th\u00e9rapies cellulaires dans les pathologies c\u00e9r\u00e9brales dirig\u00e9e par le Pr. Afsaneh Gaillard du laboratoire Inserm 1084. &#8220;Toute la complexit\u00e9 de la DMLA, pour laquelle nous ne connaissons pas les causes de son apparition, est qu\u2019il n\u2019existe pas de v\u00e9ritable mod\u00e8le animal, pr\u00e9cise le Pr. Nicolas Leveziel. Aussi, il est n\u00e9cessaire de cr\u00e9er un mod\u00e8le de DMLA humain in vitro afin de mieux comprendre les m\u00e9canismes qui conduisent \u00e0 son d\u00e9veloppement.&#8221; Pour mener \u00e0 bien cette \u00e9tude, des collections d\u2019\u00e9chantillons biologiques, notamment du sang, sont en cours de constitution au sein de l\u2019unit\u00e9 Inserm, \u00e0 l\u2019aide d\u2019une doctorante, Audrey Le Guen, et d\u2019une ing\u00e9nieure de recherche, Ana\u00efs Balbous.<\/p>\n<p>L\u2019op\u00e9ration pour r\u00e9aliser des mod\u00e8les cellulaires de la DMLA consiste \u00e0 transformer des cellules de sang, les \u00e9rythroblastes, en cellules pluripotentes induites pour ensuite les transformer en cellules de la r\u00e9tine. &#8220;Dans le cadre de cette \u00e9tude, nous \u00e9tudions des formes s\u00e9v\u00e8res de DMLA. A partir de cellules de sang, nous allons comparer des cellules de la r\u00e9tine issues de patients souffrant de DMLA \u00e0 des cellules de la r\u00e9tine issues de patients n\u2019ayant pas de DMLA. Le but est de rechercher des diff\u00e9rences en termes de survie cellulaire, de morphologie, de r\u00e9ponse \u00e0 un stress oxydatif\u2026 et ainsi de mieux appr\u00e9hender les m\u00e9canismes de cette maladie de fa\u00e7on \u00e0 pouvoir \u00e0 terme \u00e9valuer de nouvelles mol\u00e9cules.&#8221;<\/p>\n<p>Il faut savoir que pour transformer les \u00e9rythroblastes en cellules de la r\u00e9tine, il faut compter pr\u00e8s de six mois de manipulations sur la paillasse du laboratoire, d\u2019o\u00f9 un co\u00fbt \u00e9norme en temps de recherche. Depuis le 26 septembre dernier, le professeur Leveziel peut compter sur un soutien du groupe AG2R La Mondiale Centre Ouest Atlantique. Ce financement compl\u00e8te celui issu de l\u2019association Les Yeux grands ferm\u00e9s, localis\u00e9e sur le site du Futuroscope, et le soutien financier du CHU autour de cette th\u00e9matique de recherche.<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Le diab\u00e8te, cause de pathologies graves <\/strong><br \/>\n Autres pathologies prises en charge qui repr\u00e9sentent \u00e9galement une grosse part d\u2019activit\u00e9s du service, un cinqui\u00e8me des patients, sont celles li\u00e9es au diab\u00e8te. &#8220;Une des premi\u00e8res complications du diab\u00e8te est la cataracte survenant plus souvent chez des patients plus jeunes. Mais la plus sournoise est la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique.&#8221; Cette maladie des vaisseaux de la r\u00e9tine touche 30% des patients diab\u00e9tiques de type 2. En France, elle est la premi\u00e8re cause de c\u00e9cit\u00e9 avant 65 ans. &#8220;Toute la difficult\u00e9 de cette maladie est qu\u2019elle s\u2019installe souvent sans donner de signes d\u2019alerte et n\u2019appara\u00eet qu\u2019apr\u00e8s 15 ans de d\u00e9s\u00e9quilibre du diab\u00e8te. D\u2019o\u00f9 l\u2019importance d\u2019un contr\u00f4le r\u00e9gulier par un ophtalmologiste et d\u2019un d\u00e9pistage pr\u00e9coce (voir encadr\u00e9 ci-dessous).&#8221;<\/p>\n<table style=\"background-color: #f0f0f0;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p><strong>Un r\u00e9seau de d\u00e9pistage de la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique<\/strong><\/p>\n<p>Il y a pr\u00e8s d\u2019un an un r\u00e9seau de d\u00e9pistage de la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique a vu le jour sous l\u2019impulsion du CHU en collaboration avec l\u2019ARS Nouvelle-Aquitaine, la CPAM, les orthoptistes lib\u00e9raux et le GCS Esant\u00e9 Poitou-Charentes, les ophtalmologistes et les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes. La r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique est une maladie des petits vaisseaux de la r\u00e9tine provoqu\u00e9e par le diab\u00e8te. Elle se d\u00e9veloppe insidieusement, sans aucun sympt\u00f4me au d\u00e9but. Ce r\u00e9seau est n\u00e9 d\u2019un constat. &#8220;Lorsque je suis arriv\u00e9 au CHU en 2012, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par des cas de r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique \u00e9volu\u00e9s, souligne le professeur Nicolas Leveziel. Toute la difficult\u00e9 est que certains diab\u00e9tiques ne sont pas suivis par un ophtalmologiste, car la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique reste longtemps asymptomatique d\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat de ce d\u00e9pistage.&#8221; Il concerne principalement les patients de plus de 70 ans n\u2019ayant pas eu de fond d\u2019\u0153il depuis au moins deux ans.<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, la CPAM envoie aux personnes concern\u00e9es un courrier pour les pr\u00e9venir qu\u2019un d\u00e9pistage va avoir lieu pr\u00e8s de chez eux. Ils doivent alors se rapprocher du secr\u00e9tariat d\u2019ophtalmologie du CHU de Poitiers qui se charge de l\u2019organisation des sessions de d\u00e9pistage par des orthoptistes. Celles-ci peuvent se d\u00e9rouler dans des maisons de sant\u00e9, dans des cabinets m\u00e9dicaux ou dans les mairies. Le r\u00f4le des maisons de sant\u00e9 et des m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9raliste est ici primordial, car ils permettent aux patients de r\u00e9int\u00e9grer le circuit de la surveillance ophtalmologiste.<\/p>\n<p><strong>Des interpr\u00e9tations via la plateforme Esant\u00e9<\/strong><br \/>\n Un kit de d\u00e9pistage est mis \u00e0 disposition des orthoptistes avec notamment un r\u00e9tinographe mobile qui permet de r\u00e9aliser des photos du fond de l\u2019oeil sans faire de dilatation pupillaire. Les clich\u00e9s sont ensuite envoy\u00e9s par un syst\u00e8me de t\u00e9l\u00e9transmission s\u00e9curis\u00e9, via Esant\u00e9, pour une interpr\u00e9tation au CHU. &#8220;En fonction de l\u2019\u00e9tat r\u00e9tinien, il peut \u00eatre demand\u00e9 au patient d\u2019aller voir son ophtalmologiste. S\u2019il n\u2019en a pas, ce qui est malheureusement une r\u00e9alit\u00e9 dans pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des cas, on lui demande sur le courrier \u00e9galement envoy\u00e9 \u00e0 son m\u00e9decin traitant, de consulter l\u2019ophtalmologiste le plus proche. L\u2019objectif de ce d\u00e9pistage est v\u00e9ritablement de remettre les patients \u00e0 risque dans un syst\u00e8me de soins ophtalmologiques. Ce qui implique une collaboration avec l\u2019ensemble des ophtalmologistes&#8221;, conclut le Pr. Nicolas Leveziel.<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>La maladie se d\u00e9veloppe par une fragilisation de la paroi des vaisseaux de la r\u00e9tine. &#8220;Il s\u2019ensuit la rupture puis l\u2019\u00e9clatement de ces vaisseaux, on parle de \u201cmicro-an\u00e9vrismes\u201d. Au fur et \u00e0 mesure, des zones \u00e9tendues de la r\u00e9tine ne sont plus oxyg\u00e9n\u00e9es. En r\u00e9action, la r\u00e9tine produit de nouveaux vaisseaux, des n\u00e9o-vaisseaux, alors qu\u2019en parall\u00e8le appara\u00eet souvent un oed\u00e8me maculaire. La maladie peut ensuite \u00e9voluer vers des h\u00e9morragies dans le vitr\u00e9 ou vers l\u2019apparition de r\u00e9tractions de la r\u00e9tine et donc de d\u00e9collement de la r\u00e9tine.&#8221;<\/p>\n<p>Au stade \u00e9volu\u00e9, le traitement de la r\u00e9tinopathie porte essentiellement sur la panphotocoagulation r\u00e9tinienne. Elle vise \u00e0 d\u00e9truire au laser les zones isch\u00e9miques de la r\u00e9tine p\u00e9riph\u00e9rique pour \u00e9viter les complications graves.<\/p>\n<p>En cas d\u2019\u0153d\u00e8me maculaire, les praticiens ont recours \u00e0 des injections intraoculaires anti-VEGF.<br \/>\n Dans le cadre de ces prises en charge, le service travaille en \u00e9troite collaboration avec le service d\u2019endocrinologie. Il en est de m\u00eame avec les autres services du CHU qui peuvent \u00eatre amen\u00e9s \u00e0 traiter des pathologies li\u00e9es au diab\u00e8te.<\/p>\n<p>&#8220;La prise en charge doit \u00eatre globale. Et les traitements que nous dispensons en ophtalmologie n\u2019ont de sens que si le patient r\u00e9ussit \u00e0 stabiliser son diab\u00e8te. La collaboration avec les ophtalmologistes de ville est ici encore primordiale.&#8221;<\/p>\n<p>A noter que dans le domaine de la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique prolif\u00e9rante, le CHU de Poitiers m\u00e8ne un programme de recherche depuis plus de deux ans en lien avec le CHU de Besan\u00e7on, pour lequel il est promoteur et dont l\u2019investigateur principal est le professeur Nicolas Leveziel. &#8220;Le traitement de r\u00e9f\u00e9rence de la r\u00e9tinopathie est actuellement la photocoagulation laser, souligne celui-ci, mais ce traitement entra\u00eene une diminution du champ visuel car il d\u00e9truit la r\u00e9tine p\u00e9riph\u00e9rique. Cette \u00e9tude a pour objet de comparer ce traitement aux injections intravitr\u00e9ennes qui pourraient permettre de conserver le champ visuel des patients.&#8221; Toujours dans les pathologies r\u00e9tiniennes n\u00e9cessitant un acte chirurgical, le service traite des pathologies r\u00e9tiniennes chirurgicales comme les membranes \u00e9pir\u00e9tiniennes, les trous maculaires et le d\u00e9collement de r\u00e9tine.<\/p>\n<p>La membrane \u00e9pir\u00e9tinienne est une tr\u00e8s fine pellicule compos\u00e9e de cellules et de tissu fibreux, qui conduit \u00e0 un \u00e9paississement de la r\u00e9tine centrale et entra\u00eene une baisse de la vision progressive.<\/p>\n<p>Le trou maculaire est une affection de la r\u00e9tine caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019apparition d\u2019un trou situ\u00e9 au centre de la macula qui provoque une perception d\u00e9form\u00e9e de la vision centrale ou une zone de vision trouble au centre du champ visuel.<\/p>\n<p>Enfin, le d\u00e9collement de la r\u00e9tine. Il est initi\u00e9 par l\u2019apparition d\u2019une d\u00e9chirure de la r\u00e9tine puis l\u2019accumulation de liquide sous celle-ci. La d\u00e9chirure de la r\u00e9tine est souvent la cons\u00e9quence d\u2019alt\u00e9rations de la r\u00e9tine en p\u00e9riph\u00e9rie combin\u00e9es \u00e0 un d\u00e9tachement du vitr\u00e9, particuli\u00e8rement fr\u00e9quents chez la personne \u00e2g\u00e9e myope ou le sujet \u00e2g\u00e9. C\u2019est une affection grave d\u2019apparition souvent rapide qui se caract\u00e9rise par une amputation du champ visuel pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 la perte compl\u00e8te de la vision si le d\u00e9collement de r\u00e9tine devient total.<\/p>\n<p>Le traitement des deux premi\u00e8res pathologies consiste \u00e0 faire une vitrectomie (technique chirurgicale qui permet de retirer le vitr\u00e9). Dans le cadre des membranes \u00e9pir\u00e9tiniennes, il s\u2019agira de peler la membrane adh\u00e9rente \u00e0 la surface de la r\u00e9tine et dans le cas des trous maculaires, la derni\u00e8re \u00e9tape consistera \u00e0 injecter un gaz dans l\u2019\u0153il pour favoriser la fermeture compl\u00e8te du trou.<br \/>\n En ce qui concerne le d\u00e9collement de la r\u00e9tine, l\u00e0 aussi une vitrectomie est r\u00e9alis\u00e9e pour aspirer le liquide sous la r\u00e9tine et recoller la r\u00e9tine par le biais du laser ou de la cryoth\u00e9rapie.<\/p>\n<p><strong>La corn\u00e9e, aux avant-postes<\/strong><br \/>\n A c\u00f4t\u00e9 de ces pathologies de la r\u00e9tine, l\u2019oeil peut \u00eatre aussi sujet \u00e0 de nombreuses maladies qui touchent la corn\u00e9e. Lentille transparente \u00e0 la surface de l\u2019\u0153il, la corn\u00e9e est un composant oculaire essentiel au fonctionnement de la vision. Son r\u00f4le principal est de faire converger les rayons lumineux jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9tine. &#8220;Les pathologies de la corn\u00e9e qui peuvent \u00eatre g\u00e9n\u00e9tiques, inflammatoires, infectieuses, m\u00e9taboliques ou encore d\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, vont alt\u00e9rer cette derni\u00e8re de deux mani\u00e8res : en modifiant sa transparence et donc emp\u00eacher la lumi\u00e8re d\u2019entrer dans l\u2019\u0153il et en perturbant la trajectoire des rayons de courbures, ce qui va alt\u00e9rer la qualit\u00e9 visuelle et induire des aberrations optiques&#8221;, explique le docteur Martial Merci\u00e9. Pour le d\u00e9pistage de ces pathologies, le CHU dispose de diff\u00e9rentes technologies : la topographie, elle donne une repr\u00e9sentation graphique de certaines propri\u00e9t\u00e9s g\u00e9om\u00e9triques de la surface corn\u00e9enne comme sa courbure ; la pachym\u00e9trie, elle mesure l\u2019\u00e9paisseur de la corn\u00e9e ; la tomographie par coh\u00e9rence optique, elle permet de savoir jusqu\u2019\u00e0 quelle profondeur les opacit\u00e9s peuvent alt\u00e9rer la transparence de la corn\u00e9e. &#8220;Les traitements ont donc deux objectifs : r\u00e9tablir la transparence de la corn\u00e9e et ses rayons de courbures.&#8221; Les moyens de traitements sont divers : &#8220;M\u00e9dical, antibiotique, cortico\u00efdes ; les lentilles de contact afin de r\u00e9tablir les rayons de courbures, ce qui peut \u00eatre le cas dans certaines indications difficiles comme le k\u00e9ratoc\u00f4ne (d\u00e9formation de la corn\u00e9e) ; la chirurgie au laser pour supprimer les opacit\u00e9s ou d\u00e9cabosser la corn\u00e9e afin d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 visuelle du patient mais aussi dans certains cas pour poser des implants intra-corn\u00e9ens. La technique du Cross- Linking est \u00e9galement mise en oeuvre au stade pr\u00e9coce du k\u00e9ratoc\u00f4ne afin de rigidifier la corn\u00e9e. Par contre, quand la corn\u00e9e est trop endommag\u00e9e, la seule solution est la greffe \u00e0 partir d\u2019un donneur.&#8221;<\/p>\n<p>Si, pendant longtemps, la greffe de corn\u00e9e n\u00e9cessitait de changer la corn\u00e9e dans son ensemble, ce que l\u2019on appelle une greffe de corn\u00e9e transfixante, depuis pr\u00e8s de cinq ans, le CHU de Poitiers, propose gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des outils chirurgicaux deux techniques de greffes, dites lamellaires, offrant moins de complications et de risques de rejet.<\/p>\n<p>&#8220;La premi\u00e8re est la greffe lamellaire ant\u00e9rieure, poursuit le docteur Martial Merci\u00e9. On change les 95 % superficiels de la corn\u00e9e en conservant les cinquante derniers microns repr\u00e9sentant l\u2019endoth\u00e9lium corn\u00e9en. La seconde, la plus couramment pratiqu\u00e9e, est la greffe lamellaire post\u00e9rieure. Ici, nous ne changeons que la couche la plus interne de la corn\u00e9e. Cette technique est destin\u00e9e aux pathologies endoth\u00e9liales o\u00f9 la partie ant\u00e9rieure de la corn\u00e9e est saine.&#8221; Ces techniques permettent ainsi d\u2019\u00e9viter pour certains patients, pr\u00e8s des deux tiers, une greffe totale de la corn\u00e9e. Outre la diminution des complications, les greffes lamellaires proposent une r\u00e9cup\u00e9ration plus rapide, trois ou quatre mois, contre un an \u00e0 un an et demi pour une greffe compl\u00e8te et moins de risques de rejet.<\/p>\n<table style=\"background-color: #8d81ac;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p><strong>Le CHU et Krys Group : partenaire d\u2019une \u00e9tude nationale sur la myopie<\/strong><br \/>\n Le CHU de Poitiers et Krys Group ont sign\u00e9 le 5 d\u00e9cembre dernier un partenariat tout \u00e0 fait original avec pour but de lancer une \u00e9tude sur la myopie au niveau national. Celle-ci, dirig\u00e9e par le Pr Nicolas Leveziel, s\u2019appuiera sur les donn\u00e9es clients, anonymes, recueillies de fa\u00e7on r\u00e9trospective par l\u2019ensemble des magasins des r\u00e9seaux Krys Group. Elle aura un double objectif : mieux conna\u00eetre les incidences de la myopie et observer l\u2019\u00e9volution de la myopie dans l\u2019Hexagone.<\/p>\n<p>&#8220;Pour la premi\u00e8re fois, nous aurons un profil des troubles r\u00e9fractifs en France, par r\u00e9gion, par groupes d\u2019\u00e2ges et par sexe, pr\u00e9cise le Pr Nicolas Leveziel. Cette \u00e9tude nous permettra de mieux comprendre les diff\u00e9rents facteurs de la myopie afin de d\u00e9velopper des politiques de pr\u00e9vention ou encore d\u2019identifier des facteurs de risques.&#8221; Le contrat de partenariat est conclu pour une dur\u00e9e de trois ans.<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Le glaucome, une maladie sournoise mal d\u00e9pist\u00e9e<\/strong><br \/>\n Le nerf optique peut aussi \u00eatre le terrain d\u2019une maladie grave : le glaucome. Elle est la premi\u00e8re cause de c\u00e9cit\u00e9 en Europe.<br \/>\n Le glaucome est une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence du nerf optique (c\u00e2ble nerveux envoyant les informations visuelles au cerveau) qui va entrainer des alt\u00e9rations du champ visuel progressives de fa\u00e7on sournoise et non perceptible au d\u00e9but. &#8220;Elle touche plus d\u2019un million de Fran\u00e7ais mais la moiti\u00e9 d\u2019entre eux l\u2019ignorent&#8221;, note le docteur Martial Merci\u00e9. Il survient en g\u00e9n\u00e9ral apr\u00e8s 45 ans, le plus souvent quand une hypertonie intraoculaire se d\u00e9veloppe sans sympt\u00f4me. Il en r\u00e9sulte une compression de la t\u00eate du nerf optique qui entra\u00eene une lente destruction des fibres visuelles du nerf optique.<br \/>\n Deux examens indolores chez un ophtalmologiste permettent de d\u00e9pister un glaucome : la mesure de la tension intraoculaire et une analyse du fond d\u2019oeil pour \u00e9valuer l\u2019\u00e9tat des nerfs optiques. &#8220;Aujourd\u2019hui, on ne sait pas gu\u00e9rir le glaucome mais plus la maladie est prise en charge t\u00f4t, plus on ralentit sa progression. Elle peut \u00eatre tr\u00e8s bien contr\u00f4l\u00e9e dans une grande majorit\u00e9 de cas, bien qu\u2019elle reste chronique. Par contre, malgr\u00e9 les traitements, les l\u00e9sions dues au glaucome ne sont pas r\u00e9versibles.&#8221;<\/p>\n<p>Plus le d\u00e9pistage est pr\u00e9coce plus le traitement sera simple. Ce dernier d\u00e9pendra de l\u2019esp\u00e9rance de vie du patient, du niveau initial de pression intraoculaire, de la gravit\u00e9 de la maladie et du mode \u00e9volutif du glaucome.<\/p>\n<p>Les traitements s\u2019appliquent donc \u00e0 baisser la pression intraoculaire de l\u2019\u0153il, &#8220;sachant qu\u2019il peut y avoir des glaucomes sans une hypertonie oculaire, en particulier chez le fort myope, et inversement, il est possible d\u2019avoir une hypertonie sans glaucome&#8221;.<\/p>\n<p>En premi\u00e8re intention, le praticien prescrira des collyres qui visent \u00e0 diminuer la pression \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019oeil et donc \u00e0 stopper l\u2019\u00e9volutivit\u00e9 du glaucome.<br \/>\n Le laser est un autre moyen de recours th\u00e9rapeutique. Selon le type de glaucome (\u00e0 angle ferm\u00e9 ou \u00e0 angle ouvert), le praticien mettra en oeuvre deux techniques diff\u00e9rentes. Pour le premier cas de glaucome, l\u2019iris vient obstruer les voies d\u2019\u00e9vacuation de l\u2019humeur aqueuse situ\u00e9es dans l\u2019angle irido-corn\u00e9en \u00e9troit. Aussi, avec le laser, un orifice est-il effectu\u00e9 dans l\u2019iris, c\u2019est ce que l\u2019on appelle une iridotomie, pour \u00e9viter une fermeture de l\u2019angle irido-corn\u00e9en. Dans le second cas, le glaucome \u00e0 angle ouvert, l\u2019augmentation de la pression oculaire est due \u00e0 une diminution de la porosit\u00e9 du trab\u00e9culum. Un autre type de laser est alors appliqu\u00e9 directement sur le trab\u00e9culum, c\u2019est la trab\u00e9culoplastie, pour faciliter l\u2019\u00e9vacuation de l\u2019humeur aqueuse.<\/p>\n<p>Dans d\u2019autres cas, la chirurgie sera n\u00e9cessaire. Les techniques chirurgicales visent aussi \u00e0 contr\u00f4ler la tension intraoculaire. Deux techniques peuvent \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9es : la chirurgie du glaucome mini-invasive (minimal invasive glaucome surgery) ou la chirurgie filtrante, en constituant une nouvelle voie d\u2019\u00e9coulement pour l\u2019humeur aqueuse, technique plus d\u00e9licate sur le plan de la gestion post-op\u00e9ratoire.<\/p>\n<p>Une autre technique ayant recours \u00e0 des ultra-sons peut \u00e9galement \u00eatre mise en oeuvre dans des cas particuliers. Elle permet de coaguler le corps ciliaire, la structure qui produit l\u2019humeur aqueuse, ce qui en r\u00e9duit la production de mani\u00e8re durable.<\/p>\n<p>Chaque ann\u00e9e, le CHU est amen\u00e9 \u00e0 op\u00e9rer 200 patients atteints de cette pathologie, dont le suivi rigoureux se fait en \u00e9troite collaboration avec les ophtalmologistes de la Vienne.<\/p>\n<p><strong>Un recours pour les pathologies orbito-palp\u00e9brales<\/strong><br \/>\n La prise en charge de l\u2019\u0153il ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 la partie oculaire en tant que telle. Tout le pourtour de l\u2019oeil, c\u2019est-\u00e0-dire la paupi\u00e8re et l\u2019orbite, est \u00e9galement pris en charge au CHU de Poitiers par le Dr\u00a0Roxane Flausse.<\/p>\n<figure id=\"attachment_15737\" aria-describedby=\"caption-attachment-15737\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" class=\"zoom filet wp-image-15737\" src=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/ophtalmo_palp\u00e9brale.jpg\" alt=\"Ophtalmologie palp\u00e9brale avec le Dr\u00a0Roxane Flausse.\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/ophtalmo_palp\u00e9brale.jpg 500w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/ophtalmo_palp\u00e9brale-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/ophtalmo_palp\u00e9brale-130x87.jpg 130w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-15737\" class=\"wp-caption-text\">Ophtalmologie palp\u00e9brale avec le Dr\u00a0Roxane Flausse.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Concernant la paupi\u00e8re, les pathologies trait\u00e9es sont diverses. Il y a tout d\u2019abord celles, li\u00e9es au vieillissement, trait\u00e9es de fa\u00e7on chirurgicale : la paupi\u00e8re sup\u00e9rieure qui tombe, le ptosis, qui est tourn\u00e9e vers l\u2019ext\u00e9rieur, l\u2019ectropion, vers l\u2019int\u00e9rieur, l\u2019entropion, ou une paupi\u00e8re trop charg\u00e9e en peau, le dermatochalasis. Ensuite, il y a toutes les r\u00e9sections des pathologies canc\u00e9reuses. &#8220;La paupi\u00e8re, dont la fonction principale est de prot\u00e9ger l\u2019oeil, est une zone \u00e0 haut risque des tumeurs cutan\u00e9es, note le docteur Roxane Flausse. 85% d\u2019entre elles sont des tumeurs appel\u00e9es carcinomes basocellulaires. Le traitement est chirurgical et n\u00e9cessite ensuite une reconstruction de la paupi\u00e8re.&#8221; Sur ce domaine, le CHU a un vrai r\u00f4le de recours. &#8220;La reconstruction de la paupi\u00e8re doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e en respectant ses entit\u00e9s anatomiques. Il faut reconstruire une par une les deux couches, l\u2019une faite de cartilage et l\u2019autre cutan\u00e9o-musculaire. Le fait que cette op\u00e9ration soit r\u00e9alis\u00e9e par un ophtalmologue est le gage que l\u2019oeil ne sera pas mis en danger.&#8221; Deux \u00e0 trois ablations de l\u00e9sions canc\u00e9reuses avec reconstruction sont r\u00e9alis\u00e9es chaque semaine au CHU.<\/p>\n<p>Autre activit\u00e9 sp\u00e9cifique : la chirurgie du larmoiement, chez l\u2019enfant. &#8220;Ce sont de jeunes enfants (la plupart entre 0 et 1 an) qui font des conjonctivites \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition car les canaux lacrymonasaux sont bouch\u00e9s. Pour y rem\u00e9dier, il faut r\u00e9aliser un sondage des voies lacrymales en laissant un tube en place ou pas.&#8221; Le service assure aussi la chirurgie du larmoiement chez l\u2019adulte, &#8220;un peu plus lourde que celle de l\u2019enfant car il faut d\u00e9river les voies lacrymales en shuntant le canal bouch\u00e9&#8221;.<\/p>\n<p>Pour ce qui est de l\u2019orbite, la praticienne travaille en collaboration avec les services de neurochirurgie, ORL et neurologie. &#8220;L\u2019orbite peut \u00eatre sujette \u00e0 des inflammations mais aussi \u00e0 des tumeurs qui parfois peuvent se d\u00e9velopper vers le cerveau ou dans le nez. En fonction, l\u2019un des trois services est amen\u00e9 \u00e0 intervenir. Parfois certains patients viennent en urgence pour des paupi\u00e8res qui tombent, un strabisme ou pour une irr\u00e9gularit\u00e9 du diam\u00e8tre de la pupille ou de l\u2019iris, qui peuvent r\u00e9v\u00e9ler une tumeur orbitaire, une rupture d\u2019an\u00e9vrisme ou une tumeur de l\u2019hypophyse par exemple. La prise en charge se fait alors de fa\u00e7on concert\u00e9e.&#8221;<\/p>\n<p>Toujours concernant l\u2019orbite, le service traite une maladie tr\u00e8s singuli\u00e8re : la maladie de Basedow. Il s\u2019agit d\u2019un dysfonctionnement de la glande thyro\u00efde qui alt\u00e8re les structures intra-orbitaires notamment par une inflammation des muscles oculaires et de la graisse orbitaire. &#8220;Elle se caract\u00e9rise chez le malade par les yeux qui ressortent des orbites (exophtalmie), poursuit le docteur Roxane Flausse. Ils deviennent tr\u00e8s rouges et tr\u00e8s douloureux et le patient peut voir double.&#8221; Cette maladie touche en majorit\u00e9 les femmes jeunes mais aussi parfois les hommes. La prise en charge, qui est lourde en termes de suivi, n\u00e9cessite une bonne collaboration avec le service d\u2019endocrinologie. &#8220;Il faut jongler entre le traitement de la thyro\u00efde, le fait de les soulager sur le plan ophtalmologique et de pr\u00e9venir la survenue de complications.&#8221; Si le pronostic oculaire est engag\u00e9, le service peut \u00eatre amen\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser une chirurgie pour d\u00e9comprimer l\u2019orbite.<\/p>\n<figure id=\"attachment_15738\" aria-describedby=\"caption-attachment-15738\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img decoding=\"async\" class=\"zoom filet wp-image-15738\" src=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/ophtalmo_pedia.jpg\" alt=\"Ophtalmologie p\u00e9diatrique avec le Dr Naoual Tarfaoui\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/ophtalmo_pedia.jpg 500w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/ophtalmo_pedia-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.chu-poitiers.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/ophtalmo_pedia-130x87.jpg 130w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-15738\" class=\"wp-caption-text\">Ophtalmologie p\u00e9diatrique avec le Dr Naoual Tarfaoui<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>L\u2019ophtalmologie p\u00e9diatrique un refuge pour les cas les plus complexes<\/strong><br \/>\n L\u2019ophtalmologie p\u00e9diatrique constitue \u00e9galement une activit\u00e9 pour laquelle le CHU propose une expertise, notamment dans la prise en compte des tr\u00e8s jeunes patients. &#8220;Notre ennemie n\u00b0 1 chez les enfants est l\u2019amblyopie, souligne le docteur Naoual Tarfaoui, sp\u00e9cialis\u00e9e en ophtalmologie p\u00e9diatrique et en maladie de la r\u00e9tine. Il s\u2019agit d\u2019un d\u00e9faut de d\u00e9veloppement visuel qui touche 2% des enfants et se traduit par une baisse de l\u2019acuit\u00e9 d\u2019un des yeux et dont les facteurs pr\u00e9disposants sont le strabisme et le besoin de lunettes. Dans la Vienne, les p\u00e9diatres et les r\u00e9seaux de PMI font un excellent travail de rep\u00e9rage de cette maladie notamment avant l\u2019\u00e2ge de 4 ans, ce qui nous laisse une bonne marge de man\u0153uvre pour agir sachant qu\u2019il faut la traiter avant l\u2019\u00e2ge de 6-7 ans (cache et lunettes essentiellement).&#8221;<\/p>\n<p>La prise en charge des pathologies oculaires rares ophtalmo-p\u00e9diatriques comme le glaucome et la cataracte cong\u00e9nitale sont \u00e9galement des sp\u00e9cificit\u00e9s du milieu hospitalier mais le d\u00e9pistage repose sur les ophtalmologistes, les orthoptistes, et les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes au plus pr\u00e8s des patients. Le suivi de ces jeunes patients s\u2019inscrit aussi dans un cadre particulier : &#8220;Chez un enfant de moins de trois ans, ce suivi est tr\u00e8s lourd et difficilement envisageable chez les m\u00e9decins de ville. Par exemple, pour assurer un contr\u00f4le optimum de la cataracte, il est parfois n\u00e9cessaire d\u2019endormir l\u2019enfant chaque semaine pendant deux mois.&#8221;<\/p>\n<p>Le docteur Naoual Tarfaoui travaille \u00e9galement en lien avec les p\u00e9diatres du CHU sur le d\u00e9pistage de la r\u00e9tinopathie des pr\u00e9matur\u00e9s.<br \/>\n Autre particularit\u00e9 : la praticienne est en train de relancer, en collaboration avec le service d\u2019exploration fonctionnelle du professeur Xavier Drouot, l\u2019\u00e9lectrophysiologie sans anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale, plus particuli\u00e8rement l\u2019\u00e9lectror\u00e9tinogramme et le potentiel \u00e9voqu\u00e9 visuel (PEV). Ce sont des examens de fonctionnalit\u00e9 de la vision s\u00e9par\u00e9e : la r\u00e9tine d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et le nerf optique de l\u2019autre. L\u2019int\u00e9r\u00eat est notamment de diagnostiquer des r\u00e9tinites pigmentaires, maladie g\u00e9n\u00e9tique tr\u00e8s rare mais qui n\u00e9cessite d\u2019\u00eatre diagnostiqu\u00e9e rapidement de fa\u00e7on \u00e0 adapter la prise en charge.<\/p>\n<p>&#8220;Dans ces cas, comme dans tous ceux tr\u00e8s particuliers des autres sp\u00e9cialit\u00e9s de l\u2019ophtalmologie, le CHU joue v\u00e9ritablement son r\u00f4le de recours. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 de nouvelles technologies comme la chirurgie sous microscope 3D, qui pourrait prochainement faire son apparition au CHU, ou encore la mise sur le march\u00e9 de nouvelles mol\u00e9cules, d\u00e9velopp\u00e9es via la recherche \u00e0 laquelle nous participons, ne pourront que nous conforter dans notre mission de sant\u00e9 publique&#8221;, conclut le professeur Nicolas Leveziel.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le service d\u2019ophtalmologie du CHU de Poitiers a \u00e9largi ses champs d\u2019expertises, avec notamment, depuis un an, la chirurgie r\u00e9fractive. 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