Questions à Gaëlle Tachon, biologiste médicale

Le docteur Gaëlle Tachon, 31 ans, est biologiste médicale au sein du laboratoire de cancérologie biologie du CHU de Poitiers depuis 2015. Après des études de pharmacie à Lyon, d’où elle est originaire, le docteur Gaëlle Tachon réussit le concours d’internat pour intégrer la mention biologie médicale au sein de l’inter-région sud. Elle passera quatre ans au CHU de Montpellier où elle se spécialisera en génétique moléculaire. En plus de ces années d’internat, le Dr Tachon mènera un master 2 de pathologie humaine et médicale en génétique à Marseille qui se soldera par un stage de dix mois en Australie. A l’issue de son internat, en 2015, elle devient assistante hospitalo-universitaire à Poitiers au sein du service du professeur Lucie Karayan-Tapon.

Docteur Tachon, pouvez-vous nous expliquer en quoi consister votre activité au sein du laboratoire de cancérologie biologie ?
Je travaille avec les oncologues et particulièrement les anatomopathologistes du CHU. Ces derniers nous envoient des prélèvements de tumeur fixés et mis sous paraffine. Ces échantillons tumoraux ont de multiples origines, des cancers colorectaux ou des mélanomes, par exemple. Mon travail consiste à analyser l’ADN de ces prélèvements et à détecter une, voire plusieurs mutations particulières. En effet, le profil mutationnel d’une tumeur peut ouvrir l’accès à des thérapies ciblées et/ou offrir une information de type diagnostic ou pronostic. Les données ainsi obtenues sont interprétées selon la pathologie, puis transmises à l’oncologue et à l’anatomopathologiste. Pour réaliser l’analyse génétique, nous utilisons une technique de séquençage à haut débit, rentrée depuis plusieurs années dans la pratique courante.

Pouvez-nous nous parler de votre activité de recherche ?
Je suis membre du groupe de recherche sur les tumeurs cérébrales primitives, secondaires et cellules souches, animé par le Pr Lucie Karayan- Tapon dans l’unité Inserm U1084 du Pr Mohamed Jaber (équipe 1 du Pr Afsaneh Gaillard) et en collaboration avec le Pr Michel Wager. Dans le cadre de ma thèse d’université, je travaille sur des cellules souches d’une tumeur cérébrale de très mauvais pronostic, le glioblastome. Je m’intéresse en particulier au facteur de transcription MEOX2 car j’ai remarqué que ce facteur est surexprimé dans les glioblastomes, sans que son rôle ne soit élucidé dans cette pathologie. Par ailleurs, je collabore avec le Pr David Tougeron sur la caractérisation moléculaire d’un sous-type de tumeurs colorectales.

Vous êtes investie aussi à l’université ?
Oui, j’enseigne à la faculté de médecine de Poitiers dans le cadre du master 1 biologie-santé, dans l’unité d’enseignement biologie cellulaire et introduction à l’oncogenèse. Je donne aussi des cours aux internes dans le cadre du diplôme d’études spécialisées d’oncologie ainsi que pour le diplôme inter-universitaire de biologie intégrée des tumeurs solides. Je suis aussi amenée à encadrer des internes et des étudiants de master 2.