Questions à Franck Leclère, chirurgien plasticien

Dr Franck Leclère, chirurgien plasticien au CHU de Poitiers.

Arrivé au CHU de Poitiers en novembre 2017, le Dr Franck Leclère y a intégré le service de chirurgie plastique, aux côtés du Dr Vincent Huguier. Après un clinicat en 2011 à l’université de Berne, en Suisse, le Dr Leclère a effectué sa mobilité, en 2012, au centre de lutte anticancer, l’institut Gustave Roussy. Il a été élu comme membre associé de l’Académie nationale de chirurgie en 2013. Entre 2013 et 2017, il a travaillé au sein du service de chirurgie plastique du CHU de Bordeaux où il a été formé à la réassignation génitale. Le Dr Leclère est membre de la société française de chirurgie plastique (SOFCPRE), membre associé de la société française de chirurgie de la main (GEM), membre de la société française de prise en charge du transsexualisme (SOFECT) et trésorier de la société française de microchirurgie (GAM). Depuis onze ans, il poursuit également des travaux de recherche avec l’unité Inserm U1189, dirigée par le Pr Serge Mordon.

Docteur Leclère, pouvez-vous nous présenter le service de chirurgie plastique ?
Avant toute chose, il faut avoir à l’esprit que la chirurgie plastique est une activité transversale. Au CHU de Poitiers, nous exerçons des activités de soin et des activités de recours et notre spécialité ne se limite heureusement pas à l’image véhiculée par les médias ! Elle comprend certes la chirurgie esthétique,  mais se décline également en sénologie et reconstruction du sein, cancérologie cutanée,  chirurgie post-bariatrique, chirurgie des infections de la peau et des tissus mous, chirurgie reconstructrice et microchirurgie, brûlologie, chirurgie de la main, et chirurgie de la réassignation génitale. Nous fonctionnons actuellement avec trois chirurgiens et bientôt quatre avec l’arrivée en novembre prochain du Docteur Paulus : deux praticiens hospitaliers, un praticien attaché, et un chef de clinique. Nous accueillons deux internes de spécialité et, à moyen terme, nous voulons également accueillir un interne issu d’une autre spécialité, car, comme je vous l’ai dit, la chirurgie plastique est une discipline transversale.

 

Pouvez-vous décrire votre activité clinique au sein du service de chirurgie plastique ?
Tout d’abord, je mène une activité généraliste de chirurgie plastique. Très simplement, il s’agit de  proposer une offre de soin et une activité de recours telle que je vous l’ai décrite précédemment. Je compte mettre l’accent sur le dialogue avec les autres spécialités. En tant que chirurgien plasticien, je travaille avec les chirurgiens orthopédistes pour la couverture des membres et la chirurgie de la main, avec les chirurgiens digestifs pour la chirurgie post-bariatrique ou la couverture des amputations abdomino-perinéales,  avec les chirurgiens urologues pour la couverture des pertes de substance du périnée, avec les chirurgiens gynécologues pour la reconstruction mammaire… Mais également d’autres spécialités moins chirurgicales comme c’est le cas avec la dermatologie ou lorsque nous devons opérer en urgence les patients lors d’extravasation de produits de chimiotherapie. D’un point de vue personnel, je compte aussi installer une vraie collaboration avec les anesthésistes car on oublie trop souvent qu’ils sont derrière le rideau lors d’une intervention et que sans leur travail, on ne pourrait pas faire le nôtre. Je souhaite aussi développer la réassignation génitale au CHU de Poitiers. C’est une spécialité de recours et très peu de centres, en France, proposent cette offre de soins. 

 

Vous menez aussi une activité universitaire. Pouvez-vous en dire plus ?
Je suis membre, depuis onze ans, de l’unité Inserm U1189, lilloise, dirigée par le professeur Serge Mordon, spécialiste de l’outil laser en chirurgie plastique. Je travaille sur deux projets universitaires. Le premier porte sur les microanastomoses vasculaires assistées par laser. Très simplement, nous parlons de reconnections de petits vaisseaux sanguins (1-2 mm) avec l’outil laser. Le second projet évoque le remodelage cartilagineux au laser, notamment pour traiter les oreilles décollées. Par ce biais, nous éviterons une opération chirurgicale aux enfants avec l’utilisation du laser pour rendre le cartilage élastique et d’une atèle conçue par impression 3D. Je continue également de collaborer avec la Suisse (université de Berne)  sur un modèle animal d’allotransplantation : nous testons un immunosuppresseur sous forme de gel résorbable. Au CHU de Poitiers, je me suis rapproché du Professeur Richer et des multiples  possibilités techniques et de recherche que le Simlife peut apporter à notre spécialité. Ce mannequin humanoïde à très haut degré de réalisme utilisant des corps associés à un dispositif de circulation pulsatile et un dispositif de ventilation a été développé par les Prs  J.P Richer, J.P. Faure et C. Brèque. Il est unique au monde pour simuler des actes chirurgicaux.