La clinique chirurgicale a pris ses quartiers à Jean-Bernard

Lors de l’ouverture de la clinique chirurgicale en mars dernier, la coordination générale des soins a recruté 28 agents.

Le CHU de Poitiers a ouvert sa clinique chirurgicale en mars 2017. Une première dans le paysage hospitalier public qui complète et spécialise les modes de prise en charge des patients. Neuf spécialités chirurgicales bénéficient de cette nouvelle organisation qui fluidifie ainsi le parcours du patient.

Une clinique chirurgicale au sein d’un centre hospitalier ? C’est une réalité au CHU de Poitiers depuis le mois de mars dernier. Trente lits, 28 soignants et une aile entière au cinquième étage de Jean-Bernard composent cette nouvelle unité d’hospitalisation. Porté depuis 2015 par la direction générale, la commission médicale d’établissement et la coordination générale des soins, ce projet est, aujourd’hui, conduit par Patrick Giret, cadre supérieur de santé, et Sylvain Aoustin, cadre de santé. « La clinique chirurgicale est un nouvel outil dans la prise en charge du patient, à mi-chemin entre l’ambulatoire et l’hospitalisation classique », annonce Patrick Giret. En effet, là où en ambulatoire, le patient arrive le matin et sort l’après-midi, à la clinique chirurgicale, ce dernier arrive deux heures avant son opération et reste hospitalisé au maximum trois nuitées. Son système de fonctionnement se compare à celui du secteur privé, une première dans un CHU. En effet, le patient hospitalisé dans la clinique chirurgicale se voit assuré de la réservation de son lit, ce qui n’est pas toujours le cas en hospitalisation classique.

En outre, la clinique chirurgicale accueille les patients de neuf spécialités : viscérale, urologie, gynécologie, ophtalmologie, ortho-traumatologie, chirurgie plastique, ORL, neurochirurgie et chirurgie du rachis. Ainsi, plus de 120 interventions chirurgicales sont concernées par un suivi péri-opératoire dans l’unité, telles que la thyroïdectomie, la chirurgie bariatrique, la prostatectomie par robot, la greffe de cornée, la neurostimulation, la promontofixation, la tympanoplastie ou encore l’acromioplastie. Et pour assurer les soins et les surveillances, la direction a adapté les effectifs et les roulements à cette nouvelle organisation. « Compte-tenu de la charge de travail plus technique, cette unité présente plus d’infirmiers que d’aides-soignants. Les patients sont, en général, autonomes et ont besoin, pendant l’hospitalisation, d’une aide partielle aux soins de nursing », assure Sylvain Aoustin.

L’infirmier parcours, un concept unique
L’infirmier parcours est un concept tout à fait novateur au CHU. Ce profil se met en place au sein de la clinique chirurgicale. L’infirmier parcours rencontre le patient en pré-opératoire afin de l’informer du déroulement de l’hospitalisation et pour anticiper la retour à la maison, et l’appelle 48h après sa sortie pour assurer son suivi. Charlène Botton, infirmière du service, réalise un travail de recherche paramédicale en lien avec cette activité : « Je souhaite mener une étude sur la qualité de la prise en charge ressentie par le patient avec l’infirmier parcours. L’infirmier parcours aide ce dernier à préparer son hospitalisation puis le retour à la maison. Nous pensons que si le patient est bien informé, son séjour à l’hôpital et sa récupération à la sortie se passeront mieux. »

Ce profil particulier de soignant est important dans l’organisation des flux et du parcours du patient. Autre point essentiel, l’équipe de la clinique chirurgicale est en contact permanent avec les gestionnaires de lits, encadrés par Bruno Avril, cadre supérieur de santé. C’est la tour de contrôle du service car ce sont eux qui, en parallèle de la programmation au bloc opératoire, assurent la réservation d’un lit dans le service au futur opéré. La clinique chirurgicale est, à ce jour, hors pôle, aussi faut-il la voir comme un outil à disposition des chirurgiens. La mise en place de ce service a nécessité un travail de mutualisation des pratiques, salon Sylvain Aoustin : « Vous imaginez neuf spécialités avec des fonctionnements différents. Il a fallu harmoniser des documents pour le parcours patient, trouver des points d’entente avec tout le monde. C’est un travail compliqué mais passionnant, et nous y sommes arrivés. »

Aujourd’hui, au regard du travail accompli, Patrick Giret et Sylvain Aoustin sont satisfaits : depuis son ouverture, la clinique a déjà reçu 1 700 patients. L’objectif d’occupation a été atteint avant l’été, et le personnel et les patients sont également satisfaits de cette nouvelle organisation.