Questions à Olivier Mimoz, chef des urgences adultes et du Samu 86

Olivier Mimoz

Parisien d’origine, le Pr Olivier Mimoz consacre la première partie de sa carrière à l’AP-HP, dans les hôpitaux du sud de la capitale. En 2000, il rejoint le CHU de Poitiers, où le Pr Bertrand Debaene lui confie la réanimation chirurgicale, dont il devient chef d’unité en 2003 suite à sa nomination en tant que professeurs des universités et praticien hospitalier. Outre le développement des activités cliniques de l’unité, il participe à l’enseignement de la discipline et s’investit dans la recherche, notamment aux côtés du Pr William Couet (unité Inserm U-1070), sur l’optimisation de l’usage des antibiotiques.

Vous avez pris la responsabilité des urgences en juin dernier après quinze années à la tête de la réanimation chirurgicale. Cette nouvelle spécialité vous est-elle familière ?
La médecine d’urgence est une spécialité toute récente, où beaucoup de professeurs viennent de l’anesthésie-réanimation : le diplôme d’études spécialisées complémentaire (DESC), préparé sur deux années en fin d’internat, a été créé en 2006. Comme il était nécessaire d’avoir un universitaire pour assurer la formation théorique et pratique à Poitiers, j’en ai pris la responsabilité. Avec douze étudiants cette année, Poitiers est l’université de l’interrégion Grand Ouest à former le plus de médecins urgentistes. J’ai donc participé à la formation de beaucoup de médecins qui travaillent aujourd’hui aux urgences du CHU, c’est un milieu que je connais bien.

L’enjeu de votre nomination est donc de renforcer la dimension universitaire du service ?
En effet, en 2017, la médecine d’urgence est amenée à devenir une spécialité médicale à part entière, avec la création d’un diplôme d’études spécialisé (DES) en quatre ans. Il est donc devenu indispensable de renforcer le caractère universitaire du service d’urgences au CHU de Poitiers, et un appel d’offre national a été lancé pour recruter un professeur à sa tête. En l’absence d’autres candidats et à la demande de mes confrères des urgences, j’ai accepté de relever ce nouveau défi, au sein d’un service particulièrement exposé, après quinze années dédiées à la réanimation chirurgicale dans l’établissement.

Quelles sont les grandes lignes de votre feuille de route ?
Premier point, aider à la réorganisation du service et à le repositionner auprès des autres services, pour améliorer l’accueil et la prise en charge des patients aux urgences. Ensuite, développer la territorialité de la médecine d’urgence, en renforçant les liens avec le pôle de Montmorillon, avec qui nous avons déjà mutualisé nos équipes depuis novembre, et en poursuivant les réflexions sur un partenariat avec le groupe hospitalier Nord Vienne. Nous allons aussi devoir mettre en place l’enseignement du DES dès 2017.

Enfin, je vais aider à développer la recherche expérimentale et clinique pour augmenter l’attractivité du service. Un service déjà performant, où beaucoup d’actions ont été menées grâce au dynamisme des équipes soignantes qui y travaillent et au soutien de l’institution, dans le cadre du plan d’amélioration d’accueil des urgences, mais où on peut espérer des résultats encore meilleurs !

Sur quoi vont porter les premiers projets de recherche en médecine d’urgence ?
Le Dr Nicolas Marjanovic travaille déjà sur l’assistance ventilatoire aux urgences, en collaboration avec le groupe de recherche ALIVE (CIC Inserm U-1402). Dr Jérémy Guenezan va, pour sa part, s’investir sur les addictions, en lien avec l’équipe “neurobiologie et neuropharmacologie de l’addiction” de l’unité Inserm U-1084, à l’université de Poitiers. Il est important de souligner que le service de Poitiers sera le seul service d’urgences dirigé par un universitaire dans la grande région de demain.