Coordination des prélèvements : les bons résultats se maintiennent

Une fois prélevé à l’aide du robot DaVinci, le rein peut être vérifié, préparé et sera

La coordination hospitalière des prélèvements d’organes et de tissus a présenté le bilan de son activité en 2017. Malgré des chiffres stables et l’ouverture de la procédure Maastricht III, les greffons ne suffisent pas à enrayer la pénurie.

Le prélèvement d’organes et de tissus et, par extension, la greffe, est plus que jamais au cœur du débat avec la parution, en mars dernier, du livre blanc du centre hospitalier universitaire de Poitiers où il est fait mention de la volonté de l’établissement de se lancer dans la greffe cardiaque. La coordination des prélèvements d’organes et de tissus a présenté, le 6 mars dernier, le bilan de son activité à travers les voix de ses deux médecins coordonnateurs, les docteurs Thomas Kerforne et Thierry Bénard.

Des chiffres stables
En 2017, 46 patients en état de mort encéphalique ont été recensés dans les réanimations du CHU, contre 51 en 2016. Sur ces 46 patients, 23 prélèvements ont été réalisés contre 22 en 2016. Parmi les causes de non prélèvement en 2017, la coordination relève 14 oppositions, contre 18 en 2017, et cinq contre-indications médicales, un chiffre identique à celui de 2016. Parmi les autres causes, on recense une opposition de la part du procureur et trois situations conflictuelles avec la famille du défunt. L’âge moyen des donneurs prélevés est de 57,9 ans et la coordination chiffre 4,4 organes récupérés par patient. Plus précisément, en 2017, la coordination a prélevé huit cœurs, contre sept en 2016 ; 32 poumons, contre 20 en 2016 ; 21 foies, contre 15 en 2015 ; trois pancréas, contre deux en 2016, et 52 reins, contre 38 en 2016. Ces données intègrent à la fois les prélèvements sur des patients en état de mort encéphalique et ceux en procédure Maastricht III.

Maastricht III ouvre le champ des donneurs
En 2017, la coordination a mis en place la procédure Maastricht III, un protocole de prélèvement d’organes et de tissus sur des patients décédés suite à un arrêt circulatoire. Il s’agit, la plupart du temps, d’une situation où l’arrêt des soins fait suite à une décision médicale. Cette procédure a été mise en place dans le but d’intégrer plus de donneurs dans la boucle des prélèvements. Et les chiffres sont plutôt satisfaisants : l’année dernière, 15 patients ont été recensés via la procédure Maastricht III. Quatre d’entre eux ont été prélevés : huit reins, six poumons, un prélèvement de vaisseaux et un prélèvement de cœur pour valve. La coordination ne prélève pas que les organes, les tissus sont aussi concernés. En 2017, 60 cornées ont été prélevées sur des patients décédés et 36 sur des patients en état de mort encéphalique. Le CHU de Poitiers fait aussi partie d’un réseau regroupant les centres hospitaliers de La Rochelle, Niort, Saintes et Angoulême. Et l’enjeu est grand comme le rappelle le professeur Antoine Thierry, néphrologue au CHU : « Nous dépendons de la bonne santé de ce réseau. Si eux ne prélèvent pas, nous  ne pouvons pas greffer nos patients. » Par ailleurs, la coordination s’est dotée, en 2017, d’un nouvel outil, Cristal Action, qui vise à améliorer le recensement des patients. Cela a permis de suivre 713 personnes l’année, contre 409 en 2016, année où Cristal Action n’était pas encore lancé.